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Les méduses de la Bretagne à la Grande-Bretagne
Pullulation de méduses Aurelia en mer Rouge © Jean-Georges Harmelin, centre d’Océanographie de Marseille
Dans les recherches menées sur le milieu marin, les aspects benthiques (relatif au fond des mers) et pélagiques (relatif à la pleine mer mais loin du fond) on toujours été traités de façon séparée. Cette constatation associée au fait que les Cnidaires existent sous deux formes : polype fixé et méduse libre, font que ces deux stades ont été décrits, jusqu’au milieu du XIXe siècle, de manière totalement indépendante, avec des noms de genre et d’espèce bien distincts - certains polypes protégés par une pellicule solide et dure ayant même été assimilés à des concrétions calcaires de style stalagmites par les géologues –. Anecdote amusante : tandis que les hydraires fixes étaient étudiés à Roscoff, les méduses libres étaient décrites juste de l’autre côté de la Manche… à Plymout
Cyanea capillata
Rhopilema esculenta
Une partie de l’histoire des Cnidaires naît à RoscoffEn tout cas, la station biologique de Roscoff continue à être associée aux travaux de biologie marine, avec en particulier des études sur les Cnidaires, menées pendant l’entre-deux guerres par Georges Teissier. Ce scientifique se passionna pour la systématique, l’anatomie, la biologie du développement de ces hydrozoaires. Ses observations l’ont amené à mettre en évidence un phénomène tout à fait particulier (décrit dans des publications datées de 1922 à 1933) : la régression du stade méduse. Ce phénomène se caractérise par le fait que certains polypes donnent directement naissance à des larves qui elles-mêmes redonnent des polypes, sans passer par le stade de méduse. Dans les années 50 à 60, Georges Teissier a étudié les Cnidaires intersticiels, des organismes d’à peine deux millimètres qui vivent dans les sédiments, et une de ses élèves, France Bodo, a publié, dans les années 70, une étude sur la reproduction, le stade larvaire et sa fixation. On peut dire sans exagérer que Georges Teissier a marqué l’histoire des Cnidaires mais aussi celle de la station biologique de Roscoff, dont il fut le directeur de 1945 à 1971. « Il y a implanté l’océanographie avec l’achat du Plutéus, un bateau de 18 mètres ; y a lancé les recherches en génétique des populations, une discipline toujours d’actualité à Roscoff… C’était un personnage tout à fait remarquable, attachant et caustique, totalement imprégné de l’esprit de la science française de son époque », se souvient avec enthousiasme André Toulmond, l’actuel directeur de la station, qui a eu cette chance de le côtoyer.
Le cycle de Russell Les méduses sont des animaux migrateurs ! Certaines migrations verticales ou horizontales suivent des rythmes quotidiens ou saisonniers, répondant à des besoins physiologiques tels que l’alimentation ou la reproduction, alors que des pullulations avec des périodicité plus longues restent encore énigmatiques… La savant anglais Russell décrivit un de ces phénomènes dans la Manche en 1933 : à certaines périodes, les espèces présentes en mer Baltique et en mer du Nord ont tendance à descendre, alors qu’à d’autre moment celles tempérées chaudes de l’Atlantique font intrusion dans la Manche, repoussant ainsi les premières, le tout dans un effet de va et vient. L’explication scientifique ne sera fournie que dans les années 60 – 70 : ce sont les cycles hydroclimatiques, d’une périodicité d’environ 30 ans, et en particulier les variations de courant et de température dues à l’entrée du Golf Stream qui induisent ces fluctuations dans le Manche. « Maintenant que l’on en sait un peu plus sur les courants marins, on peut même relier ces variations avec El Ninõ », précise Jacqueline Goy. Par ailleurs, l’analyse génétique des populations permet de détecter très clairement l’origine de celles-ci, plutôt de la mer du Nord ou plutôt de l’Atlantique.
Les méduses de nos côtes
Chrysaora est une espèce qui nage dans l’Atlantique jusqu’à l’Irlande, mais qui est en fait assez diffuse et que l’on peut retrouver partout.
Rhizostoma circule essentiellement entre les estuaires de la Loire et de la Gironde, des frontières naturelles engendrées par les courants et l’arrivée d’eau douce des deux fleuves. Elles viennent se faire piéger entre les îles de Noirmoutier, Ré et Oléron.
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