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Le littoral qui bouge La géomatique met le littoral en carte
Sur l’île d’Ouessant, des espaces jadis cultivés sont aujourd’hui laissés en friche. Résultat du mariage entre la géographie et l’informatique, la géomatique a ouvert depuis une quinzaine d’années la voie à une meilleure compréhension de cette zone si complexe à appréhender qu’est le littoral. Basée à l'Institut universitaire européen de la Mer (IUEM)[1], l'équipe Géomer, dirigée par Françoise Gourmelon, constitue la partie brestoise de l'UMR Littoral, environnement, télédétection, géomatique, qui rassemble quatre équipes de géographie dans l'Ouest de la France[2]. Si la géographie humaine et la géographie physique sont représentées dans ce laboratoire, la géomatique constitue le troisième pilier de l’entité : « La géomatique est une approche transversale des sciences de l’environnement, qui s’appuie sur des possibilités d’acquisition, de traitement, de représentation et de modélisation des données géographiques, en utilisant les ressources informatiques, précise Françoise Gourmelon. Néanmoins, l’utilisation de la géomatique et notamment des Systèmes d’information géographique (SIG), bien adaptés aux espaces strictement terrestres, est plus problématique sur le littoral. Tout d’abord car il existe peu de données, ou plus exactement un éparpillement des données disponibles. Ensuite, parce que le système côtier est complexe, avec des interfaces et des échelles multiples. Enfin les acteurs de la zone littorale sont eux-aussi nombreux et expriment des besoins des plus variés ».L’ambition de la géomatique est cependant de favoriser in fine l’aide à la décision, en matière de gestion territoriale, par la réalisation de synthèses et de simulations. « Nous faisons actuellement des relevés de terrain sur l’état de la végétation sur l’île d’Ouessant, poursuit-elle. Nous les comparons à des données plus anciennes pour réaliser des modélisation et ainsi mieux saisir les relations existant actuellement entre les dynamiques sociales (activités, usages) et les dynamiques naturelles (embroussaillement…) ».
Accessible au plus grand nombre
Un des atouts de la géomatique réside dans le fait que des résultats de recherches complexes peuvent être présentés de façon claire et parlante, sous forme de cartes. Des supports encore trop peu exploités selon Françoise Gourmelon. « Un effort de sensibilisation reste encore à faire en direction des décideurs, afin qu’ils s’approprient ces systèmes dans toutes leurs composantes, note-t-elle. Ces données géographiques pourraient aussi être rendues accessibles au plus grand nombre, chose que nous commençons déjà à faire au niveau de notre laboratoire ».
Un vœu pieu ? Il est vrai que la propriété des données scientifiques peut être une question sensible. Toutefois, la géomatique peut contribuer à faire évoluer les choses, à condition que l’ensemble des acteurs, du politique à l’utilisateur en passant par le chercheur, en ait la volonté.
CB
[1] L’équipe Géomer est membre de la fédération de recherche CNRS FR2195 de l’IUEM. [2] L’UMR CNRS 6554 LETG est répartie sur Caen, Rennes, Nantes et Brest (http://letg.univ-nantes.fr)
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