La conciliation entre urbanisme et littoral
| ACCUEIL > Sciences Ouest > Année 2005 > 227 > Dossier du mois : le littoral, un monde à part > La conciliation entre urbanisme et littoral |
|
Le littoral sous pression Urbanisme et littoral :
une lente et délicate conciliation
Loïc Prieur
Espace rare et fortement attractif pour la construction, le littoral suscite toujours des convoitises. En France, pour clarifier les questions de lurbanisation des côtes, le législateur sest donc saisi du dossier il y a une trentaine dannées. Avocat en urbanisme à Brest, Loïc Prieur, maître de conférence à Paris IV[1] et intervenant en droit du littoral au Cedem[2], revient sur ces grandes étapes. ![]() Espace rare et fortement attractif pour la construction,
le littoral suscite toujours des convoitises Sciences Ouest : Quelle est la base de la législation autour de lurbanisation sur le littoral ?
Loïc Prieur : Dans les années 70, le constat a été fait que le littoral était un espace très rare et fortement revendiqué par des activités diverses qui étaient en compétition les unes avec les autres. À cette époque, il ny avait pas réellement de droit du littoral comme on lenvisage aujourdhui. On sintéressait uniquement au domaine public maritime, cest à dire le rivage de la mer. Mais on ne se préoccupait pas vraiment des espaces terrestres.
En 1973, un rapport a été rendu au gouvernement, préconisant la nécessité de sintéresser au littoral au delà de létroite bande de contact terre-mer, en envisageant celui-ci comme un espace dinfluences réciproques qui pouvait avoir une profondeur à lintérieur des terres.
S.O. : Cette réglementation a t-elle été immédiatement suivie deffet ?
L.P. : Plusieurs textes juridiques se sont succédés, avec des valeurs juridiques parfois incertaines. En 1976 tout dabord, avec une recommandation faites aux préfets, qui possédaient alors des compétences en matière daménagement du littoral. Ensuite, en 1979, une directive daménagement relative au littoral a été édictée, avec lapparition de la fameuse règle de la bande des 100 mètres. Il a fallu réellement attendre la loi du 3 janvier 1986, relative à laménagement, la protection et la mise en valeur du littoral pour avoir enfin un vrai texte de droit qui produise des effets certains.
S.O. : Ce texte a-t-il fait avancer durablement les choses ?
L.P. : Lélaboration de cette loi de 1986 est à replacer dans le contexte de décentralisation de lépoque : lurbanisme nest plus laffaire de lÉtat, mais incombe aux collectivités locales.
Cette loi, votée à lunanimité, va pourtant comporter des notions extrêmement vagues et des concepts très généraux. Le résultat aboutit à une loi entraînant plusieurs lectures possibles, doù sa difficulté dinterprétation ; le juge devenant le « régulateur » de lambiguïté et aussi de ses lacunes.
S.O. : Aujourdhui, de quel ordre sont les litiges ?
L.P. : Nous avons beaucoup de contentieux de particuliers, qui cherchent à préserver des intérêts privés. Il y a ceux qui ont acheté un terrain constructible, dont le permis de construire vient à être annulé ou refusé par le maire, sur le fondement de la loi littoral. Et dautres qui attaquent des permis de construire délivrés devant chez eux pour garder la vue sur la mer.
Ces temps-ci, on note également beaucoup de problèmes autour des stations dépuration. Les juges administratifs estiment quune station dépuration est une urbanisation et par conséquent, comme la loi exige une continuité de construction avec une agglomération ou un village, les collectivités doivent construire la station dans ce prolongement. Récemment, un projet de permis de construire dune station dépuration à Combrit (NDLR : Finistère Sud) a été annulé, car il ne respectait pas cette exigence.
Propos recueillis par Christophe Blanchard
[1] À lInstitut durbanisme et daménagement.
[2] Cedem : Centre de droit et déconomie de la mer, à Brest.
« Linnovation, cest du hasard ! Je nai jamais trouvé ce que je cherchais. Le professeur Jacques-Philippe Moulinoux, directeur du Groupe de recherche en thérapeutique anticancéreuse (Gretac[1]) de lUniversité de Rennes 1, lance aujourdhui une entreprise innovante, pour concevoir
des aliments. Je naurais jamais pensé créer une société et je ne suis pas nutritionniste ! Je pensais plus aux drogues anti-cancéreuses ». Le lancement de la société Nutrialys, qui produit des aliments contre le cancer et fait partie de Valorial, est le fruit dune longue histoire.
|






