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Catastrophes maritimes : Comment en finir ?



 
Erika, Ievoli Sun, la seule évocation des noms de ces deux bateaux naufragés en moins d’un an au large des côtes de la Bretagne suffit à réveiller le souvenir des plages souillées par le fuel, des oiseaux englués et de la pollution chimique de la mer. Ces deux catastrophes maritimes, comme celles qui les ont précédées, provoquent l’indignation de l’opinion et soulèvent une multitude de questions : Quelles sont les conséquences des marées noires pour l’environnement ? Qui est responsable des dégâts ? Comment des « bateaux poubelles » immatriculés sous un pavillon de complaisance peuvent être autorisés à naviguer ? De quelle Terre hériteront les générations futures ?…
Ces questions, nous nous les posons aussi à l’Espace des sciences et nous avons voulu y répondre rationnellement, en toute indépendance et en dehors de tout partis pris, en y consacrant une exposition et un dossier spécial dans Sciences Ouest. Notre journaliste Christelle Jourdren a mené l’enquête, durant cinq mois, pour réaliser une exposition itinérante intitulée « l’Erika, un an après » qui a été inaugurée à Rennes le 12 décembre dernier, date anniversaire du naufrage de l’Erika en 1999 SIGNETNO1. Alors que nous préparions ce dossier pour Sciences Ouest, le naufrage du chimiquier italien Ievoli Sun en Manche nous a amené à nous interroger plus particulièrement sur la sécurité maritime. En effet, s’il est avéré que le naufrage de l’Erika est dû à « une insuffisance d’entretien » et à « la corrosion » comme l’affirme le rapport final commandé au Bureau Enquête-Accident par le Ministère des Transports et rendu public le 18 décembre 2000, le Ievoli Sun était un bateau de moins de quinze ans, battant pavillon italien et son équipage était entièrement constitué de ressortissants européens expérimentés. Un point commun, néanmoins, entre les deux naufrages : la société italienne de classification des navires, le Rina (Registro italiano navale). Un point commun qui accuse tout le système de la sécurité maritime. Aussi avons nous choisi de chercher à comprendre pourquoi et comment autant de navires coulent au large de nos côtes bretonnes, et surtout, comment en finir avec les catastrophes maritimes ?

Marc-Antoine MARTIN