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Le littoral qui bouge Les blockhaus, témoins du mouvement du littoral
Comme échoué sur la plage de Dur Écu, à l’ouest de Cherbourg,
ce blockhaus constitue un repère massif de l'érosion des côtes. Géographe à l’Université de Caen, au laboratoire Géophen (géographie physique et environnement[1]), Edwige Savouret se lance en 2002 dans une étude de géomorphologie du littoral, à partir des héritages militaires de la Seconde Guerre mondiale. Mais le débarquement devient rapidement le centre de son attention. Sa thèse, actuellement en cours de rédaction, porte sur les impacts de la guerre dans l’évolution des environnements côtiers. « Les plages du débarquement de Normandie constituent un secteur de référence en la matière, explique-t-elle. En plus des travaux de fortification, les bombardements, les affrontements et le débarquement de 150 000 hommes et 20 000 véhicules ont considérablement perturbé ce littoral». 5 millions de clichés aériens historiques
Son approche méthodologique consiste à comparer des photographies aériennes prises à différentes périodes. Et les sources ne manquent pas : « Selon le centre Benson, en Angleterre, les Alliés auraient traité jusqu’à 5 millions de clichés aériens » !
Edwige Savouret fonde aussi ses conclusions sur des études de terrain en considérant notamment les blockhaus comme des témoins de l’évolution. « Sur le secteur de Gold Beach, par exemple, à l’est d’Arromanches-les-Bains, de nombreuses fortifications sont aujourd’hui effondrées sur les estrans, traduisant l’érosion. Le recul de cette plage était déjà important entre 1900 et 1944. Il pouvait atteindre 1m/an. Après la guerre, il s’est accéléré atteignant au maximum 2 m/an entre 1944 et 1955. Depuis, ce recul est nettement moins rapide puisqu’il reste inférieur à 0,5m/an en moyenne ».
L’étude d’un autre site, celui de Juno Beach, près de Courseulles-sur-Mer, est encore plus significative. Entre 1944 et 1955, la végétation a disparu sur une grande partie de la dune, soit sur environ trois hectares. Dans les années 1970, la configuration d’avant-guerre était retrouvée et, depuis, on a même assisté à un re-développement des dunes.
Des milieux perturbés par la guerre
« Le phénomène observé à Juno Beach m’a convaincue qu’il faut avoir une approche progressive pour mettre en évidence les périodes de rupture. Dans ce cas précis, l’histoire s’explique par trois périodes : 1944 -1955 correspond à l’impact de la guerre ; 1955 – 1970, à la cicatrisation, et la tendance pour le futur se dessine à partir de 1970 ». Edwige Savouret explique aussi que des stigmates sont encore bien visibles à l’heure actuelle : « Sur les plages, des brèches, creusées dans les cordons dunaires, sont héritées des percées alliées. Sur les falaises, les cratères de la célèbre Pointe du Hoc témoignent toujours de l’ampleur des bombardements : ce site reçut près de 700 tonnes de bombes et d’obus le Jour J ».
Les paysages côtiers actuels sont donc le résultat d’une évolution naturelle, avec quelquefois des ruptures d’origine anthropique comme sur les plages Normandes. Reste à savoir combien de temps encore il nous sera possible d’observer ces traces de l’Histoire, avant qu’elles ne soient définitivement effacées par la mer…
NB
Embeddia, quel drôle de nom. « Il vient de l’anglais « embedded » qui veut dire intégré ou mis à l’intérieur, explique Bernard Badefort, son P-DG, car nous fabriquons des composants dont la vocation est d’être intégrés dans des puces électroniques, elles-mêmes intégrées dans des décodeurs ». Contact : Edwige Savouret, tél. 02 31 56 63 84, edwige.savouret@unicaen.fr Les allées et venues du sable
Il s'opère en théorie une régularisation du tracé de la côte par érosion des caps et engraissement sédimentaire des anses. Ce principe est rendu possible par un transfert des sables et galets, parallèle à la côte, connu sous le nom de dérive littorale.
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