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Risques et culture scientifique
L’accélération sans précédant des progrès scientifiques et techniques a contribué de manière déterminante au bien être de l’humanité. Les grandes épidémies qui ont marqué notre histoire, la peste, le choléra, la variole, la grippe espagnole au début de ce siècle, la malaria, ont progressivement disparu pour certaines, et ont été fortement atténuées pour les autres grâce à la prophylaxie, la vaccination, et à un arsenal très large de moyens de dépistage et de lutte. On ose à peine avouer cependant que dans nos pays développés de la Communauté européenne, les risques de famine ont pratiquement disparu car la comparaison entre les catégories sociales et à plus forte raison entre les pays selon leur degré de développement, révèle des disparités scandaleuses qui ne sont pas suffisamment atténuées par les échanges dits Nord Sud. Il faut cependant constater que la longévité, traduite par les démographes par "l’espérance de vie" ne cesse d’augmenter sur l’ensemble de la planète, l’une des plus belles réussites étant la diminution très significative de la mortalité infantile grâce, dans un premier temps, à l’application des règles d’hygiène et d’asepsie élaborées à partir des travaux de Pasteur, puis plus récemment, grâce à la découverte des antibiotiques. De nombreux autres exemples existent bien entendu. En contraste avec ce bilan positif, force est de constater que le passage au XXIe siècle est dominé par la crainte de voir se multiplier les catastrophes, d’origine naturelle telles que les inondations, les ouragans, les cyclones, les avalanches… ou d’origines humaines, comme les accidents de la circulation, les pollutions diverses et les contaminations de l’eau, de l’atmosphère, les explosions dans les usines... Enfin, notre siècle a connu l’émergence de maladies nouvelles, comme le sida, l’une des plus meurtrière mais pas la seule préoccupante, puisque les cas de légionellose et de résistances de bactéries pathogènes sont de plus en plus fréquents. Je terminerai cette liste par les risques alimentaires qui sont pour des raisons convergentes au centre des préoccupations des microbiologistes, des industriels, et des consommateurs. Il est indispensable de mobiliser les médias et de développer les outils pédagogiques qui permettront à tout citoyen, à tout consommateur, à tout homme à toute femme, quel que soit son âge et sa condition sociale, de mieux réagir face à la complexité de notre monde moderne. Les Assises Nationales de la Culture Scientifique et technique qui viennent de se tenir au palais de l’UNESCO à Paris ont largement évoqué la question de la place, des droits et de la responsabilité de l’enfant de l’adulte, de l’ouvrier, du chercheur, du cadre, de l’enseignant, de l’industriel, de l’homme politique, face à cette multiplication des risques*. Parmi de nombreux points de convergence, issus d’un débat très riche, un large consensus est apparu en faveur d’une généralisation et d’un renforcement de l’information et de l’animation scientifiques et techniques à tous les niveaux et dans tous les domaines, depuis l’école jusqu’au lieu de travail. Et, personne ne détenant le savoir absolu, ce sont les échanges de compétences qui permettront à chacun de réagir plus raisonnablement à ces nombreuses questions qui nous assaillent. L’Espace des sciences est d’ailleurs, depuis sa création, partie prenante dans cette démarche citoyenne.
Paul Tréhen Président de l’Espace des sciences
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