Neuf équipes européennes pour deux algues

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Neuf équipes européennes pour deux algues

Le Ceva participe au projet européen Seahealth. L’objectif est d’utiliser les propriétés antioxydantes d’extraits d’algues pour lutter, notamment, contre le cancer du côlon.

Elles sont brunes et présentes en Bretagne. Les deux algues ont été identifiées, mais leurs noms restent confidentiels. Dans le cadre du projet Seahealth, qui démarre cette année, neuf laboratoires européens se penchent sur l’extrait produit par ces deux algues. Leur intérêt réside dans leurs propriétés antioxydantes : elles soutiennent les défenses de l’organisme contre l’altération des membranes cellulaires, et contribuent ainsi à prévenir certains cancers. Outre cette application en médecine, l’alimentation est aussi concernée : les molécules contenues dans les extraits préservent la qualité des aliments - en empêchant l’oxygène de dégrader les matières grasses.

Avec les universités de Barcelone, Milan et Bonn

 « Au Ceva, nous procédons aux extractions, à l’analyse des extraits et au contrôle qualité sur la matière première, explique Patricia Burtin, qui coordonne l’ensemble du projet. Cette qualité dépend des algues et, par exemple, de la période de récolte ». Une chaîne de compétences a été mise en place sur le continent pour cerner le sujet, sous tous les angles. « La faculté de médecine de Barcelone, spécialisée dans les radicaux libres, étudie actuellement la toxicité des extraits sur l’animal. L’université de Milan analyse l’effet des molécules quand elles passent dans le sang, chez l’homme. L’université de Bonn identifie la composition des molécules, les polyphénols, qui ont une activité antioxydante ». Le centre de recherche allemand contre le cancer, à Heidelberg est aussi impliqué.

Concernant le volet alimentaire, un centre technique des Pays-Bas introduit les extraits d’algues dans des produits d’alimentation, comme des barres aux céréales ou des yaourts. L’aspect économique est l’affaire d’un institut de Karlsruhe, chargé de promouvoir la consommation d’algues en Europe et de développer des enquêtes marketing. En Bretagne, un autre organisme fait partie du projet : Diana Végétal, à Antrain (35), se charge de l’extraction à l’échelle industrielle. Les procédés sont confidentiels : pour en savoir plus, il faudra attendre le dépôt des brevets. Concernant les applications en médecine, rendez-vous après 2006, quand l’influence des extraits d’algues sur le cancer du côlon et l’athérosclérose aura été testée, in vitro puis in vivo, chez les rats. Le tour de l’homme viendra ensuite.

N.G.

Contact : Patricia Burtin, patricia.burtin@ceva.fr