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Télémédecine, téléassistance et télérelation N'oublions pas le côté humain !
Télémédecine à domicile les expérimentations Altermed
Améliorer la continuité des soins médicaux grâce à des technologies alternatives d'accès à l'Internet haut débit, tel était l'objectif initial d'Altermed, un projet coordonné par le Club des acteurs de télémédecine (Catel), basé à Vannes. Passées les phases de test, l'expérimentation "grandeur nature" est aujourd'hui en cours. Récit.
 Expérimentation sur l'île de Houat, le 13 décembre dernier : la parabole de gauche est tournée vers Belle-Ile (15 km) et celle du centre est tournée vers Vannes (20 km).
Altermed comprend deux volets : le premier : "Altermed patient à domicile" correspond à un service de téléconsultation qui permet de relier un patient hospitalisé à domicile avec son centre de soins ; le second "Altermed hôpital local" est un système de téléexpertise visant à assurer un lien entre des établissements ou des postes de soins éloignés, ce qui est notamment le cas dans le Morbihan, entre le Centre hospitalier de Bretagne atlantique ou la clinique Océane, à Vannes, et le médecin ou l'infirmière des îles de Houat et Hoëdic. Or Altermed n'a pas lieu en Bretagne par hasard. Parmi les régions pilotes en termes de télémédecine, grâce notamment au dynamisme du Catel, la Bretagne est technologiquement à la pointe. Elle bénéficie, par exemple, déjà du réseau câblé haut débit Mégalis(1), qui permet la transmission de données médicales sécurisées entre différents établissements hospitaliers. Et quand il s'agit de tester un autre type de réseau tel que le Wimax pour relier le domicile d'un patient dans un système d'hospitalisation à domicile (HAD), elle n'est pas en reste. Comme le Wifi, le Wimax est une technologie sans fil s'appuyant sur le faisceau hertzien, mais dont la portée peut atteindre plusieurs dizaines de kilomètres (contre une centaine de mètres pour le Wifi). Des expérimentations ont en effet été réalisées entre Vannes et Belle-Ile, pour vérifier notamment la transmission au dessus de l'eau et par temps de pluie, et... ça marche ! Les 47 km séparant Belle-Ile de la côte ont été franchis et le crachin breton ne constitue pas un obstacle ! "Nous espérons que cette expérience, pilote en Bretagne, va montrer l'importance des technologies alternatives (en l'occurrence Wimax) pour le lancement et la pérennisation de nouveaux services à distance", se réjouit Pierre Traineau, directeur du Catel. Autre technologie alternative : celle des Courants porteurs en ligne (CPL). Quasiment au point en intérieur, car permettant de prolonger très simplement un réseau dans un bâtiment, ici le domicile du patient, la technologie "CPL Outdoor" manque encore de solutions techniques et commerciales en extérieur (voir rubrique "Comment ça marche ?"). "L'avenir, c'est la complémentarité de toutes ces technologies, poursuit-il, et Altermed en est une excellente démonstration". Et le projet comporte une autre originalité, liée à une rencontre inattendue : celle avec Anne-Briac Bili qui, après un DEA sur les aspects sociologiques de la télémédecine au Laboratoire de recherche en sciences humaines et sociologiques (Lares) de l'Université Rennes 2, envisageait de poursuivre ses travaux sur ce thème dans le cadre de sa thèse. Elle a contacté Pierre Traineau juste avant le lancement d'Altermed, au printemps 2004. "Je ne pouvais pas rêver mieux ! Commente-t-elle. Le thème même est complètement en phase avec mes travaux ; le fait que j'arrive en tout début de projet me permet de réaliser un suivi complet de l'évolution des pratiques des patients et du corps médical et, enfin, le fait que l'expérimentation ait lieu dans le Morbihan apporte une justification régionale à ma thèse qui, du coup, est financée par le Conseil régional de Bretagne !" explique-t-elle ravie. Aujourd'hui, un patient a été choisi dans le cadre d'"Altermed patient à domicile". Habitant à une dizaine de kilomètres de Vannes, il recevait la visite d'un médecin deux fois par jour. Jeune tétraplégique, il peut néanmoins bouger un doigt ce qui lui permet d'actionner un bouton ; il n'a par ailleurs aucun problème pour communiquer oralement, ce qui fait que le système de visioconférence, choisi ici, pourra lui convenir tout à fait.
 Avant de réaliser les essais sur les îles du Morbihan, des tests de distance (30 km) ont été effectués entre la point St Gildas et la pointe du Croisic en Loire Atlantique, plus faciles d'accès.
"De l'objet technique à l'objet social"
Or l'intervention de la "socio", comme on l'appelle parfois a un peu surpris les ingénieurs. "Valider les aspects techniques est évidemment très important, illustre Anne-Briac Bili, mais voir comment l'appareil va être perçu et utilisé par le patient et le corps médical ne l'est pas moins. Et c'est pourquoi je tienss absolument à être présente le jour où on l'équipe". Travailler sur le continuum acceptation – utilisation – intégration de la technologie constitue une partie importante de l'étude sociologique pour laquelle Anne-Briac Bili a prévu de faire près de 200 entretiens (patients, professionnels de santé, administrateurs, politiques, techniciens, sociologues, ...). Et les points à aborder sont nombreux : comment patients et médecins vivent-ils ce changement de pratiques ? Ou bien le fait que l'habitation (re)devienne une zone médicalisée ? Comment le médecin perçoit-il sa "mise en réseau". Le partage de ses connaissances sur le patient ? C'est un fait, les pratiques médicales ont déjà beaucoup évolué : passant d'une médecine thérapeutique, dont le but est de soigner, à une médecine diagnostique, dont la finalité est de maintenir la santé. Mais "la télémédecine ne doit évidemment pas remplacer les pratiques médicales habituelles. Elle doit garder sa fonction qui consiste à pallier des cas très particuliers. Personne n'a envie de voir les médecins se transformer en ingénieurs médicaux gestionnaires de données !" poursuit Anne-Briac Bili. Pour l'heure, un rapport de l'expérimentation Altermed doit être rendu fin mars au ministère de la Recherche (Notez qu'il ne s'agit pas encore du ministère de la santé !), qui jugera de l'intérêt de le développer. Car d'autres idées sont déjà en train d'émerger, comme celle de la valise de télémédecine qui permettrait de transmettre, toujours à distance, des facteurs physiologiques permettant une certaine prise en charge du patient depuis son domicile.
NB
Contacts : Pierre Traineau, tél. : 02 97 68 14 03, pt.catel@telemedecine.org, Anne-Briac Bili, abpro@hotmail.com
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Le projet Altermed allie des technologies complémentaires. |
NOTE : (1) Mégalis est un réseau régional qui propose des solutions de connexion à haut débit adaptées aux établissements publics et relevant de ses différentes communautés d'intérêt général en Bretagne et en Pays de la Loire. Dans chacune des régions, Mégalis est géré par un syndicat mixte regroupant les principales collectivités (Conseil régional, départements, communautés de communes...). www.megalis.org
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