Comment ça marche : La biométrie

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Comment ça marche : La biométrie

 
 

La biométrie

Empreintes digitales, main, iris, voix... La biométrie utilise les singularités de notre corps pour nous identifier. Même si ces procédés semblent tout droit sortis d'un film de James Bond, ils existent. Et certains ne sont pas récents ! Déjà en 1902, Alphonse Bertillon résolvait la première enquête policière grâce au concours des empreintes digitales. Zoom sur quelques unes de ces techniques.


  Les empreintes digitales
(technique utilisée dans 50% des cas)

Crochets, îlots, interruptions, bifurcations, embranchements, chaque détail de votre empreinte est analysé pour vous identifier. Ces particularités, nommées "minuties", sont repérées et enregistrées par un logiciel dans une carte d'empreintes : une dizaine de minuties pour des systèmes peu discriminants et plus de 80 pour des systèmes de haute sécurité. Attention cependant, l'ordinateur peut être mis en défaut par des mains abîmées (travailleur manuel) ou par des poussières.

  La main
(10% des cas)

La géométrie de la main est obtenue par imagerie infrarouge. Certains logiciels peuvent analyser jusqu'à 90 de ses caractéristiques : sa forme tridimensionnelle, la longueur et la largeur des doigts, la forme des articulations, ... Cette technique d'identification peut présenter des défaillances, surtout entre personnes d'une même famille ou bien entre jumeaux. Elle est également limitée par les modifications de la forme de la main liées au vieillissement.

  Le visage
(15 % des cas)

Il s'agit de mémoriser certaines caractéristiques du visage que seule une opération chirurgicale intervenant sur le cartilage pourrait modifier : l'espacement des yeux, la hauteur des pommettes... Deux moyens d'investigation existent : la reconnaissance de visage fixe et la reconnaissance de visage mobile (sur une vidéo). La première technique donne des résultats satisfaisants dans de bonnes conditions d'éclairage. En revanche, la seconde a un taux d'échec important.

  L'iris
(6% des cas)

L'iris est unique, très complexe et indépendant du code génétique. Une même personne a deux iris différents, deux vrais jumeaux en auront quatre différents. De multiples points de comparaison peuvent être relevés dans un iris ce qui en fait l'un des meilleurs systèmes d'identification. Les logiciels les plus performants peuvent même démasquer de faux yeux (image) ou une lentille. Seules limitations : les reflets et un nombre de problèmes qui augmente avec la distance œil-caméra.

  La voix
Cette technique est peu fiable. En effet, il est très facile de duper le système en utilisant un enregistrement. Autre limitation de taille : il faut que la qualité audio soit excellente, autrement dit, qu'il n'y ait pas de bruits de fond.

  La signature
Un dispositif comprenant une palette graphique et un stylo mesure plusieurs caractéristiques de la signature d'une personne : la vitesse d'exécution, l'ordre des pressions et des accélérations... Cette technique, une fois au point, pourrait être utilisée dans le cadre du commerce électronique.

Aujourd'hui, les techniques d'identification biométriques suscitent de plus en plus d'intérêt face à une demande de sécurité toujours croissante. Cet été, l'aéroport de Roissy a mis en place un système pilote de reconnaissance par empreintes digitales pour contrôler l'accès des personnes devant travailler en zones réservées. Les Pays-Bas, quant à eux, commencent à tester le premier passeport biométrique. Cette action répond à la décision prise par le Conseil des ministres européen de doter bientôt les passeports européens et les visas d'une puce contenant des données biométriques (empreintes digitales, iris...). Cependant, la mise en place de tels procédés est loin de faire l'unanimité et certains dénoncent les travers possibles de ces méthodes, comme l'atteinte aux libertés et aux droits des personnes.

Texte rédigé par Angélina Blais du Centre de Vulgarisation de la Connaissance, Université Paris-Sud XI, http://www.cvc.u-psud.fr