Les méduses de la Bretagne à la Grande-Bretagne
| ACCUEIL > Sciences Ouest > Année 2002 > 187 > Dossier du mois > Les Méduses > Les méduses de la Bretagne à la Grande-Bretagne |
|
|
© Jean-Georges Harmelin, centre dOcéanographie de Marseille
Dans les recherches menées sur le milieu marin, les aspects benthiques (relatif au fond des mers) et pélagiques (relatif à la pleine mer mais loin du fond) on toujours été traités de façon séparée. Cette constatation associée au fait que les Cnidaires existent sous deux formes : polype fixé et méduse libre, font que ces deux stades ont été décrits, jusquau milieu du XIXe siècle, de manière totalement indépendante, avec des noms de genre et despèce bien distincts - certains polypes protégés par une pellicule solide et dure ayant même été assimilés à des concrétions calcaires de style stalagmites par les géologues . Anecdote amusante : tandis que les hydraires fixes étaient étudiés à Roscoff, les méduses libres étaient décrites juste de lautre côté de la Manche
à Plymout
Cyanea capillata
Rhopilema esculenta
Une partie de lhistoire des Cnidaires naît à Roscoff En tout cas, la station biologique de Roscoff continue à être associée aux travaux de biologie marine, avec en particulier des études sur les Cnidaires, menées pendant lentre-deux guerres par Georges Teissier. Ce scientifique se passionna pour la systématique, lanatomie, la biologie du développement de ces hydrozoaires. Ses observations lont amené à mettre en évidence un phénomène tout à fait particulier (décrit dans des publications datées de 1922 à 1933) : la régression du stade méduse. Ce phénomène se caractérise par le fait que certains polypes donnent directement naissance à des larves qui elles-mêmes redonnent des polypes, sans passer par le stade de méduse. Dans les années 50 à 60, Georges Teissier a étudié les Cnidaires intersticiels, des organismes dà peine deux millimètres qui vivent dans les sédiments, et une de ses élèves, France Bodo, a publié, dans les années 70, une étude sur la reproduction, le stade larvaire et sa fixation. On peut dire sans exagérer que Georges Teissier a marqué lhistoire des Cnidaires mais aussi celle de la station biologique de Roscoff, dont il fut le directeur de 1945 à 1971. « Il y a implanté locéanographie avec lachat du Plutéus, un bateau de 18 mètres ; y a lancé les recherches en génétique des populations, une discipline toujours dactualité à Roscoff
Cétait un personnage tout à fait remarquable, attachant et caustique, totalement imprégné de lesprit de la science française de son époque », se souvient avec enthousiasme André Toulmond, lactuel directeur de la station, qui a eu cette chance de le côtoyer.
© Christelle Gony / Aquarium de Saint-Malo
Les méduses de nos côtes
Chrysaora est une espèce qui nage dans lAtlantique jusquà lIrlande, mais qui est en fait assez diffuse et que lon peut retrouver partout.
Aequorea et Clytia sont très cosmopolites. La forme hydraire de Clytia se fixe très souvent sur les huîtres*. On retrouve des images dAequorea sur des mosaïques antiques. Rhizostoma circule essentiellement entre les estuaires de la Loire et de la Gironde, des frontières naturelles engendrées par les courants et larrivée deau douce des deux fleuves. Elles viennent se faire piéger entre les îles de Noirmoutier, Ré et Oléron.
|


Même si les travaux sur les Cnidaires ont essentiellement été effectués en Méditerranée par les scientifiques de la station zoologique de Villefranche-sur-mer, on retrouve en Bretagne des traces dévénements ayant marqué leur histoire.





