La coquille Saint-Jacques
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Le littoral sous pression La coquille Saint-Jacques, Si certains lisent dans le marc de café, dautres préfèrent la coquille Saint-Jacques. Cest le cas du biologiste Laurent Chauvaud, chercheur CNRS à lInstitut universitaire de la mer (IUEM) de Brest. Il a découvert que le bivalve avait la capacité de mémoriser sur sa coquille des informations liées au climat et à la pollution. Il y a dix ans, dans le cadre détudes préliminaires dun contrat de baie[1], la communauté urbaine de Brest a souhaité comprendre pourquoi le stock de coquilles Saint-Jacques sétait effondré en rade de Brest depuis 1964. Alors thésard à lIUEM, Laurent Chauvaud va ainsi être amené à sintéresser au cycle vital de lanimal : « On cherchait à savoir sil nexistait pas un endroit où le cycle de la coquille Saint-Jacques était cassé. Javais à ma charge de surveiller les post-larves, et les juvéniles. Mon collègue Yves-Marie Paulet[2] soccupait pour sa part de la vie adulte de ces mollusques ».Un anneau surnuméraire
À linstar des troncs darbres, on peut déterminer lâge des bivalves à partir des stries situées sur leur coquille. Or durant sa surveillance, le biologiste fait une première découverte, riche en conséquences : « En contrôlant la croissance des coquilles Saint-Jacques nées durant lhiver 1994, nous avons remarqué quelle était parfaite. Par contre, lors du second hiver, nous avons observé que leur croissance était inférieure à la moyenne des dix dernières années. Or des mesures de chlorophylles, associées à des analyses de détermination des espèces, nous ont montré quil y avait eu un bloom toxique[3] en 1995 ». En étudiant de plus près la coquille du mollusque, Laurent Chauvaud constate alors un anneau surnuméraire, qui coïncide avec la propagation de lalgue toxique de 1995. « On est parvenu à démontrer que ces stries étaient fabriquées quotidiennement et que la distance entre les stries correspondait à la croissance journalière. Partant de là, nous avons envisagé lidée que la coquille pouvait nous renseigner sur ce quelle avait connu par le passé, comme des pollutions par exemple ». Un passage à Bergen, en Norvège, puis à San Francisco, va permettre à Laurent Chavaud de confirmer son hypothèse.
![]() Mesures in situ de la consommation d'oxygène des
coquilles Saint-Jascques au fond de la rade de Brest
Sensible à la température
La coquille Saint-Jacques garde des traces de ce quelle mange, mais elle est également sensible aux changements de températures et au régime des vents. « Jai découvert que, selon la température de leau de mer, les isotopes stables - 16 et 18 - de loxygène se fixent en proportion différente dans le carbonate de calcium de la coquille. Les bivalves prélevés en Norvège enregistrent par exemple les « upwelling », ces remontées deaux froides commandées par les vents ».
Désormais capables de séparer les effets trophiques, dus à lalimentation, des effets thermiques, les biologistes brestois peuvent non seulement retracer lhistoire du climat dans lAtlantique grâce à certaines coquilles millénaires, mais aussi se pencher sur des phénomènes plus récents, comme les pollutions provoquées par les nitrates au cours des cinquante dernières années. « On a créé un groupe interdisciplinaire et mobile[4], capable de répondre à toutes les demandes, quelles soient très fondamentales, comme la respiration ou lallocation dénergie, ou très appliquées comme les conséquences du pétrole de lErika, ou limpact des pollutions liées à lextraction minière du nickel en Nouvelle Calédonie ».
Présente dans toutes les mers du monde, la coquille Saint-Jacques offre donc aux chercheurs, un élément danalyse in situ, une conscience animale pour réagir à certaines pratiques humaines
![]() L'agrandissement des microstries de la coquille Saint-Jacques permet de définir l'âge auquel l'animal est mort,
de connaître la température ainsi que la qualité de l'eau dans laquelle la coquille vivait.
CB
[1] Le contrat de baie avait pour but de restaurer une eau de qualité en Rade de Brest.
[2] Yves-Marie Paulet est directeur-adjoint du Laboratoire des Sciences de lEnvironnement Marin (LEMAR) de Brest.
[3] Un bloom est un développement rapide et massif dalgues.
[4] Laurent Chauvaud et une équipe du Lemar embarqueront le 27 décembre prochain sur lAstrolabe pour un périple de 2 mois sur la station Dumont dUrville, en Terre Adélie pour y effectuer des prélèvements de coquilles.
Embeddia, quel drôle de nom. « Il vient de langlais « embedded » qui veut dire intégré ou mis à lintérieur, explique Bernard Badefort, son P-DG, car nous fabriquons des composants dont la vocation est dêtre intégrés dans des puces électroniques, elles-mêmes intégrées dans des décodeurs ».
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Il y a dix ans, dans le cadre détudes préliminaires dun contrat de baie
