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La Bretagne est dans la course
L'Internet en pleine mutation

Yannick Skrzypacz (à gauche) et Hervé Le Goff
Le nouveau protocole Internet est en plein essor en Asie. Et l'Europe traîne la patte. À Rennes, l'Irisa et l'ENST Bretagne s'associent à travers Point6 pour apporter, tests à l'appui, une expertise Ipv6 aux industriels.
Le nouvel Internet, ou IPv6, est un protocole informatique qui va envahir l'électronique grand public, la domotique, la voiture intelligente, les téléphones mobiles ou encore les alarmes. Il se développe à grands bonds en Asie. En Chine, 25 universités seront connectées selon ce protocole d'ici la fin de l'année. Au Japon, tous les produits de Sony seront compatibles IPv6 cette année. L'Europe et les États-Unis sont en retard, excepté les militaires.
Mais pourquoi intégrer ce protocole dans ses produits ? Cet Internet est encore peu répandu et il n'y a pas encore de clients. Mais ce n'est pas si simple. "Certaines sociétés, dont les produits sont commercialisés à l'export, sont déjà obligées de développer des produits compatibles IPv6", avertit Hervé Le Goff, de l'Irisa et de Point6 . "Ces évolutions ne vont pas concerner que les télécoms !". Les sociétés françaises qui accèdent aux marchés de la défense américaine, par exemple, n'ont plus le choix : les produits doivent être certifiés IPv6.
Tests gratuits
Pour en savoir plus, les industriels et les organismes publics peuvent se tourner vers le pôle Point6, qui associe l'ENST Bretagne et l'Irisa, avec le soutien de la Région. Des expertises et des tests gratuits de conformité avec les normes IPv6 y sont possibles sur une plate-forme à l'Irisa. "Actuellement, nous sommes en contact avec une dizaine d'industriels, poursuit Hervé Le Goff. Certains se posent des questions techniques et géopolitiques sur IPv6, d'autres souhaitent déjà l'intégrer dans leurs produits" Ceux-là seront en avance. Tout comme la dizaine de SSII du bassin rennais qui collaborent avec le Celar et commencent à avoir de sérieuses compétences en IPv6.
NG
Contact :
Yannick Skrzypacz, ENST Bretagne, tél. 02 99 12 70 45,
yannick.sk@point6.net
www.point6.net
Des réseaux démultipliés
Dans le protocole IPv6, les adresses qui identifient un accès à Internet ne sont plus codées sur 32 bits (version actuelle de l'Internet), mais sur 128. Le codage actuel ne permet de créer que 4 milliards d'adresses, soit moins d'une par habitant. Or, on veut aujourd'hui avoir une adresse pour tout objet raccroché à Internet. Avec IPv6, le nombre d'adresses est beaucoup plus élevé et les problèmes de traduction d'adresses sont supprimés. De grands réseaux d'échanges d'informations peuvent alors être créés, liant facilement une infinité d'objets, qui peuvent s'autoconfigurer et interagir à distance.
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