Les algues vertes suivies à la trace

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Les algues vertes suivies à la trace

Depuis l’an dernier, le programme Prolittoral lutte contre les marées vertes. Sur cinq ans, dix-sept millions d’euros seront investis par la Région, les quatre départements bretons et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. Le Ceva(1) s’occupe notamment du suivi scientifique.

© DR«Les marées vertes peuvent être un phénomène fugitif et instable sur certains secteurs côtiers, rappelle Patrick Dion, responsable au Ceva du service Ressources naturelles et environnement. Notre rôle est de mesurer les tendances lourdes, en permanence, pour avoir une vision globale à l’échelle de la Bretagne. Depuis avril 2002, dans le cadre de Prolittoral, la côte atlantique, depuis la baie du Mont-Saint-Michel jusqu’à La Baule, est ainsi photographiée par avion, à différentes époques de l’année – et à marée basse. Cette couverture aérienne montre l’évolution des marées vertes, en fonction des programmes curatifs ou de prévention. Neuf bassins versants faisant l’objet de programmes préventifs sont plus particulièrement suivis.  « Quand nous constatons qu’un site de dépôt d’algues vertes « démarre » tard dans l’année, cela peut signifier que le stock d’algues hivernal, immergé, est réduit, explique Sylvain Ballu, animateur du programme Prolittoral et responsable du laboratoire de cartographie. Mais ces algues peuvent avoir été transportées par les courants, depuis un site voisin où le stock est important » La dynamique du dépôt des algues est mise en évidence et les sites émergents sont identifiés pour alerter les collectivités concernées. Des algues sont aussi prélevées sur une vingtaine de sites : « S’il  y a peu d’azote dans les algues, nous saurons qu’une baisse du taux d’azote, dans ce milieu, aura un impact sur la quantité d’algues vertes échouées. Ce ne sera pas le cas quand le niveau d’eutrophisation est très élevé.»

 

Les Côtes d'Armor et le Finistère sont les premiers départements concernés par les marées vertes. Mais d'autres sites sont touchés en Bretagne, y compris certains lieux "sur vasière", où l'hydrodynamisme marin est très différent des grandes baies ouvertes, comme ici la ria d'Etel, dans le Morbihan.

 

Avec l’Ifremer

Des plongées sous-marines complètent les observations aériennes et les prélèvements sur les plages, pour localiser les stocks infra-littoraux avec précision. Ces données sont incorporées dans une modélisation, mise au point avec le modèle Mars 2D de l’Ifremer, pour simuler le comportement des algues sous l’action des courants. « La modélisation révèle que certains sites ont une forte capacité à retenir les algues vertes, explique Thierry Perrot, ingénieur en modélisation numérique. Car l’azote et les algues se dispersent en mer dans des contextes hydrodynamiques différents ». Les informations, récoltées par avion, sur la plage ou sur les fonds marins démontrent, par exemple, qu’il peut être inutile de récolter les algues à cet endroit, si on ne s’attaque pas auparavant à un autre site. Des données indispensables pour les stratégies de ramassage ! En préventif, elles sont aussi utiles pour identifier les différents cours d’eau à l’origine d’une marée verte locale.

N.G.

Contact : Patrick Dion, tél. 02 96 22 93 50, patrick.dion@ceva.fr

(1) Ceva : Centre d’étude et de valorisation des algues, dirigé par Dominique Brault. Site Web : www.ceva.fr

 

Ces photos aériennes de la baie de Douarnenez, extraites de la campagne d’octobre 2002, illustrent un échouage d’algues vertes tardif dans la saison. Le site fait partie des neuf bassins versants, où des actions collectives sont menées pour limiter les nitrates, en provenance notamment des terres agricoles.

 

 


Le modèle de transport et d’échouage des algues vertes est utilisé en baie de Lannion. A partir d’une localisation initiale du stock infralittoral, l’image de gauche décrt les résultats obtenus, quelques jours plus tard, en l’absence de vent. Au centre, une simulation par vent de sud-ouest. L’image de droite décrit la présence des algues, quand le vent vient du nord-est. Ces résultats mettent en évidence des possibilités de transferts de biomasse des algues entre le site de Locquirec, Saint-Michel-en-Grève et Beg Leguer.