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La réalité virtuelle s'enracine à Brest
La réalité dépasse désormais la fiction à la pointe du Finistère. Le 10 janvier dernier, le Centre européen de réalité virtuelle (Cerv) a en effet été inauguré sur le technopôle Brest-Iroise à Plouzané. Intégrant centre de recherche, centre de transfert de technologie et centre de formation professionnelle, le Cerv, avec une cinquantaine de chercheurs et une trentaine d'étudiants, s'affiche d'ores et déjà comme un pôle de développement économique majeur pour la région.
 François Cuillandre, maire de Brest (à gauche) et
Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne (à droite).
En 1990, sous l'impulsion de Jacques Tisseau, l'Enib se dotait d'un Laboratoire d'ingénierie informatique (LI2), dont les axes de recherches ne tardèrent pas à se porter sur ce nouveau champ scientifique que fut la "réalité virtuelle". Aujourd'hui, l'idée a fait son chemin et la virtualité est devenue bien réelle pour les scientifiques finistériens.
En créant le Cerv, les chercheurs, les étudiants et les différents partenaires publics et privés qui se sont lancés dans cette aventure scientifique affichent clairement leurs ambitions : celle notamment d' "offrir à l'agglomération brestoise une opportunité de développement économique", pour reprendre les propos du maire de Brest, François Cuillandre, lors de l'inauguration des locaux de la nouvelle structure.

Ce Projet "Sécurivi" a permis de recréer un environnement virtuel, pour la formation des pompiers.
La réalité virtuelle : recherches et innovations
Seul pôle entièrement dédié à la réalité virtuelle en France, le Cerv a pour objectif de développer des concepts, des méthodes et des outils informatiques permettant de simuler de manière réaliste des interactions entre des objets virtuels et des opérateurs humains. Dans un bâtiment de 2 000 m², équipé d'un matériel informatique dernier cri, les chercheurs ont en effet désormais toute l'autonomie nécessaire pour peaufiner les projets qu'ils réalisent en collaboration avec différents partenaires publics et privés. "Le Cerv est composé de quatre équipes de chercheurs et de doctorants qui planchent actuellement sur différents projets pour étudier la complexité des systèmes de réalité virtuelle, explique Jacques Tisseau, le directeur du Cerv. Parmi ces recherches, on trouve par exemple un projet sur la modélisation de la coagulation du sang, mené en partenariat avec l'entreprise Diagnostica Stago et le CHU de Brest. Ce travail permet de tester "virtuellement" l'efficacité des molécules, réduisant ainsi à la fois les coûts et les risques. On travaille également avec GIAT industrie pour assurer la formation virtuelle à la maintenance opérationnelle de véhicules comme le Char Leclerc par exemple. Et pour montrer que nos projets sont accessibles à tous, nous avons également élaboré une "école virtuelle" avec l'aide d'écoliers finistériens, russes, marocains et japonais" .

La coagulation du sang.
La réalité virtuel permet de procéder à des expériences plus rapides et moins dangereuses pour les patients.
Une structure de recherche pluridisciplinaire
L'autre originalité du Cerv reste certainement sa vocation pluridisciplinaire, qui facilite les passerelles entre le monde de la recherche et celui des milieux industriels. Ingénieurs informaticiens, biologistes ou encore psychologues se côtoient ainsi dans cette nouvelle structure de recherche. On compte actuellement au Cerv 26 enseignants-chercheurs titulaires de l'Université de Bretagne occidentale (UBO) et de l'Enib, 18 contractuels et une trentaine d'étudiants de l'Enib ou de Master recherche. Une diversité scientifique qui donne aujourd'hui du sens à la réalité virtuelle. Et comme le rappelle Jacques Tisseau : "L'ambition de notre démarche autour de la réalité virtuelle est en effet de faire avancer les enjeux de société, en remettant systématiquement l'homme au centre de nos préoccupations. Les compétences multiples de nos équipes de recherche permettent d'y parvenir".
CB

Contact :
Cerv, tél. 02 98 05 89 89,
www.cerv.fr
Le virtuel au service des marins non-voyants
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Carte marine tactile sur papier actualisée manuellement
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Carte marine numérique actualisée automatiquement
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Parmi les applications pratiques que se propose de réaliser le Cerv, il est des projets novateurs, dont les débouchés apparaissant comme porteurs d'espoirs pour de nombreux usagers. Parmi ceux-ci, on trouve par exemple le projet de thèse de Mathieu Simonnet, un jeune doctorant, issu de la filière Staps de l'UBO de Brest, qui a intégré le Cerv en septembre 2004 :
"J'appartiens à l'équipe de psychologues de l'ASAP qui travaille depuis deux ans avec des chercheurs du Cerv, explique Mathieu Simonnet. La démarche générale de cette équipe est d'aider les ingénieurs à modéliser des agents virtuels pour les rendre les plus humains possibles. L'objet de ma thèse, qui est financée par l'entreprise parisienne CECIAA, est d'essayer de définir quelles sont les informations tactiles et auditives qui entrent en jeu dans l'élaboration d'une carte de navigation virtuelle".
Pour offrir la possibilité aux personnes déficientes visuelles navigantes d'utiliser des cartes tactiles virtuelles où la position de leur bateau sera actualisée par GPS, Mathieu Simonnet, en collaboration avec un ingénieur informatique de l'Enib, multiplie donc les tests dans les locaux du Cerv : "Nous tentons de mettre en adéquation les logiciels informatiques et les personnes aveugles grâce à une interface haptique qui renvoie à l'usager des pressions de résistance comme s'il touchait un objet réel".
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