Comment ça marche ?
| ACCUEIL > Sciences Ouest > Année 2005 > 227 > Gros plans > Comment ça marche ? |
|
|
Comment ça marche? Les phares
Malgré lévolution des technologies : radiophares, radars, GPS
, les phares restent les éclaireurs de nos côtes et le dernier recours des marins lorsque leurs appareils sophistiqués connaissent des défaillances. Plein phare sur ces édifices qui jalonnent le littoral français depuis la fin du XVIIIe siècle.
Lhistoire des phares débute certainement en Méditerranée, dans lAntiquité. Dabord simples feux de bois se consumant à lair libre au sommet de falaises, puis en haut de tours spécialement construites à cet effet, tel le célèbre phare dAlexandrie situé sur lîle de Pharos, les phares ont évolué avec le mode déclairage utilisé. Ainsi, le charbon a remplacé le bois ; la lampe à huile le charbon et lélectricité la lampe à huile. Mais même si ces sources lumineuses devenaient de plus en plus intenses et de moins en moins difficiles à entretenir, il fallait une technologie capable daugmenter la portée du faisceau lumineux émis. À cette fin, on plaça la lampe à huile au centre dun réflecteur parabolique en métal. Cette technique naugmentait que très peu la portée du faisceau car le métal qui servait à le réfléchir absorbait une grande partie de lénergie émise par la lampe. Il a donc fallu donc attendre lidée lumineuse dun polytechnicien français pour voir la performance des phares saméliorer considérablement.
4,5 millions de fois plus intense
En 1821, Augustin Fresnel, ingénieur à la commission des phares, a proposé de remplacer les réflecteurs métalliques par des lentilles à échelon. Ces lentilles, dites de Fresnel, constituées dun disque central convexe (bombé vers lextérieur) entouré dune série danneaux concentriques jouant le rôle de prismes, focalisent les rayons dune source lumineuse sur un seul plan. En effet, à la sortie de la lentille, les rayons lumineux réfractés par les anneaux concentriques se trouvent parallèles les uns aux autres et se propagent le long dune direction unique. Ce procédé permet donc déclairer uniquement lhorizon en évitant la diffusion des rayons partout dans lespace et daugmenter jusquà 4,5 millions de fois lintensité du faisceau lumineux ! Il savère si performant quil équipe progressivement tous les phares du monde et se trouve encore aujourdhui à lorigine des nombreux faisceaux lumineux qui balaient notre ciel.
Un langage pour les marins
Les phares signalent des récifs ou des zones dangereuses de la côte. Mais les phares ne se contentent pas déclairer labord des côtes. Ils permettent également aux marins de se repérer. Chaque phare possède ses propres caractéristiques, sa façon bien à lui déclairer lhorizon. Certains phares émettent des feux à secteurs, cest à dire des faisceaux lumineux de couleurs différentes : rouge ou verte pour signaler les zones dangereuses, blanche pour indiquer la route à suivre. Ceux qui nenvoient quune lumière blanche, peuvent être des feux fixes (intensité lumineuse constante et identique dans toutes les directions), des feux à éclats (périodes dobscurité plus longues que les périodes déclairage), des feux isophases (temps dobscurité et déclairage identiques), ou des feux à occultation (périodes déclairage plus longues que les périodes dobscurité). Pour se repérer, il ne reste plus alors au marin quà déterminer quel type de feu léclaire, compter les durées dobscurité et de lumière et mesurer le rythme selon lequel ces durées se répètent. En se référant à son livre des feux, où tous les codes des phares sont indiqués, il découvrira le nom du phare qui léclaire et en déduira sa position par rapport à la côte. Utile si le GPS ou le radar sont en panne.
![]() Marche d'un faisceau de rayons
à travers la lentille de Fresnel. Article rédigé par Sophie Fromager, Centre de vulgarisation de la connaissance (Université Paris-Sud 11)
|



