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L’Irisa a 30 ans

De la théorie aux nouveaux usages des technologies de l’information et de la communication

Nathalie Blanc
Claude Labit directeur de l’Irisa.

 
L’Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires - Irisa - fête cette année ses trente ans et ses vingt cinq ans de partenariat avec l’Inria* . Une nouvelle date anniversaire qui permet de suivre un domaine toujours en évolution, dans un institut dont la croissance a été forte ces dernières années. Rencontre avec Claude Labit son directeur.
 
Sciences Ouest : Qu’est-ce qui a le plus changé à l’Irisa depuis trente ans ? Pouvez-vous nous faire une photographie de l’institut à l’instant « t » ?
Claude Labit : Nous avons progressé en effectif et en visibilité. L’institut compte aujourd’hui un peu plus de 500 personnes[1]. Nous sommes de plus en plus présents au sein des programmes européens ainsi que dans des coopérations internationales. Avec de nombreux partenariats avec l’industrie et plusieurs entreprises créées ces dernières années, on peut dire que l’Irisa est devenu un acteur du développement économique.
 
S.O. : Côté recherches, celles-ci ne glissent-elles pas, depuis toutes ces années, de l’informatique « pure et dure » vers des formes plus appliquées ?
C.L. : Les fondements méthodologiques de la recherche en informatique et traitement de l’information sont bien sûr toujours au cœur de nos préoccupations, avec les théories autour des systèmes, des langages, de la théorie de l’information, du traitement du signal, et des images autour des outils de modélisation et des statistiques. Mais nous travaillons effectivement de plus en plus sur des thèmes qui exploitent ces fondements et qui se trouvent à l’interface avec d’autres disciplines. Je pense en particulier au domaine de la santé, avec des travaux en imagerie médicale ou en bioinformatique. De nouveaux thèmes sont également apparus tels la réalité virtuelle, les systèmes nomades, les grilles de calcul et évidemment toutes les recherches  qui concernent le Web.
 
S.O. : Selon vous, quels seront les sujets émergeants des dix prochaines années ?
C.L. : Au-delà des sujets essentiels liés aux télécommunications, aux images et réseaux qui resteront bien présents, je pense à toute l’informatique diffuse et enfouie, aux systèmes embarqués et nomades. Le fait qu’il y ait plus de composants logiciels et électroniques que mécaniques dans une voiture tend à se vérifier ! Et les aspects de sécurité informatique sont bien sûr critiques.
Les relations avec le domaine de l’environnement vont aussi se renforcer. Nous travaillons déjà avec des laboratoires tels que le Caren[2], avec des chercheurs en hydrologie, en géosciences, en aménagement, qui ont des besoins en calcul intensif pour des modélisations numériques à grande échelle.
Enfin, la question des usages des nouvelles technologies est aujourd’hui en plein développement. Nous ne traiterons pas de ces aspects de sciences humaines au sein même de l’Irisa, mais nous devrons les intégrer systématiquement à nos recherches.


 
*Inria : Insttitut national de recherche en informatique et en automatique.
[1] L’institut compte aujourd’hui un peu plus de 500 personnes (contre plus de 300 en 1995), dont 200 chercheurs et enseignants-chercheurs, 160 à 170 doctorants, 80 ingénieurs, techniciens et administratifs et une cinquantaine de scientifiques non permanents.
[2] Caren : Centre armoricain de recherche en environnement, basé à Rennes.


 
Propos recueillis par Nathalie Blanc