Laboratoire
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Les maladies génétiques rares
En France, décembre rime depuis 1986 avec Téléthon. Loccasion de récolter des fonds pour la recherche, et dinformer lensemble de la population sur les myopathies et les maladies génétiques rares en général. Mais savez-vous quà Rennes, des équipes de recherche réputées travaillent sur trois dentre elles ? Elles sappellent hémochromatose, syndrome MRKH[1] ou holoprosencéphalie : ce sont les noms des maladies génétiques rares étudiées à Rennes (voir ci-dessous). Mais la portée des travaux menés dépasse largement le périmètre de la ville, comme en témoigne la nomination de Rennes comme centre de référence interrégional sur les malformations embryonnaires dorigine génétique[2], depuis octobre dernier.
Pourtant, les chercheurs du CHU, du CNRS, de lInserm et de lUniversité de Rennes 1, qui mènent les recherches sur ces trois maladies, bien que tous basés sur le campus santé de Villejean et utilisant des équipements communs, nont encore que peu loccasion de travailler ensemble et se connaissent mal. Ils ne sont pas non plus vraiment connus du grand public. « Non seulement cela fait partie de notre rôle duniversitaire que de diffuser le savoir, mais en plus, les familles atteintes par une maladie génétique rare ont souvent limpression dêtre seules face à ce malheur, explique Daniel Guerrier, chargé de recherche dans lunité « génétique et développement »[3], sur le syndrome MRKH. Toute information ou même le simple fait de savoir que des chercheurs travaillent sur ce type de maladie près de chez eux peut leur apporter du réconfort ».
Première communication
Or à loccasion de la venue dune délégation de lAssociation française contre les myopathies (AFM), le 17 octobre dernier, Daniel Guerrier a réuni pour la première fois les trois équipes rennaises, ainsi que les responsables de deux équipements communs, extrêmement précieux pour la recherche biomédicale : le Centre de ressource biologique (CRB) et la plate-forme génomique. Créé en 2001, le CRB du CHU de Rennes est une structure reconnue par le ministère de le Recherche et lInserm, qui collecte, répertorie et gère des échantillons de cellules (tumeurs), de tissus, de sang, durine, selon une charte bien précise[4]. La plate-forme génomique, elle, a été mise en place, en 2002, dans le cadre du réseau Ouest-genopole[5].
« Jai été le premier impressionné par la cohérence des travaux et des équipements rennais, poursuit Daniel Guerrier.». Généticiens, gynécologues, hépatologues, informaticiens, acteurs de la recherche fondamentale et clinique, nous disposons de compétences vraiment complémentaires ».
Cette rencontre du mois doctobre est peut-être le début dune stratégie fédérative de recherche et de communication. À quand une version rennaise du Téléthon ?
NB
[1] MRKH pour syndrome de Mayer Rokitansky - Küster Hauser.
[2] Le centre de référence interrégional associe également les CHU d'Angers, Nantes, Tours, Poitiers et Brest.
[3] UMR CNRS 6061.
[4] Lire larticle « Mise en réseau des tumorothèques du grand Ouest », dans le n° 211 de Sciences Ouest juin 2004, sur www.espace-sciences.org.
[5] Lire le dossier sur les débuts de Ouest-genopole dans le n° 186 de Sciences Ouest, - mars 2002, sur www.espace-sciences.org.
6 Maia : association nationale daide aux personnes confrontées à la stérilité.www.maia.ass.org
L'hémochromatose
Lhémochromatose correspond à un dérèglement de la régulation de labsorption en fer qui se traduit par une surcharge de cet élément dans lorganisme. Elle touche cinq individus sur mille et est particulièrement fréquente en Bretagne. Le CHU de Rennes a développé des méthodes diagnostiques non agressives (RMN), participé à lélaboration de recommandations thérapeutiques, ainsi quà la promotion du dépistage de la maladie au niveau national. Il est labellisé centre national de référenced à la réflexion totale.
Contact : Yves Deugnier, tél. 02 99 28 42 97
Le syndrome MRKH
Labsence totale de trompes, dutérus et dune partie du vagin caractérise le plus souvent le syndrome MRKH . Mais cette maladie, dont lincidence est de 1/5 000 naissances féminines, peut être associée à dautres malformations rénales, osseuses ou auditives. Léquipe de recherche rennaise a créé le réseau national Pram en 2002, qui regroupe actuellement 25 praticiens hospitaliers et chercheurs ainsi que lassociation Maia6 pour centraliser toutes informations sur cette maladie et parvenir à décrypter ses origines génétiques et donc à mieux la diagnostiquer.
Contact : David Guerrier, tél. 02 23 23 46 79
Lholoprosencéphalie
Lholoprosencéphalie se caractérise par des malformations cérébrales, souvent accompagnées danomalies faciales et ophtalmologiques. Sa prévalence est de 1/16 000 (1/250 embryons). Unique centre de référence européen dans le domaine, léquipe du CHU de Rennes est à lorigine de la mise en place dune base de données, en 1998. Dabord national, lapprovisionnement de celle-ci se fait aujourdhui au niveau européen et permet didentifier une origine génétique précise dans environ 25 % des cas et daméliorer ainsi le diagnostic prénatal.
Contact : Véronique David, tél. 02 23 23 45 43, Sylvie Odent, Tél. 02 99 26 67 44
Génétique : Brest nest pas en reste
Au CHU de Brest, léquipe du professeur Ferec étudie les maladies génétiques dans différentes populations bretonnes : lhémochromatose, mais aussi la mucoviscidose, qui a deux fois plus dincidence en Bretagne quen France.
Rens. : Claude Ferec, tél. : 02 98 44 50 64, claude.ferec@univ-brest.fr
Lire larticle « Au cur des cellules » dans le n° 179 Sciences Ouest -juillet/août 2001
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