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Alexander Harcourt
Le spécialiste des gorilles de montagne

Selle blanche des mâles adultes des gorilles de montagne.
Né en Afrique (Kenya), -un signe prémonitoire ?-, Alexander Harcourt commence à travailler sur les gorilles de montagne dès l'âge de 21 ans, dans le Parc des Volcans, au Zaïre, avec Dian Fossey. Depuis, il n'a jamais cessé de s'y intéresser ; sa femme Kelly est, comme lui, une spécialiste des gorilles de montagne . Mais au-delà des aspects de recherche fondamentale (anatomie fonctionnelle, reproduction, aspect social de la communication orale), le professeur Harcourt s'est aussi toujours battu pour leur conservation.
Premier conférencier accueilli le 15 mars dernier, dans le cadre de l'exposition "Gorilles" inaugurée le même jour à l'Espace des sciences, le professeur Alexander Harcourt est venu spécialement des États-Unis pour présenter au public rennais un exemple de sauvegarde des gorilles de montagne.
Car il y a urgence. Les menaces qui planent sur cet animal sont multiples : un déboisement incontrôlé (6 400 km2 de forêt, soit 1/6e de la Bretagne, disparaissent chaque année en Afrique) dû aux besoins en bois pour le chauffage, la fabrication du papier, mais dû surtout au développement de l'agriculture en Afrique ; deuxième menace : la chasse qui, même si elle n'est pas principalement dirigée contre le gorille, endommage durablement une espèce dont le développement est lent. Les conflits politiques et notamment la guerre au Rwanda sont à incriminer et enfin les maladies. Les gorilles sont en effet sensibles aux mêmes virus, bactéries et parasites que l'Homme et notre pénétration de plus en plus profonde dans leur habitat favorise la contamination entre espèces. Les récentes épidémies du virus Ebola ont également fait beaucoup de dégâts chez les primates.
Les quatre populations de gorilles vivant en Afrique centrale sont donc menacées, dont deux : les gorilles de la rivière Cross et les gorilles de montagne sont estimées en danger critique (niveau maximum dans l'échelle créée par l'union mondiale pour la conservation). Mais, comme l'explique Alexander Harcourt, la régression de ce dernier a été endiguée depuis plusieurs années grâce aux actions soutenues menées dans le Parc national des volcans. Créé dès 1926 au nord ouest du Rwanda, un tiers de la superficie de ce parc a pourtant été converti, en terres agricoles à la fin des années 60. Mais aujourd'hui, les 120 km2 sont bien préservés et parmi les aires protégées existant en Afrique centrale, cinq sont suffisamment grandes pour accueillir des gorilles.
Mais, et cela a été souligné par le professeur Harcourt, "Ce genre d'action ne peut se concrétiser qu'avec l'adhésion des populations locales au projet. Un gros travail de sensibilisation à l'animal est aussi nécessaire. Aujourd'hui par exemple, au Rwanda, les gens sont fiers du gorille et en parlent positivement". Un signe qui ne trompe pas : les pièces de monnaie rwandaises sont à l'effigie de l'animal !
NB
Contact : www.anthro.ucdavis.edu/faculty/harcourt/
 La longueur des poils des gorilles de montagne augmente avec l'altitude.
Les gorilles vus par un cinéaste
Passionné par les animaux, André Lucas se fait embaucher à la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris en 1962. Il y passe 5 ans pendant lesquels il se familiarise avec les gorilles de plaine, puis, décide de partir sur le terrain, au Rwanda, caméra de 16 mm au point, pour les observer dans leur habitat naturel.
On est en 1976 et le hasard fait qu'il rencontre une scientifique déjà sur place : Dian Fossey. Celle-ci accepte qu'il reste sur le site pour filmer. De ses 3 séjours au Rwanda en compagnie de sa femme, André Lucas rapportera photos et films (dont certains seront publiés par le National Geographic) sur les relations sociales, le régime alimentaire, les rapports de force, ... des gorilles de montagne, ainsi que plein de souvenirs. "En tant qu'observateurs, nous gardions nos distances par rapport aux gorilles. Et ce sont eux qui, une fois habitués à notre présence, sont venus fouiller dans nos poches et jouer ! Et puis, cette étape franchie, ils se sont mis à se comporter comme si on n'existait pas".
André Lucas est aujourd'hui chargé de diffusion et réalisateur pour le Muséum d'histoire naturelle.
NB
Contact :
André Lucas,
lucas@mnhn.fr

Gorilles de montagne
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