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Introduction
Jean-Marie Le Bris : portrait d'un précurseur
L'histoire d 'une reconstitution
Le magnifique travail des élèves de l'Ecole supérieure du bois de Nantes
Le planeur des mers
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Le planeur des mers

 

© Ensieta

Le parcours de Jean-Marie Le Bris, décrit dans ce dossier, illustre le rôle tout particulier que les marins ont pu jouer dans les progrès de l’aviation. Hydrodynamique, aérodynamique, les règles se ressemblent et les travaux développés ici montrent que les rapprochements sont toujours d’actualité : l’école nationale supérieure des ingénieurs des études et techniques d’armement (Ensieta) de Brest, travaille en effet depuis 1999 à un étonnant projet de planeur des mers (ou “glider”), qui devrait connaître, fin juillet, sa phase d’intégration. Une expérience unique en Europe.

 

Il est jaune, mesure 1,20 m de long et 1 m d’envergure, pèse40 kg … On hésite pour le définir entre une torpille, un avion ou une fusée qui, si elle était rouge et blanche, pourrait ressembler à celle de Tintin dans “On a marché sur la lune”…  Et pourtant ce n’est pas un jouet, mais un outil qui pourrait avoir un bel avenir dans le domaine de la recherche océanographique.

Nous ne sommes pas les inventeurs des “gliders”, explique Nicolas Seube, enseignant chercheur en automatique à l’Ensieta. En fait, ce sont les militaires américains (de l’Office naval research) qui ont imaginé le premier “glider” en 1975. Il s’agit d’un planeur sous-marin, inspiré beaucoup plus des concepts de l’aviation que de celui des sous-marins ! En effet, comme les planeurs, il se déplace sous l’eau, sans moteur, juste grâce à sa propre gravité.” Grâce à un piston qui permet d’en modifier le volume (et donc la poussée d’Archimède), le glider breton alterne plongées et remontées. Une petite batterie classique (plomb-acide) lui donne une autonomie de 800 plongées environ (jusqu’à – 300 m), ce qui lui permet de parcourir quelque 150 km à une vitesse d’environ deux nœuds. Toutes les 30 minutes, il refait surface, donne sa position, et recharge ses données via Internet.

L’intérêt d’un tel engin, est de permettre, au contraire des bouées classiques qui ne travaillent que sur le plan vertical, de réaliser des analyses sur le plan horizontal, avec une précision de trajectoire de l’ordre de la centaine de mètres. Nous contrôlons en effet très bien la trajectoire verticale et, en lui donnant du roulis (inclinaison de l’aile), nous parvenons à corriger très efficacement la dérive qui pourrait être due à un courant de travers”, poursuit Nicolas Seube.

Ce premier prototype, qui devrait voir achever sa phase d’intégration fin juillet, intéresse d’ores et déjà l’Ifremer ou le Shom dans le cadre de leurs missions océanographiques (un tel engin coûte un peu moins de 10 000 €). Les militaires, par contre, semblent le bouder car il a besoin de fond pour travailler, et se révèle délicat de pilotage, près des côtes.© Ensieta

Une deuxième prototype est également en cours de tests. Il fait 4,5 m de long, 4 m d’envergure et pèse un peu plus d’une tonne. Bourré de capteurs et de centrales inertielles, il devrait permettre des explorations scientifiques de grande envergure, mais son coût oscille autour de 230 000 € (1,5 MF)...

Ce projet, unique en Europe (il n’y a qu’une seule autre équipe au monde à travailler sur le même sujet, les américains de la société Webb Research) est financé par la Région Bretagne et la CEE.

 

JFC

 

Contact : Nicolas Seube, tél. 02 98 34 88 00, seube@ensieta.fr