Les trésors en baie du Mont-Saint-Michel
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Le littoral qui bouge Des secrets sortis des flots
en Baie du Mont-Saint-Michel
Les pêcheries de Saint-Jean-le-Thomas prés de Granville, constituent le site le plus vieux (2000 ans av. J.-C.)
et le plus étendu de tous les sites retrouvés en baie du Mont-Saint-Michel.
Son mouvement répétitif et incessant nempêche pas la mer de nous réserver des belles surprises Depuis la fin des années 90, elle découvre des trésors en Baie du Mont Saint Michel : danciennes pêcheries, dont la plus ancienne date de 2 000 av. J.-C., sont mises à nu. Mais la mer reprend rapidement ce quelle nous a donné : il faut faire vite ! Une agréable odeur de bois nous accueille dès louverture de la porte. Le laboratoire de Vincent Bernard est rempli de sections darbres, de morceaux de troncs, de sachets décorces
Il nest pourtant ni bûcheron, ni forestier. Vincent Bernard est archéologue, et plus précisément dendrochronologue : il analyse les arbres et leurs cernes de croissance et en tire des informations sur le végétal lui-même, sur son âge à lannée ou même à la saison près, mais aussi sur les activités humaines liées au bois, comme les pratiques forestières. Le bois a en plus la particularité denregistrer les variations météorologiques et climatiques et offre ainsi la possibilité de travailler à une échelle très locale, ce qui est très intéressant pour des périodes de temps de 100 à 200 ans.10 000 ans dhistoire
Mais quest-ce qui a mené Vincent Bernard sur le littoral ? « Je suis en contact depuis plusieurs années avec Cyrille Billard, archéologue à la Drac[1] en Basse-Normandie, explique-t-il, car il existe une veille archéologique du littoral normand. Or, depuis la fin des années 90, danciennes pêcheries apparaissent en Baie du Mont-Saint-Michel grâce à lérosion. Et il faut faire vite, car elles sont détruites en quelques mois par la mer ! » Plus dune dizaine de sites se découvrent actuellement et le plus extraordinaire est quils ne sont pas tous de la même époque ! « Nous découvrons une sorte de puzzle, car les sites sont imbriqués les uns dans les autres. Cela nous fait voyager de 2000 ans av. J.-C. à lépoque moderne ».
Les pêcheries sont des édifices constitués de pieux enfoncés dans le sol, qui maintiennent des parois réalisées à partir de branches de noisetiers, de saule ou de fagots de fougères. Des pièges efficaces qui retenaient les poissons à marée descendante. Au-delà de laspect historique, lemplacement même des pêcheries intéresse les géomorphologues qui étudient la dynamique de sédimentation et la dynamique maritime.
![]() Les pieux constituant les pêcheries émergent à marée basse.
Légendes des zones humides
Vincent Bernard travaille aussi sur le littoral breton[2] à Lillemer, près de Dol-de-Bretagne (35).
En 2000, le creusement de fossés de drainage à la pelle mécanique a découvert des poteries néolithiques dans une ancienne zone de marais aujourdhui exploitée par lagriculture. Ces informations permettent aux archéologues de retracer le développement de linstallation humaine dans ce secteur. « À une époque où le niveau deau était suffisamment bas, cette zone était aussi recouverte par une forêt de chênes. Or entre les Ve et VIIe siècles, des légendes circulaient sur la date de leur submersion
Cette corrélation entre linformation scientifique et les légendes me plait beaucoup ! »
![]() NB
[1] Drac : Direction régionale des affaires culturelles
[2] Il sagit de lancienne ligne de côte au début de lholocène, il y a plus de 10 000 ans. Le site néolithique dont nous parlons ensuite est quant à lui bien plus récent (env. 4 000 av. J.-C.) et se trouvait déjà dans des marais littoraux.
Contact : Vincent Bernard, tél. : 02 23 23 55 81, vincent.bernard@univ-rennes1.fr |






Une agréable odeur de bois nous accueille dès louverture de la porte. Le laboratoire de Vincent Bernard est rempli de sections darbres, de morceaux de troncs, de sachets décorces
Il nest pourtant ni bûcheron, ni forestier. Vincent Bernard est archéologue, et plus précisément dendrochronologue : il analyse les arbres et leurs cernes de croissance et en tire des informations sur le végétal lui-même, sur son âge à lannée ou même à la saison près, mais aussi sur les activités humaines liées au bois, comme les pratiques forestières. Le bois a en plus la particularité denregistrer les variations météorologiques et climatiques et offre ainsi la possibilité de travailler à une échelle très locale, ce qui est très intéressant pour des périodes de temps de 100 à 200 ans.
