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Editorial
La Bretagne : une mosaïque de compétences
La politique régionale de la recherche
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Supplément recherche

 La politique régionale de la recherche  

La recherche est internationale

 

Jacques Berthelot, conseiller régional et président du Comité consultatif régional de la recherche et du développement technologique de Bretagne (CCRRDT), nous présente ici les orientations de la Région en matière de recherche et ses ouvertures tant interrégionales qu’européennes.

 

Sciences Ouest : Avant toute chose, pouvez-vous nous rappeler la place de la recherche bretonne en France ?
Jacques Berthelot :
La recherche bretonne occupe évidemment une position d’excellence ! Elle se situe au 4e rang en terme de personnel et au 5e rang en ce qui concerne la politique menée. Un autre chiffre est très significatif : nous totalisons près de 5 % de la recherche de notre pays !


Sciences Ouest : Quels sont les axes que vous allez développer dans le futur ? Quels secteurs allez- vous privilégier ?
Jacques Berthelot :  La politique régionale de la recherche s’inscrit pleinement dans le volet de la politique de développement économique : il faut absolument que les pôles d’excellence soient maintenus. A ce titre, nous aidons particulièrement le secteur des télécommunications et les domaines santé – environnement – médecine, regroupés sous le thème de la Génopole . Mais cela ne veut pas dire que nous ne soutenons pas la recherche sur les Celtes – sinon qui va le faire ? – , les sciences sociale et humaines ou bien les travaux du très actif pôle de chimie de Rennes, par exemple.

Sciences Ouest : Pour cela, quels sont les moyens dont vous disposez ?
Jacques Berthelot :  Nos moyens s’élèvent entre 10 et 12 millions d’euros (70 à 80 millions de francs) et sont répartis entre les 7 programmes régionaux d’aide à la recherche, les opérations du contrat de plan État – région 2000 – 2006, et les programmes de recherche interrégionaux menés notamment dans le cadre du PAO et de la Génopole. Ces moyens nous permettent notamment d’accueillir de nouvelles équipes, de financer différents types de bourses : doctorales, post-doctorales, séjours à l’étranger… et aussi d’acheter des équipements qu’ils soient de base et utilisés en routine ou beaucoup plus sophistiqués et très coûteux comme un supercalculateur acquis récemment.

Sciences Ouest : Vous venez de parler de la Génopole Ouest. L’ouverture vers les régions proches est donc bien une réalité ?
Jacques Berthelot : Oui, bien sûr ! On entend beaucoup parler en ce moment de redessiner les régions. Mais je pense qu’il ne faut pas attendre que cela soit fait pour commencer à travailler ensemble ! La création du Pôle agronomique de l’ouest, la Génopole Ouest et le lancement de Mégalis , impliquant des équipes des deux régions Bretagne et Pays de la Loire en sont des preuves convaincantes ! Mégalis n’est pas un réseau de recherche à proprement parler, mais plutôt un outil, il a en revanche complètement conditionné le succès de la mise en place de la Génopole Ouest.
Nous sommes tous bien conscients, aujourd’hui, qu’en mutualisant les forces et les compétences, on atteint des masses critiques qui peuvent alors peser à des niveaux national et international.

Sciences Ouest : L’ouverture se fait aussi au niveau de l’Europe ?
Jacques Berthelot : Oui, et cette structuration de l’espace européen de la recherche prend de l’ampleur avec, à la demande de nos centres de recherche, la création de deux postes, l’un à l’Université de Rennes 1 et l’autre à l’UBO pour aider les chercheurs au montage et au suivi des projets européens. Par ailleurs, le réseau Génomer, constitué des équipes de Roscoff, de l’IUEM et de l’Ifremer à Brest, constitue une particularité française en phase de devenir un pôle d’excellence européen.

Contact : http://www.region-bretagne.fr (rubrique recherche).  


Le rôle du CCRRDT

Les Comités consultatifs régionaux de la recherche et du développement technologique (CCRRDT) sont des organismes officiels, créés lors du vote de la loi de décentralisation en juillet 1982. Ils sont consultés pour avis sur la politique régionale de la recherche et informés de la répartition des crédits. Les Régions ne sont pas pour autant pas obligées de suivre leurs recommandations et tous les Conseils régionaux n’en sont d’ailleurs pas pourvus. Conséquence, le règlement des CCRRDT est propre à chacun d’entre eux. Pour ce qui est de la Bretagne, le CCRRDT est très actif et intervient régulièrement pour faciliter les décisions de la commission permanente du Conseil régional. Il est composé d’un président, élu pour 3 ans, et de 81 membres répartis dans 3 collèges. Le premier collège est constitué des acteurs de la recherche : organismes de recherche, centres de transfert de technologies, universités, grandes écoles, entreprises innovantes ; le second rassemble les membres représentatifs des organisations syndicales et le troisième, des personnalités participant au développement économique de la recherche en Bretagne : des conseillers régionaux, les présidents des 3 chambres consulaires, ainsi que des directeurs d’entreprises, d’écoles, d’universités et de technopoles.

Contact : recherche@region-bretagne.fr  


Développement de la recherche au niveau européen

Le lancement du sixième Programme cadre pour la recherche et le développement technologique (PCRDT) par la Commission européenne, visant la mise en œuvre de l’espace européen de la recherche, a été l’occasion pour la Région Bretagne de prendre un certain nombre d’initiatives.
La recherche régionale est en effet confrontée, chaque jour un peu plus, à une concurrence internationale de haut niveau et ses besoins en terme de financements augmentent.
L’État, principal contributeur, et les collectivités territoriales, dont la Région en premier lieu, fournissent d’importants efforts en la matière mais ne peuvent satisfaire l’ensemble de ces besoins. L’Europe apparaît alors comme une source de financements non négligeable.
Or, pour pouvoir en bénéficier, les laboratoires régionaux doivent s’organiser, créer des réseaux scientifiques européens voire internationaux, imaginer des programmes de recherche cohérents et ambitieux et rédiger de nombreux dossiers de candidature. Autant de tâches qui posent un certain nombre de difficultés et qu’ils ne peuvent accomplir seuls.
C’est dans ce sens, pour faciliter l’accès des chercheurs aux soutiens communautaires que le Conseil régional de Bretagne a décidé de mettre an place, après consultation et en collaboration avec l’Université de Rennes 1 et l’Université de Bretagne occidentale (UBO), la « mission pour le développement européen de la recherche en Bretagne ». Cette mission consiste à mettre deux ingénieurs de projets européens à disposition de l’ensemble des scientifiques bretons ; deux ingénieurs qui devront les aider à s’organiser et à mieux appréhender les procédures communautaires.

Contacts : à Rennes : beatrice.viale@univ-rennes1.fr
et à Brest :
matthieu.rolland@univ-rennes1.fr  


Le Pôle agronomique ouest, un lien entre la recherche et l’économie

Le Pôle agronomique ouest (PAO) est une association qui a été créée en 1992 par les régions Bretagne et Pays de la Loire avec 12 collectivités territoriales, départements et grandes villes de l’Ouest, pour permettre à la recherche d’être un facteur de développement économique. Il a donc pour mission de renforcer les liens entre les laboratoires travaillant sur le créneau des sciences de la vie, et les filières économiques assurant la production et la transformation des produits d’origine agricole, et ce, dans les domaines prioritaires pour le grand Ouest, à savoir :
l’agriculture, avec l’étude de l’influence des bonnes pratiques agricoles sur la qualité et la traçabilité des produits phytosanitaires dans les filières de production animale (lait, viande, plats cuisinés) et végétale, et l’élargissement de la protection biologique intégrée de la production sous serre à la culture de plein champ ; l’agroalimentaire, avec une attention portée sur les ovoproduits (microbiologie prévisionnelle) et la sécurité du consommateur (connaissance des flores d’altération et pathogènes) ; la mer, avec la qualité du milieu marin conchylicole et des produits phytosanitaires ; et enfin la santé, avec des travaux sur les xénogreffes et la nutrition.

Contacts : PAO, président : Josselin de Rohan, vice-président : Jean-Luc Harousseau, délégué général : Jean-Luc Millecamps, tél. 02 99 27 10 83, fax 02 99 27 10 82, POLE.AGRO.OUEST@wanadoo.fr