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Plongez dans l'aquarium

 
 
Plongez dans l’aquarium !


Bonnes vacances !

L’été est là. Et les vacances, sont l’occasion rêvée de réaliser de nombreuses et passionnantes observations de la nature. Ce numéro de Découvrir vous invite à réaliser aquariums, terrariums et vivariums, afin d’observer la faune et la botanique locale. De quoi passer des heures formidables et enrichissantes. Alors… bonnes vacances, riches en découvertes !
 
 
 
 
 







Avant toute chose…

L’été est propice à observer la nature et son environnement. Qui n’a jamais capturé un petit crabe, une chenille de papillon ou un têtard, et ne l’a mis dans un bocal pour le regarder évoluer, l’observer et mieux le connaître. Bien souvent, hélas, la pauvre bête est abandonnée après quelques temps à son sort, souvent en plein soleil, ce qui entraîne sa mort. Même s’il est préférable d’observer plantes et animaux dans leurs milieux naturels, il reste possible d’en capturer certains et de les conserver quelques jours. Mais pour cela, il y a des conditions et des règles à respecter. N’oubliez jamais que vos petits captifs sont des êtres vivants, fragiles, connaissant comme nous la peur ou la faim… Vous devez donc les respecter et en prendre grand soin ! Et, dès la fin de vos observations, il vous faudra les relâcher sur le lieu de leur capture. Ne transportez jamais un animal dans un autre milieu que le sien ! Vous risqueriez ainsi au “mieux” de tuer vos spécimens, au “pire” de perturber gravement le milieu dans le quel vous l’avez relâché. N’oubliez pas non plus que certaines espèces ne supportent pas la captivité, que d’autres sont “protégées” par la loi et qu’il est interdit de les maintenir en captivité. Ne choisissez que des espèces abondantes, connues comme faciles à élever.


Une chaîne écologique

Que vous vouliez faire un aquarium (eau), un aquaterrarium (terre et eau) ou un terrarium (terre) vous devrez toujours tenter de vous rapprocher, au plus près, des équilibres du milieu naturel.  Dans tous les cas, il vous faudra apporter : un éclairage qui remplacera la lumière solaire (ne jamais laisser des animaux en plein soleil !), une aération (l’oxygène est indispensable à la respiration), une filtration (pour éliminer les déchets et favoriser le développement des bactéries), de la nourriture (pour éviter le cannibalisme, inévitable en milieu fermé).




L’aquarium

Un aquarium coûte cher dans le commerce. Il est pourtant relativement facile d’en construire un, pour un coût modique, à condition de respecter un certain nombre de règles.
Grâce au petit tableau ci-contre, vous pouvez calculer l’épaisseur des glaces (en mm), en fonction de la hauteur d’eau voulue.


  Hauteur d’eau en cm

40



50



60



70



80

Longueur de l’aquarium en cm

50

5,5

6 ,5 

8

8

8

60

6

7,5

8 ,5

20

 10

70

7

8

9,5

10,5

12

80

7

9

10,5

12

13

90

7

9,5

11,5

13

14,5

100

7,5

10

12

14

15,5


 
Attention : respectez bien ces valeurs pour être assuré d’une solidité suffisante. N’oubliez pas que l’eau exerce une forte pression sur les parois ! Pour coller vos glaces, il existe une “colle aquarium”, très efficace, que vous pourrez trouver dans tous les magasins de bricolage ou d’aquariophilie. Attention, cette colle contient de l’acide acétique, et peut donc irriter les yeux et le nez. Un aquarium, plus il est grand, plus il pèse lourd ! Il faut donc trouver un support solide et horizontal. Nous vous conseillons de placer une petite plaque de mousse sous l’aquarium, pour éviter qu’il ne bouge.





L’équipement de l’aquarium

Vous devez déposer un « sol » au fond de votre aquarium. Celui-ci servira de support aux bactéries, indispensables à l’équilibre de l’ensemble. Commencez par déposer au fond un “filtre sous gravier” : une plaque de plastique que vous trouverez dans les magasins spécialisés, qui servira à filtrer l’eau. Placez dessus un peu de gravier puis une couche de sable fin (pris dans la rivière ou sur la plage à marée basse, le plus loin possible de la terre). Au-dessus, placez quelques galets (couverts d’algues encroûtantes), qui serviront de caches aux animaux. Pour l’eau de mer, seules les petites algues rouges, genre chondrus, supportent la vie en aquarium.

Le décor installé, versez l’eau doucement. Elle peut être naturelle, mais il faut être sûr de sa bonne qualité, ou artificielle (on trouve dans le commerce des doses de sel à dissoudre pour recréer de l’eau de mer). Dans ce second cas de figure, n’oubliez jamais qu’il faudra attendre trois semaines avant de placer les animaux ! Car le chlore contenu dans l’eau du robinet doit être totalement évaporé.

Placez au dessus un tube fluorescent, de type “lumière du jour” ou “horticole”.  Ne placez pas le tube trop près de l’eau, pour éviter de la chauffer. Évitez toujours une exposition directe au soleil, qui peut entraîner une élévation importante de la température de l’eau et une très grande prolifération d’algues.

Placez enfin, dans un coin caché, un “bulleur” destiné à oxygéner l’eau, à évacuer le gaz carbonique et à créer un petit courant qui va permettre une homogénéité de la température. Sous le filtre à gravier, placez une prise d’eau, reliée à une petite pompe filtrante (charbon actif). L’ensemble coûte moins de 50 euros.





L’aquaterrarium

Vous avez intérêt à séparer, par une glace, la partie eau de la partie terre. Cette dernière peut reposer sur un socle de ciment ou de plastique. Creusez un petit trou et placez y le “sol” choisi (sable, terre), de façon à éviter de souiller l’eau. Si vous placez des plantes terrestres, n’oubliez pas de les arroser régulièrement ! Il est conseillé de vaporiser un peu d’eau tous les jours, avec un brumisateur.



L’entretien

Vous serez entièrement responsable du bien-être des animaux captifs. Il vous faudra donc veiller tous les jours à ce que la température reste constante (inférieure à 18°C). Les systèmes de refroidissement du commerce étant relativement chers, vous pourrez “bricoler” votre installation, en plaçant par exemple un petit ventilateur sur la pompe de filtration.
La salinité doit aussi rester constante. Il existe de petits appareils de mesure bon marché pour la contrôler. Mais il suffit de surveiller le niveau d’eau et d’ajouter un peu d’eau douce (même pour les aquariums d’eau de mer !) pour corriger la salinité.
La propreté est indispensable : le filtre extérieur doit être régulièrement rincé et le charbon renouvelé. Le sable du fond doit être remplacé tous les trois mois.



La nourriture

Les animaux, dans la nature, ne mangent pas régulièrement : un apport, trois fois par semaine, est très largement suffisant. Quelque soit l’animal, veillez à débarrasser l’aquarium des aliments non mangés : ils pourrissent et empoisonnent l’eau.

Pour les animaux marins : les moules crues ou cuites sont plutôt bien appréciées. Vous pouvez également apporter quelques “artémias”, de petits crustacés dont vous achetez les œufs en animalerie. Placez-les dans un bocal d’eau salée et oxygénez l’eau avec une dérivation du “bulleur” : en quelques jours, vous aurez des milliers de minuscules animaux, dont raffolent les poissons !

Pour les animaux d’eau douce : les artémias sont appréciés, ainsi que les petits vers, dits de “fouillis” (rouges). Les produits secs, spéciaux pour poissons, vendus en animalerie, sont parfaitement adaptés.

Pour les animaux terrestres (lézards, insectes) : des morceaux de fruits, des petits morceaux de jambon font très bien l’affaire. Laissez les fruits très murs attirer les mouches : certains animaux s’en régalent.

Remarque : il est normal que les animaux refusent de manger les premiers jours. Il faut parfois deux ou trois semaines avant qu’ils n’acceptent la moindre alimentation. Ne les forcez pas, la plupart peuvent jeûner sans problèmes plusieurs semaines.



Quelles plantes et quels animaux ?
 
  • Les algues. Elles ne doivent être introduites qu’accrochées à un support ! Les petites algues rouges sont les plus résistantes en eau de mer.
  • Les plantes. En eau douce, vous trouverez de nombreuses plantes parfaitement adaptées. Attention, de nombreux poissons s’en régalent et défont régulièrement vos plantations. Veillez à éliminer les plantes abîmées ou flottantes.
  • Les invertébrés. En eau de mer n’hésitez pas à placer quelques anémones. Elles mangent des morceaux de moules et… du jambon !
  • Les mollusques. Les moules filtrent l’eau. Les bigorneaux (littorines), gibbules et patelles sont des broûteurs d’algue efficaces. Evitez les “lièvres de mer” car ces animaux émettent une substance violette qui peut être très toxique. En eau douce, les escargots sont très efficaces pour éliminer les algues. Attention, ils peuvent se reproduire très vite – il  faudra peut-être en enlever.
  • Les crustacés. Ils sont très intéressants à observer et ils débarrassent l’aquarium des déchets de nourriture et des cadavres. Crevettes et bernard-l’hermite supportent très bien la captivité. Les crabes et araignées sont agressifs et peuvent perturber l’aquarium : préférez les petits spécimens. En eau douce, les écrevisses tolèrent plus ou moins bien la captivité. Attention, elles sont très agressives, et acceptent difficilement la compagnie.
  • Les échinodermes. Les étoiles de mer et les oursins n’acceptent pas facilement la vie en aquarium. Il vaut mieux les éviter. Seules les ophiures résistent bien.
  • Les poissons. Choisissez des spécimens de petite taille. En eau de mer, les gobies, blennies, chabots et loches sont ceux qui supportent le mieux des élévations de température. Bars et daurades s’acclimatent bien. Les mulets sont très résistants. Les syngnathes et hippocampes résistent bien, mais il faut absolument leur donner des artémias, car ces animaux ne mangent que du plancton. En eau douce, les vairons, gardons et loches résistent très bien. Ils se régalent de petits morceaux de mousse. Les perches s’adaptent assez bien, mais elles sont très agressives. Evitez les truites, qui ne supportent aucune élévation de température ; et les brochets, très agressifs.
  • Les insectes. Passionnants à observer, ils présentent cependant la difficulté de ne tolérer que très difficilement la présence d’autres espèces dans le même espace. Les fourmis s’adaptent très bien, à condition d’humidifier le sol régulièrement, de leur procurer une nourriture variée (sucre, insectes morts, feuilles…). Les araignées supportent la captivité, à condition de leur fournir une fois par semaine une mouche vivante. Dès l’apparition de troubles de comportement (toile changeant de forme) il faut relâcher l’animal. Grillons, blattes, cafards, mille-pattes… ne posent pas de problèmes. Éviter les animaux volants.
  • Batraciens. Les grenouilles et crapauds peuvent être conservés quelques semaines, mais il est très difficile de les nourrir. Les têtards peuvent être élevés, mais attention au cannibalisme. Il faut leur donner des artémias.
  • Reptiles. Les lézards s’apprivoisent très bien. Mais attention, ils peuvent être agressifs ! Évitez les serpents : beaucoup sont des animaux protégés. Ils sont souvent agressifs et demandent beaucoup de soins.
  • Mammifères. Les souris et musaraignes peuvent être conservées quelques temps, mais attention aux morsures !
  • En règle générale : ne placez pas trop de spécimens dans le même espace. Évitez de mélanger des espèces différentes, qui risquent de se battre entre elles. Choisissez plutôt les spécimens de petite taille. Prévoyez leur toujours des “caches”. Et n’oubliez pas : relâchez-les rapidement !




À lire, à voir, à faire…


Le carnet d’observation :

Dessinez, photographiez et consignez toutes vos observations dans un cahier. Envoyez-nous vos travaux, et nous publierons les meilleurs. Les “gagnants” recevront des entrées gratuites pour les expositions de l’Espace des sciences, à Rennes.

Livres :
  • Les petits animaux du jardin, de Christian Weiss, 96 pages. Un livre pratique et très bien fait, qui vous permettra d’identifier et d’observer une foule d’animaux.
  • La Hulotte : faut-il encore présenter cette merveilleuse revue qui, depuis des années, offre des textes et des dessins d’une très grande qualité. Le dernier numéro (n°82) est consacré aux pics. La Hulotte, 08240 Boult-aux-Bois, Tél. 03 24 30 01 30, www.lahulotte.fr.
  • Animaux des bois et forêts. Le milieu, la flore, la faune … Voici quelques titres des “Cahiers du naturaliste” aux éditions Delachaux et Niestlé. Une collection remarquable à tous points de vue. Dommage que ces livres soient un peu chers.
  • Mille pistes nature, de Pierre Michel Gambarelli et Patrick Royer, aux Presses d’Ile de France, 230 pages. Un livre idéal pour découvrir la nature et l’environnement, construire un affût d’observation, identifier les plantes, les animaux, les traces…

Sur Internet :

http://isuisse.ifrance.com/aquaetang : un joli site, avec de nombreux conseils pratiques.

http://www.aqua-flore.com  : tout ce que vous voulez savoir sur les plantes d’aquarium.

http://membres.lycos.fr/aquafrce : tous les aquariums publics, que vous pourrez visiter pendant les vacances.

http://www.aquavpc.com/aquariums_cuves_nues_en_verre0.htm : site commercial proposant tout le matériel possible et imaginable.

http://careux.free.fr/aquariums.htm : un site sympa, plein de conseils et d’expériences d’amateurs, pour éviter de faire certaines erreurs.

http://www.hotels-de-bretagne.com/tourisme/parc/loisirs/aquarium.htm : pour découvrir les aquariums publics de Bretagne.

http://membres.lycos.fr/aquariumsphotos : de très belles photos, prises par un passionné.

http://www.chez.com/reelaquarium/intro.html : les trucs et les astuces d’un amateur (très) éclairé.


 


CLIN D'OEIL