Microalgues toxiques : l'Ifremer aux aguets

ACCUEIL > Sciences Ouest > Année 2003 > 201 > Dossier du mois > Les algues en Bretagne : une récolte d’innovations > Microalgues toxiques : l'Ifremer aux aguets
Les algues, une histoire bretonne
Les algues vertes suivies à la trace
Rendre le plastique biodégradable
Neuf équipes européennes pour deux algues
Trois algues pour mieux vivre la ménopause
Les microalgues grandissent à l'Île-Grande
Biomelez récolte la crème des algues
Une algue contre le vieillissement de la peau
Microalgues toxiques : l'Ifremer aux aguets
La surveillance depuis Concarneau
Des algues au secours du blé
Le trésor de deux algologues du XIXe
Pour en savoir plus...

 

Microalgues toxiques : l’Ifremer aux aguets

Les coquillages des côtes bretonnes sont parfois touchés par des algues microscopiques toxiques. Leur consommation est alors interdite. Catherine Belin, de l’Ifremer de Nantes, coordonne le réseau de surveillance français.

© Valérie TerrienEn mai dernier, les coquillages de l’estran de la mer d’Iroise et de la rivière de l’Aven étaient interdits au ramassage, en raison de la présence d’une microalgue toxique. « Dinophysis touche chaque année les côtes Ouest et Sud de la Bretagne, explique Catherine Belin, coordinatrice du réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines (Rephy). Le Rephy observe les microalgues et surveille les coquillages dans leur milieu naturel, depuis 1984. Sa création fait suite aux 3000 cas d’intoxications diarrhéiques, dues à la consommation de coquillages toxiques, en Bretagne Sud en 1983». Le réseau national, géré par l’Ifremer, est constitué de 12 laboratoires de surveillance(1) sur le littoral français. Il observe et surveille l’ensemble des populations de phytoplanctons, toxiques ou non. La base de données ainsi constituée est unique en Europe.

 « Depuis 20 ans nous constatons une explosion des cas de phytoplanctons toxiques dans le monde, ajoute-t-elle. Mais il reste difficile de comparer les données, car il y avait alors moins de mesures. Aujourd’hui encore, de nombreux pays n’ont aucun réseau de surveillance ». Depuis un an, l’action du Rephy s’est développée pour un maximum de sécurité. Les tests sur souris sont plus sévères, les huîtres sont soumises aux tests diarrhéiques, depuis l’apparition de cas douteux dans d’autres pays. La coquille Saint-Jacques est également surveillée pour toutes les toxines. « Il est difficile de savoir comment cela va évoluer pour les années à venir, car les cas ne diminuent pas sur les côtes de nos voisins européens », conclut Catherine Belin. Le Rephy reste en éveil.

V.T.

(1) Chaque laboratoire a sa portion de côte à surveiller. Saint-Malo surveille, par exemple, la Bretagne Nord, et Concarneau le Finistère (lire ci-dessous).


 

Les dangers pour l’homme

Parmi les espèces constituant le phytoplancton marin, seules quelques-unes produisent des toxines. Les coquillages de consommation courante se nourrissent de phytoplancton : ils concentrent les toxines dans leurs tissus, d’où un danger pour l’homme. En France, les trois algues principalement toxiques pour le consommateur de coquillages sont : Dinophysis, qui produit des toxines diarrhéiques, Alexandrium, aux effets paralysants et Pseudo-nitzschia aux effets amnésiants. Le Rephy observe ces microalgues toxiques et analyse les coquillages, en collaboration avec les laboratoires vétérinaires et le laboratoire national de référence des biotoxines de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa).


 

Contact :
Catherine Belin,
Ifremer Nantes,
tél. 02 40 37 41 10,
Catherine.Belin@ifremer.fr