Comment ça marche : Le surf - du pain sur la planche !

ACCUEIL > Sciences Ouest > Année 2005 > 223 > Gros plans > Comment ça marche : Le surf - du pain sur la planche !
Actualité : L'Internet en pleine mutation
Actualité : IPv6 - l'armée aux avant-postes
Actualité : Équipement médicaux - vive la connectivité !
Actualité : Le Dossier médical personnel s'écrit à Rennes
Entreprise : Niji facilite la naissance de solutions de communication unifiées
Comment ça marche : Le surf - du pain sur la planche !

 

 

Le surf
Du pain sur la planche !

Copyright : W. Augel

Les premiers surfs étaient fabriqués à partir de balsa, un bois apprécié pour sa faible densité mais difficile à travailler. Aujourd'hui, la plupart des planches sont taillées dans un pain de mousse synthétique recouvert de couches de fibre de verre et de résine. Ce procédé permet d'obtenir des planches à la fois légères et rigides, en jouant sur de nombreux paramètres. Du pain de mousse au surfboard : les grandes étapes d'une fabrication minutieuse.

Première étape dans la réalisation d'un surf : donner sa forme (shape) à la planche en découpant un pain de mousse. La mousse est en polyuréthane ou en polystyrène, des matériaux qui diffèrent par leur densité et leur présentation. D'une densité comprise entre 0,04 à 0,06, les pains de mousse en polyuréthane sont souvent préformés. De profil, ils possèdent déjà une certaine courbure appelée "rocker" que le "shapeur" peut modifier à l'aide d'un rabot. Plus légers, les pains de mousse en polystyrène sont obtenus par collage des plaques vendues dans le commerce. Pour donner à la planche son épaisseur et sa courbure, le "shapeur" doit utiliser des gabarits confectionnés à partir des mesures d'une planche modèle ou de logiciels spécialisés. La découpe du pain de polystyrène selon ces gabarits s'effectue à l'aide d'un fil à chaud (fil en cuivre dans lequel on fait passer un courant électrique).
La courbure et l'épaisseur de la planche influencent son comportement dans l'eau. Alors qu'une courbure importante diminue la portance du surf mais lui offre une plus grande réactivité, une planche plus plate sera plus rapide. Quant à l'épaisseur, elle confère à la planche sa flottabilité et se détermine donc en fonction du poids du surfer. Plus le surf est épais, mieux il flotte.
Une fois la courbure définie, le "shapeur" donne à la planche sa forme vue de dessus ("l'outline"). La longueur de la planche dépend du type de vagues qu'elle devra affronter. Plus les vagues sont petites, plus la planche devra être courte. La largeur, elle, conditionne la stabilité du surf. Plus c'est large, plus c'est stable ! D'une manière générale, un surf large à l'avant facilite la rame et le départ sur la vague alors qu'une planche plus droite sera plus nerveuse et plus rapide.
Enfin, la dernière touche à apporter dans le façonnage de la planche concerne les "rails", autrement dit la forme des bords du surf. Des rails aigus augmentent l'immersion de la planche et lui procurent une meilleure accroche dans les vagues ; des rails arrondis sont préférables lorsqu'on veut gagner en stabilité et en flottabilité.
À ce stade, la planche n'est encore qu'un morceau de mousse sculptée. Impossible de la mettre à l'eau dans cet état, elle n'y résisterait pas ! Pour la solidifier, il faut maintenant procéder à sa stratification.


La stratification : une étape importante et délicate

Il s'agit de recouvrir la planche de plusieurs couches de fibre de verre, fixées à l'aide de résine synthétique. Le nombre de couches varie selon que la solidité ou la légèreté du surf est privilégiée. Mais attention, la résine durcit rapidement (entre 10 et 40 minutes) et humidité et chaleur peuvent influencer la réaction chimique de polymérisation. Mieux vaut travailler dans un local sec dont la température ne dépasse pas 25°C.


Pose des ailerons et glaçage

Le surf est maintenant presque achevé. Il faut encore procéder à la pose des ailerons : un, deux ou trois en fonction du type de vagues surfées. Une position avancée des ailerons offre une plus grande maniabilité mais fait perdre en stabilité. La fixation inclinée des ailerons latéraux met en œuvre un effet d'ancrage (l'arrière de la planche s'enfonce dans l'eau) et augmente l'effet du rail. Ainsi, on peut jouer sur la position, l'angle et le pincement des ailerons pour donner à la planche les caractéristiques qu'on souhaite.
Un dernier ponçage ou un glaçage à la résine pour faire briller la planche, quelques touches personnelles et voilà notre surf fin prêt pour flirter avec les vagues.
Ne reste plus alors qu'à se jeter à l'eau !


Article rédigé par Sophie Fromager,
Centre de vulgarisation de la connaissance (Université Paris-Sud 11)
www.cvc.u-psud.fr