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2e édition du colloque
Humains les Hommes ?
Des antennes qui tournent rond
Comment accepterez-vous de (vous) conduire demain ?
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Comment accepterez-vous
de (vous) conduire demain ?

Quand l'acceptabilité
dicte la technique

Arcos, l'Action de recherche pour une conduite sécurisée vient de toucher à sa fin. Cette étude, financée par l'État français, avait comme originalité de conduire en même temps que des recherches sur des thèmes technologiques, des études d'acceptabilité économique, juridique et sociale. Une équipe de l'Université Rennes 2 était impliquée. Détails.

Alors que des chercheurs de l'IETR planchent sur la mise au point d'antennes pour la communication entre véhicules en s'inquiétant de l'accueil que vont faire les conducteurs de cette technologiue (voir page ci-contre), non loin de là de l'autre côté de la ville, une équipe de l'Université Rennes 2 étudie l'acceptabilité sociale de systèmes d'aide à la conduite dans le cadre d'un tout autre projet... Mettre au point des appareils technologiques pour : gérer les distances entre véhicules, prévenir les collisions et les sorties de route, ou encore alerter les véhicules en amont d'incidents ou d'accidents, tels étaient en effet les objectifs d'Arcos, une action de recherche fédérative préconcurrentielle lancée en 2000 par l'État dans le cadre des actions pour la sécurité routière, et qui vient de prendre fin.
"C'est une chose rare mais Arcos a eu ceci d'original d'intégrer d'emblée,
parallèlement aux recherches en sciences de l'ingénieur, les notions d'acceptabilité économique, juridique et sociale
, explique Alain Somat, le directeur du Laboratoire armoricain de recherche en psychologie sociale (Laureps), de l'Université Rennes 2, qui s'est d'ailleurs vu confier cette partie sur l'acceptabilité sociale des technologies d'aides à la conduite. Savez-vous que dans un accident sur deux la ceinture de sécurité n'est encore pas accrochée ?", poursuit celui-ci pour illustrer le fait qu'une technologie, aussi simple et utile soit-elle, ne servira à rien si elle n'est pas d'abord acceptée par les utilisateurs. Une acceptabilité d'autant plus urgente à déterminer dans Arcos, que la sécurité de chacun est en jeu. "Mais cela ne se limite pas à demander aux gens s'ils trouvent bien telle ou telle chose ! C'est beaucoup plus compliqué que cela !" Et l'on entre alors dans le champ de l'acceptabilité sociale, c'est-à-dire la détermination de l'influence que va avoir le jugement des gens à l'égard de l'utilisation d'un objet ou d'une technique, dans un groupe d'appartenance sociale. Plus concrètement : comment va être perçu dans votre entourage le fait que vous utilisiez un système d'assistance à la conduite ? Serez-vous considéré (e) comme quelqu'un de prudent ? De peureux ? Ne sachant pas conduire ? Cette méthodologie qui consiste à utiliser le jugement de l'utilisateur est un grand classique de la psychologie sociale.

Auto macho ?

Dans le cadre du projet Arcos, on a meme demandé à des personnes de juger des individus conduisant un véhicule équipé d'un système d'aide à la conduite. 8 films de 2 minutes chacun ont en fait été réalisés : 4 situations de contrôle (plus ou moins fort) ont été testées par un homme et une femme. Résultat : une personne qui laisse le contrôle de son véhicule au système est très mal perçue et ce d'autant plus que c'est un homme qui juge ! Et encore plus quand un homme juge un autre homme... Conclusion, au-delà de certaines considérations machistes : les systèmes d'aide à la conduite doivent laisser au sujet le choix d'utiliser ou non la technologie ; en d'autres termes : ils doivent laisser à l'individu la liberté de perdre le contrôle.

Les SHS à la rescousse

"Il existe en ce moment un gros intérêt des ingénieurs pour les sciences humaines et sociales", se réjouit Alain Somat qui ne s'explique pour autant pas les raisons de ce nouvel engouement. Est-ce le fait que la technique permette de plus en plus de choses et ne soit plus un frein à la réalisation de nos rêves les plus fous ? Est-ce encore la pression de l'acceptabilité sociale devenue aujourd'hui tellement importante qu'on ne fait plus rien qui ne soit pas bien vu par les voisins ? Quoi qu'il en soit le fait de mener en parallèle des études de faisabilité technique et d'acceptabilité paraît tout à fait logique et censé et devrait éviter bien des gâchis.
Que les chercheurs de l'IETR travaillant sur le projet de routes et véhicules communicants se rassurent, ils auront les réponses à leurs questions sur l'acceptabilité.

NB

Contact :
Alain Somat, tél. : 02 99 14 19 55,
alain.somat@uhb.fr

Copyright : DR


On a demandé à des personnes de juger des individus conduisant nun véhicule équipé d'un système d'aide à la conduite.
Les films se présentaient de la façon suivante : En haut à gauche de l'écran : le visage de la personne conduisant ; dessous : les pédales d'accélérateur et de frein que le conducteur actionnait ou non ; en bas à droite : une vue extérieure permettant au participant d'évaluer la distance séparant les deux véhicules ; en haut à droite deux plans différents se succédaient : la vision du conducteur ou l'interface graphique du dispositif.

 

Evaluation du dispositif - dans une expérience de gestion des interdistances
Les systèmes de conduite fortement contrôlés (modes régulé et limité) apportent peu de confort et pas de plaisir aux conducteurs. Ceux-ci préfèrent les systèmes dans lesquels ils gardent le contrôle (modes avertissement et instrumenté) et en lesquels ils ont le plus confiance.

 

 

Sentiment de contrôle
Le sentiment de contrôle du conducteur est logiquement beaucoup plus fort dans les systèmes où il peut prendre la main (modes avertissement et instrumenté).