ACCUEIL > Sciences Ouest > Année 2005 > 227 > Dossier du mois : le littoral, un monde à part > André Lespagnol, historien et responsable politique
Entretiens Science et éthique
Les webtrotteurs des lycées aux entretiens
La conciliation entre urbanisme et littoral
L'Ifremer et Véolia environnement
Cartographie de la disparition de l'algue brune
La coquille Saint-Jacques
Les blockhaus, témoins du mouvement du littoral
La géomatique met le littoral en carte
Les trésors en baie du Mont-Saint-Michel
André Lespagnol, historien et responsable politique
Le Ruoa présente le projet littoral
Pour en savoir plus

 

André Lespagnol, historien et
responsable politique
« Le littoral est un grand laboratoire »

DR

Vice-président du Conseil régional de Bretagne, André Lespagnol est aussi historien. Il vient de participer à la rédaction d’un ouvrage collectif intitulé  La France, la terre et la mer, qu’il a présenté à l’ouverture des entretiens « Science et éthique » de Brest, en octobre dernier.
 
Sciences Ouest : Quelle lecture du littoral l’historien que vous êtes peut nous donner ?
Nathalie BlancAndré Lespagnol : Le littoral est une réalité complexe et sensible et cela ne date pas d’hier ! Il y a un millénaire, cette zone subissait déjà des pressions. Mais la différence, c’est qu’à cette époque, les pressions venaient de l’extérieur. La mer était en effet synonyme de danger et d’attaques qui menaçaient la population. C’est par le littoral que sont arrivés les Vikings ! Aujourd’hui, s’il existe toujours des menaces externes, comme les marées noires, le littoral est surtout soumis à des pressions venues de l’intérieur et devient un lieu de tension croissante liée aux conflits d’usage entre les diverses catégories de population qui y vivent.
 
S.O. : Ces relations changeantes entre les hommes et la mer, vous les évoquez dans un ouvrage sorti récemment ?
A.L. : Oui. Ce livre s’intitule « La France, le terre et la mer ». Il est le fruit du travail de quatorze personnes : historiens, historiens de l’art et géographes. Il balaie 1 000 ans d’histoire marquant des césures importantes, comme celle qui se produit au XIXe siècle avec la montée du « désir de rivage » qui va nourrir le développement du tourisme et les formes multiples de consommation du littoral.
 
S.O. : Et aujourd’hui, quel est votre regard d’homme politique sur ce littoral ?
A.L. : C’est d’abord un beau terrain de réflexion et de recherche. Un grand laboratoire ouvert aussi bien aux sciences humaines et sociales qu’à la biologie et aux sciences de l’environnement. Il est porteur d’activités, de dynamisme, et fait l’objet de nombreux débats – à Saint-Malo en 2004, en juin dernier pour les cent ans de l’École d’architecture de Bretagne, il y a quelques semaines au cours des entretiens de Brest -, dans lesquels la Région est à chaque fois partie prenante. Au niveau recherche, nous soutenons financièrement tous les travaux qui abordent cette thématique, que ce soit le repérage du patrimoine culturel maritime, la biologie marine, l’environnement…Soulignons aussi que le littoral est un espace porteur de développement pour l’avenir, avec de nombreux secteurs d’activités innovantes qui pourraient, espérons-le, bénéficier de la labellisation récente du pôle de compétitivité Mer Bretagne.
 
Propos recueillis par Nathalie Blanc