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Le littoral sous pression

Ifremer et Véolia Environnement : deux spécialistes au chevet du littoral

Christophe Blanchard

Jean-Yves Prigent est le directeur de la station de la zone portuaire de Brest.

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Pour modéliser le devenir des eaux traitées destinées à être rejetées en bordure de littoral, Véolia Environnement[1] s’est rapproché de l’Ifremer. Une association récente, renforcée par la dynamique insufflée par la labellisation du Pôle Mer brestois

Christophe Blanchard

Bernard Falgas, directeur du centre opérationnel Véolia Environnement-Pays de Rennes 

 

Quelle quantité d’ammoniaque, de nitrates ou de matières organiques peut-on tolérer dans une eau destinée à être rejetée dans le milieu naturel ? Voilà une question qui préoccupe quotidiennement les responsables de Véolia Environnement pour perfectionner leurs stations d’épuration : « Quand on veut protéger le milieu naturel, on fait des stations d’épuration, explique Michel Dutang, directeur de la recherche et du développement de Véolia Environnement. Le problème est de pouvoir mesurer l’impact du rejet sur le milieu naturel. On a étudié cet impact de façon extrêmement détaillée, notamment en ce qui concerne les rejets en rivière. On a fait des modélisations des rejets qui permettent  de savoir exactement ce que devient le polluant, comment il se disperse dans le milieu, et comment il s’auto-épure ».

Croisement d’observations de terrain et de modélisation du comportement des polluants chimiques dans le milieu naturel, à base de simulations informatiques, le travail des scientifiques de Véolia Environnement a notamment débouché sur le programme « Seine Propre »[2]. Toutefois, s’il faut résoudre un chapelet d’équations complexes, d’hydraulique, de chimie et de biologie pour calculer les objectifs de qualité, cela n’est rien comparée à la complexité rencontrée dans le milieu littoral. « Une rivière constitue en effet un canal relativement simple qui coule toujours dans le même sens, confirme Michel Dutang. Par contre, dans un milieu marin complexe, avec la marée et les courants, le comportement d’un rejet est beaucoup plus difficile à appréhender, d’autant qu’au niveau du littoral, il y a des implications alimentaires qui n’existent pas au niveau des rivières ».

Pour pallier aux difficultés de l’hydraulique marine, Véolia Environnement s’est donc rapproché de spécialistes de la question : ceux de l’Ifremer. Avec la labellisation du Pôle de compétitivité Mer, en juillet dernier, l’Ifremer et Véolia[3] sont apparus comme des partenaires naturels dans ces problématiques de dispersion des eaux rejetées en mer. «L’Ifremer a une maîtrise de ce qui se passe en mer et nous de ce qui se passe sur terre, confirme Bernard Falgas, et Véolia Environnement. Partant de là, nous avons décidé de nous rapprocher pour travailler sur une modélisation commune, capable de définir le niveau de qualité acceptable que nous devons obtenir sur les rejets en mer ».

Élaborer un produit de modélisation utilisable par les politiques ou les professionnels de la mer, telle est donc l’ambition de ce projet qui, une fois finalisé, devrait également séduire des partenaires étrangers : « Avec cet outil prévisionnel, les acteurs du littoral pourront anticiper d’éventuels déversements en mer, chroniques ou accidentels, précise Bernard Falgas. Nous pourrons ensuite proposer ce produit à d’autres ports comme celui de Qingdao, en Chine, qui accueillera les épreuves nautiques des prochains Jeux Olympiques ».

 

CB



[1] Anciennement Vivendi Environnement.

[2] Programme lancé en 1994, en partenariat avec l’agence de l’eau Seine-Normandie.

[3] Avec Thales et DCN,l’ Ifremer et Véolia font partie des quatre structures porteuses du Pôle de Compétitivité Mer en Bretagne et en PACA. 

 

 
Contact : Bernard Falgas, tél. 02 99 54 65 20, bernard.falgas@generale-des-eaux.net