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La promotion de la criminologie
Un institut de criminologie à Rennes
Question d'environnement
La criminologie : une discipline peu valorisée en droit
Autopsie de la médecine légale
Le mort, le flic et le dentiste
Quand la biologie moléculaire s'invite aux assises
Un policier au laboratoire
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Question d'environnement

Le laboratoire de psychologie sociale présent sur le campus de Villejean depuis plus de dix ans est une autre composante de l'Institut de criminologie nouvellement créé à l'Université Rennes 2. L'enjeu : analyser l'influence que peut avoir l'environnement de l'individu sur son comportement.

Copyright : Nathalie BlancAlain Somat, responsable du Laureps



Bien loin et bien désuète est aujourd'hui l'idée qu'il puisse exister un type anthropologique ou un gêne de la criminalité. L'approche du fait criminel est depuis plus de cinquante ans multidisciplinaire. Elle intègre des critères biologiques, psychologiques et sociaux.
Créé en 1982 à l'université Rennes 2, le laboratoire armoricain universitaire de recherche en psychologie sociale (Laureps), dirigé par Alain Somat depuis 2001, s'inclue depuis longtemps dans cette démarche, et c'est donc tout naturellement qu'il a participé à la création de l'Institut de criminologie (ICSH) initiée par le collègue de psychologie clinique : Loïck Villerbu.
"Alors que les cliniciens s'attachent à l'individu lui-même, son passé, son histoire, en psychologie sociale, nous analysons l'influence que peut avoir l'environnement sur le comportement de l'individu", explique Alain Somat.
Par exemple : comment se passe le processus de socialisation d'un individu ? Comment est-t-il inséré dans un univers social ? Possède-t-il à un groupe d'appartenance ? Si oui, quelles en sont les normes ? Mais aussi : Comment se passe l'apprentissage des règles morales ? Quel est le rôle de l'éducation ? Comment les enfants s'approprient-ils ces règles ? Existe-t-il une différence entre les délinquants et les autres par rapport à l'acquisition de ces règles ?
Tout un champ de la psychologie sociale qui donne des clés permettant de cerner un peu mieux le phénomène criminel. Mais il existe un autre champ d'étude, traité également par le Laureps, et qui entre aussi pleinement dans le cadre de la criminologie : celui de la psychologie judiciaire. Sont alors étudiées les manières dont un individu va mémoriser l'information, l'encoder, puis la traiter et la restituer. Il s'agit là des processus de mémorisation et de jugement qui vont notamment être mis en œuvre lors du recueil de témoignage, d'identification, de reconnaissance de suspects. Et on est loin d'imaginer tous les facteurs extérieurs qui peuvent nous influencer : la formation, le métier (un policier n'a par exemple pas plus de mémoire qu'une personne lambda mais aura tendance à voir des faits délictueux là où d'autres n'en voient pas) ; la presse (les jurés ont théoriquement une interdiction de consulter la presse mais chacun sait que personne ne la respecte) ; la pression, la gestion de l'émotion ; le lieu même du tribunal, l'habit des professionnels de la justice, le poids du président de séance...
Autant de sujets d'étude qui, la plupart du temps, sont décortiqués sur la base d'une demande sociale, comme l'explique Alain Somat : "Nous travaillons vraiment depuis 1995 - 96 dans une logique d'ingénierie psychosociale, c'est-à-dire dans le but d'une application de nos travaux de recherche. Nous répondons donc à des demandes émanant du ministère de l'Intérieur, du ministère de la Justice ou encore de la Police scientifique et techniques". Un état d'esprit correspondant tout à fait à celui de l'Institut de criminologie. "En effet, même si nous fonctionnons comme cela depuis plusieurs années, même si les idées du travail en interdisciplinarité ne datent pas d'hier, l'institut permet de mettre tout cela en musique, précise-t-il encore. C'est par exemple dans ce cadre que nous avons été amenés à former un professionnel de l'identification dans chacun des services régionaux de police judiciaire (SRPJ) répartis sur le territoire".

NB

Contact :
Alain Somat, tél. : 02 99 14 19 55,
alain.somat@uhb.fr Copyright : Schwartz



Le portrait robot

Par nature médiatique, le portrait robot est connu de tous, mais son utilisation est loin de faire l'unanimité. La raison : l'extrême complexité de son élaboration. L'absence de méthodologie, les limites techniques, la dépendance du témoin par rapport à l'enquêteur, et surtout la difficulté pour le témoin de retranscrire verbalement des informations perçues visuellement, d'après un souvenir..., sont quelques unes des principales difficultés recensées. Une équipe du Laureps s'est penché récemment sur la question(1), tentant de les mettre en évidence et de proposer un outil qui "permette d'optimiser le recueil des informations auprès du témoin oculaire, en tenant compte des spécificités de traitement propres aux visages". Il s'agit de l'Entretien cognitif adapté à l'élaboration de portraits robots (ECAEP).

NOTE :
(1) D'après L'identification par portrait robot peut-elle être améliorée ? Marie Annick Vazel, Alain Somat, Université de Haute Bretagne, rennes2, Laureps – CRPCC.