| |
L'Inserm de Nantes aidé par Ouest-Génopole®
Transplantations d'organes : les rats à la rescousse
À Nantes, l'unité Inserm 643 bénéficie du soutien de Ouest-Génopole® dans ses travaux sur la transgenèse du rat. Le but de ces recherches : explorer de nouvelles pistes dans le domaine de la transplantation d'organes.

Ignacio Anegon est coordinateur d'une équipe de l'Institut de transplantation et de recherche en transplantation (Itert), unité Inserm U643(1) , au CHU de Nantes. Le laboratoire qu'il dirige est spécialisé dans l'identification de mécanismes de tolérance immune. Autrement dit, il cherche des solutions pour qu'un organe transplanté ne subisse pas de rejet de la part de la personne qui en bénéficie.
Contourner les défenses immunitaires
Pour y parvenir, il faut comprendre les mécanismes immunitaires impliqués dans le rejet et la tolérance aux greffes. Et cette démarche présente certains obstacles.
D'une part, l'organisme humain possède tout un arsenal de défenses immunitaires qui provoquent le rejet des greffons à plus ou moins long terme. Actuellement, la médecine utilise des immunosuppresseurs pour neutraliser ces défenses. Mais des effets indésirables comme des maladies opportunistes ou des cancers peuvent alors apparaître. D'autre part, la demande d'organes surpassant l'offre, les scientifiques travaillent sur la xénotransplantation(2) , c'est-à-dire la transplantation d'organes issus d'animaux. Mais la distance génétique entre un homme et un animal est plus grande qu'entre deux humains. Le risque de rejet est donc plus important.
Les recherches réalisées par Ignacio Anegon et son équipe visent donc à surmonter ces difficultés. Il s'agit de contourner les défenses immunitaires lors d'une transplantation sans utiliser d'immunosuppresseurs. " Deux solutions se présentent à nous : soit nous introduisons des gènes boucliers qui permettent au greffon de résister aux attaques immunitaires, soit nous introduisons des gènes qui prennent le contrôle de la défense immunitaire en inhibant celle-ci ", explique Ignacio Anegon. Et pour implanter les transgènes dans l'organisme donneur, il existe deux méthodes : les chercheurs peuvent soit introduire les gènes très précocement dans un embryon animal pour que la descendance cellulaire les porte, ou utiliser des vecteurs(3) de transfert de gènes afin de modifier les cellules de l'organe à transplanter.
Les avantages du rat
Le laboratoire dirigé par Ignacio Anegon contribue à ce titre à une recherche plus fondamentale : la génération d'animaux transgéniques. L'unité U643 est d'ailleurs le seul laboratoire académique français à faire de la transgenèse sur le rat. Ce rongeur présente en effet des avantages significatifs par rapport à la souris, traditionnel animal de laboratoire. À commencer par sa taille, qui facilite les interventions chirurgicales. De plus, le rat est historiquement très étudié dans des domaines tels que la cancérologie, la neurologie, la toxicologie, la recherche cardiovasculaire et l'immunologie. Enfin, certaines maladies humaines sont mieux reproduites avec un rat transgénique. En revanche, toutes les interventions génétiques qui sont possibles chez la souris ne l'étaient pas chez le rat jusqu'à très récemment. En effet, toutes les espèces animales ne réagissent pas de la même façon à ces manipulations.
Ouest-Génopole® finance depuis trois ans le poste d'un ingénieur de recherche à mi-temps qui travaille sur la transgenèse du rat, ainsi que de l'équipement. " Cela nous donne la possibilité de créer des liens entre les équipes régionales qui travaillent dans notre domaine et nous permet de garder une activité compétitive au niveau international ", précise Ignacio Anegon. Une aide très précieuse car les recherches de l'unité U643, encore très en amont dans ce domaine, représentent néanmoins un immense espoir pour toutes les personnes en attente d'une greffe d'organe.
RA
Contact :
Ignacio Anegon, tél. : 02 40 08 74 15,
ianegon@nantes.inserm.fr,
www.nantes.inserm.fr/u437
NOTES :
(1) Les unités de recherche sont mises en place pour une période de quatre ans renouvelable une fois. L'unité U643 a été créée en janvier 2004 pour remplacer l'unité U437 afin de continuer les recherches sur la transgenèse sur une nouvelle période de huit ans.
(2) À ne pas confondre avec l'allotransplantation qui est la transplantation d'organes entre individus d'une même espèce.
(3) Les vecteurs sont des " outils " permettant d'introduire des fragments d'ADN choisis dans une cellule. Ce peut être un virus ayant perdu sa capacité de reproduction par exemple.
Un parcours international

Ignacio Anegon est chercheur à l'Inserm depuis 1989. Il a obtenu son doctorat en médecine à l'Université de l'Uruguay, puis a rejoint la faculté de médecine de Barcelone avant d'intégrer le Wistar Institute à l'Université de Pennsylvanie de 1985 à 1988.
Ignacio Anegon, coordinateur d'une équipe de recherches dans l'unité Inserm U643 " Immunointervention dans les allo et xénotransplantations ".
|