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Comment embarquer du Java,
sans fausse note...

Christelle Garreau
Les nouvelles générations demandent
aujourd'hui à leur mobile d'être bien plus q'un simple téléphone.

 
Il était une fois un homme qui avait une drôle d’idée… Ainsi pourrait commencer l’histoire de la création du centre de compétence java de Texas Instrument (T.I.) à Rennes et du partenariat exemplaire entre un groupe industriel, T.I., et un institut de recherche publique, l’Irisa. 
 
L’histoire commence en 1998, par une idée. Gérard Chauvel, le Monsieur ‘processeur’ de T.I. veut pouvoir  exécuter des applications écrites en Java sur des mobiles. Java est un langage de programmation. Ce qui est intéressant, c’est qu’une fois compilé, un programme en java fonctionne sous tous les environnements : Windows, Unix, Mac, et qu’on peut l’utiliser pour programmer toutes sortes d’applications : traitements de texte, gestionnaires de fichiers, jeux… Mais le problème est qu’il est lent, puisqu’il nécessite une étape de traduction via une machine virtuelle qui traduit le code java en code machine reconnu par le processeur, et qu’il est gourmand en énergie. Lent et gourmand, drôle d’idée donc que de vouloir l’embarquer sur un téléphone mobile…
Après avoir fait le tour des Inria succeptibles de l’épauler dans ce projet, Gérard Chauvel choisit l’équipe Aces de Michel Banâtre à l’Irisa : « nous étions des habitués des langages orientés objets (Java en est un) et des systèmes d’exploitation embarqués, explique celui-ci.  Je me souviens très bien de cette réunion. Faire une machine java virtuelle rapide et économe en énergie, ça paraissait fou. » Mais Aces s’y colle. Dès le départ la collaboration est très étroite avec T.I. « Gérard Chauvel savait que la solution ne pourrait être trouvée qu’en travaillant à la fois sur le matériel et sur les logiciels. » T.I. planche sur la partie hardware ( tout ce qui concerne le processeur) et Aces sur le soft (tout ce qui concerne les logiciels). « Pendant quatre ans, la synergie a été totale entre Aces et TI. » Des solutions sont proposées, évaluées, se traduisent par des publications, des logiciels prototypes et le dépôt de brevets.
 
Fabuleuses potentialités
 
Les évaluations terminées, reste à effectuer le transfert au monde industriel, et l’histoire de ce partenariat exemplaire pouvait s’arrêter là. Mais au fur et à mesure des recherches, chacun prend la mesure des fabuleuses potentialités offertes par ce nouveau système. On ne parle pas de révolution, mais on y pense. T.I. propose aux membres d’Aces qui ont planché sur le sujet de rejoindre la société pour poursuivre l’aventure. Tous acceptent. Ainsi naît, à Rennes, le centre de compétence java de Texas Instrument. Il compte aujourd’hui neuf personnes, et occupe des locaux spacieux dans le centre d’affaire Métropolis 2. L’histoire n’est donc pas terminée. Bien sûr, le système ne sera pas demain dans tous les portables. Il est tellement novateur que certains spécialistes en téléphonie restent perplexes. Si, comme c’est probable, les constructeurs finissent par l’adopter, les utilisateurs, eux, ne se rendront sans doute pas compte qu’ils sont passés dans une nouvelle ère de la téléphonie mobile.
 
C.G.
 

 

Contact : Jean-Loïc Delhaye, tél. 02 99 84 75 00, delhaye@irisa.fr