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Phytoremédiation Les sols chargés en métaux lourds, éléments radioactifs ou hydrocarbures sont difficiles à dépolluer. A l’UBO, l’équipe de Michel Branchard développe une nouvelle méthode de nettoyage. La phytoremédiation utilise la propriété de certaines plantes à prélever des éléments-trace sur un sol contaminé.
Certaines bactéries sont capables de découper des molécules toxiques présentes dans les sols pollués (bioremédiation). Les américains ont été les premiers à les utiliser pour réhabiliter des sites militaires contaminés, notamment par le TNT. Les molécules ainsi dégradées ne sont plus toxiques pour l’environnement. Cependant, les éléments-trace ne peuvent être ni dégradés, ni extraits du sol par les bactéries. Ils doivent être traités différemment. C’est pour cette raison que la phytoremédiation a vu le jour, il y a une dizaine d’années. L’équipe du professeur Michel Branchard, au laboratoire de biotechnologie et physiologie végétales de l’Isamor Esmisab – UBO, en a fait depuis trois ans sa thématique majeure. Le principe est simple : faire pousser sur les sols pollués des plantes dites hyperaccumulatrices, qui concentrent les éléments polluants dans leur partie aérienne. En les récoltant, le sol est débarrassé de la pollution. Et les plantes sont incinérées dans des fours, équipés de filtres spéciaux. Plus de 3000 sites pollués Il existe officiellement plus de 3 000 sites déclarés pollués en France, mais les estimations envisagent un potentiel de 300 000 ! Dans cette situation où les non-dits sont nombreux, il devient urgent de trouver une solution. Le problème n’est pourtant pas si simple : « Les seuils de tolérance des différents polluants dans le sol sont fixés au niveau européen, explique le chercheur. Souvent, on trouve des concentrations à la limite de ces derniers. Parfois même, les propriétaires des sites font valoir le fait que la forme sous laquelle se présentent les ions n’est pas toxique. Il suffit d’une modification des propriétés du sol pour qu’ils le deviennent. » Le laboratoire appartient au réseau européen COST (Action 837) et collabore avec une université allemande (Emden), qui s’intéresse particulièrement au nettoyage de sols agricoles pollués par les retombées de fumées industrielles. Les contacts avec l’industrie n’ont pas encore débouché sur des projets concrets. Le coût de la dépollution, par la phytoremédiation, est pourtant deux à trois fois moins élevé qu’avec les méthodes mécaniques ! Par l’entremise du Technopôle Brest-Iroise, une collaboration avec une entreprise spécialisée dans la maîtrise d’œuvre, EECB, devrait déjà favoriser cette mise en application industrielle. “ Pour passer à l’applicatif, deux ans de recherche intensive paraissent indispensables, explique Michel Branchard. Par ailleur
Culture in vitro de Brassica napus, régénérés par culture de tissus en présence de cadmium.
V.D. (1) Métaux lourds, métalloïdes et radioéléments sont dénommés éléments-trace. Contacts : EECB
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