Les bons gestes pour un jardin écologique

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Les bons gestes pour un jardin écologique

 

Denis Pépin au Printemps de l’environnement
Les bons gestes pour un jardin écologique

© Denis PepinEn clôture de la semaine de l’environnement, une conférence verdoyante s’est tenue à Rennes le 10 juin dernier. Le biologiste Denis Pépin a montré comment participer au développement durable dans son jardin.

« Etrange société que la nôtre », commence Denis Pépin sur la scène de la Maison du champ de mars, à Rennes, devant 150 personnes attentives. Les déchets verts de nos cuisines et jardins nous envahissent et sont une source de dépenses pour leur traitement, estimé à 50 euros pour 400 kilos de déchets, soit la quantité produite chaque année par une famille de quatre personnes. Ils sont une des causes de la pollution de l’air, de l’eau et du paysage. Mais pourtant, dans la bouche de l’agronome jardinier, une seconde vie s’offre à eux : « Transformés en compost ou recyclés pour pailler la terre, ils révèlent toutes leurs richesses. Les déchets verts sont une source d’humus pour le sol, de nourriture pour les plantes. Ils évitent le recours aux pesticides, aux désherbants chimiques et aux composts commerciaux ». Le porte-monnaie et l’environnement ne s’en portent que mieux.

Préserver l’humidité du sol

Une terre sans paillage subit les méfaits de la pluie battante, elle se tasse puis se craquelle. L’eau et l’air ne peuvent plus circuler, la plante puise difficilement les éléments minéraux du sol et les mauvaises herbes s’installent. Couvrir la terre avec un paillis crée un obstacle à ces plantes indésirables et préserve l’humidité du sol, limitant aussi les besoins en arrosage. Tous les végétaux secs peuvent être utilisés : feuilles, tontes de pelouses, tiges des fleurs et tailles de haies, broyées si besoin à l’aide d’une tondeuse. « Les tailles de thuya sont un herbicide naturel efficace », précise le biologiste. Le paillis se transforme en humus au contact du sol et sous l’action des vers de terre. L’équilibre écologique et la biodiversité du jardin sont favorisés, les insectes dits auxiliaires, mangeurs de pucerons ou de mollusques, profitent de cet espace protecteur pour se développer et participer à la vie du jardin.

Un fertilisant naturel complet

En tas ou en silo, selon la taille du jardin, le compost, cet engrais organique équilibré, permet de recycler les déchets du jardin et de la cuisine - les épluchures de légumes, les fruits pourris, l’herbe tondue ou les filtres à café. Cela peut apparaître surprenant mais les meilleurs engrais se trouvent dans nos poubelles ! Deux règles essentielles sont à retenir. Il est indispensable de mélanger chaque nouvel apport de déchets avec ceux déjà présents. Les déchets riches en carbone, généralement des déchets secs, jaunes et vieux, doivent être mêlés à ceux dits riches en azote, qualifiés d’humides, verts et jeunes. Au bout de quelques mois, ce fertilisant naturel complet est prêt pour redonner vie à l’ensemble du jardin. Les plus gros consommateurs sont les rosiers, les arbres fruitiers ou les fraisiers, qui retrouvent dans le compost leur nourriture initiale des sous-bois, sans compter les légumes exigeants comme les tomates et les courgettes. « En somme, le jardinier n’est qu’un imitateur des mécanismes de la nature » conclut Denis Pépin. Imiter la nature : n’est-ce pas la base du développement durable ?

V.T.

© Denis Pépin

 

 

Le paillis protège la terre du dessèchement et limite l’installation des herbes indésirables

 

 

© Denis Pépin

 


Dans un compost en silo, chaque apport de déchets doit être mélangé avec le précédent pour permettre une décomposition optimale.

 


Questions de jardiniers :

Le public a posé de nombreuses questions au conférencier. Morceaux choisis.
« A quoi servent les engrais verts ? »
Les engrais verts, tels que la moutarde, la phacélie, la vesce ou le sarrasin, évitent de laisser la terre nue quand elle n’est pas cultivée. Ils occupent la terre plus vite que les herbes indésirables, leurs feuillages protègent le sol des effets néfastes des pluies battantes et leurs racines préservent les éléments nutritifs du lessivage.
« Que faire contre les renoncules, les pissenlits et les mousses ? »
Les renoncules rampantes se développent sur les terres compactes, humides et pauvres en calcium. Il suffit souvent d’ajouter un peu de compost et de chaux pour les voir régresser. Pour les pissenlits et les mousses, qui se développent à la faveur des tontes rases et répétées, monter la hauteur de coupe à 5 ou 6 centimètres : c’est le meilleur moyen d’éviter leur implantation.

 

Pour en savoir plus, à lire :
Compost et paillage et au jardin : recycler, fertiliser par Denis PEPIN (2003), éditions Terre vivante.
Hors série L’ami des jardins et de la maison «jardiner au naturel» (mars 2001)

 

 

Contact : Denis Pépin, denispepin@wanadoo.fr