Les microalgues grandissent à l'Île-Grande

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Les microalgues grandissent à l’Ile-Grande

© Nicolas GuillasSur l’Ile-Grande, la Somaig étudie et cultive des microalgues. Les extraits obtenus se retrouvent, notamment, dans les cosmétiques Dior.


Les différentes classes de
microalgues, cultivées dans une salle stérile, synthétisent des
pigments verts, bleus, marrons ou rouges.

 

Entre les écueils de la Côte de granit rose, les courants transportent une eau d’excellente qualité. A moins 13 m, sous la surface et sous le sable, elle est riche en manganèse, en silice et sa composition chimique unique est stable. C’est là que la Somaig(1), à l’Ile-Grande (22), la prélève pour cultiver des microalgues, dans de très bonnes conditions. « A partir des microalgues, nous mettons au point des actifs à intérêt alimentaires, pharmaceutiques ou cosmétique, explique Aimé Ménassa, le PDG. Mis dans une crème de soin à 0,1 % , l’actif cosmétique lui donne sa propriété amincissante, hydratante, antioxydante ou antiradicallaire. » Pour la commercialisation des actifs, le principal client de la Somaig est LVMH.

A l’état naturel, diluées dans d’énormes quantités d’eau de mer, les algues microscopiques sont une ressource peu accessible. Mais elles se multiplient par division cellulaire : la Somaig les cultive donc en petit volume, de 10 ml à 10 litres, puis en gros volume, jusqu’à 55 m3. En considérant un paramètre important : en fonction des conditions environnementales, et selon sa phase de croissance, l’algue synthétise des molécules différentes. « Pour orienter le métabolisme des microalgues, les conditions de culture sont optimisées, explique Marc Bermudes, responsable de la production, en variant le pH du milieu, la température, les nutriments, la lumière et la source de carbone ». La biomasse est ensuite séparée du milieu par centrifugation - 50 tonnes d’eau donnent 20 kg de biomasse, dont un demi-litre d’actif est extrait !

© Nicolas Guillas


Après les ballons de 10 l, les microalgues
sont cultivées et étudiées dans des cuves de 300 l,
d'où la biomasse est extraite.
Ces grands volumes permettent d'être au
plus près des applications industrielles à venir.



Un programme anticancéreux

Le dernier actif commercialisé, dans la gamme Capture de Dior, s’appelle Oléocomplex 2. Produit à l’Ile-Grande, il n’aurait pas vu le jour sans l’activité de recherche et développement, menée en amont de la production. « Cet extrait lipidique a des activités antioxydantes, explique Anne Humeau, responsable de la recherche. Il intervient dans la réparation des protéines endommagées par des radicaux libres, liés aux rayons ultra-violet ». Un autre exemple illustre la diversité des activités menées à la Somaig. « Dans le cadre d’un programme anticancéreux, nous menons  un projet pharmaceutique avec la station biologique de Roscoff, poursuit Anne Humeau. Notre équipe teste des extraits issus de microalgues, afin de déceler des molécules anticancéreuses ». Une douzaine de micro-algues sont étudiées chaque année à l’Ile-Grande. L’avenir est prometteur : plus de 50 000 espèces attendent dans les océans.

N.G.


(1) Source marine de l’Ile-Grande


Contacts
Anne Humeau
Marc Bermudes
Tél. 02 96 91 96 96,
somaig@wanadoo.fr

 

© Nicolas Guillas

 

L’équipe compte cinq personnes à l’Ile-Grande : Marc Bermudes, Anne Humeau et trois techniciens