Le virtuel accessible à tous

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avril 2008
VIRTUEL
DCNS utilise le logiciel de réalité virtuelle du Cerv pour simuler les manœuvres à effectuer sur un porte-avions.
© Cerv

Un logiciel simplifié crée des réalités virtuelles, où les bulles remplacent les informaticiens.

Les environnements virtuels sont plutôt simples d’utilisation pour les usagers. Il suffit de se plonger dedans et d’y agir comme dans le monde réel. Leur conception, à l’inverse, reste un problème délicat. “Écrire” une réalité virtuelle nécessite un langage complexe, où les mots sont des symboles et la grammaire des algorithmes. Pour parer à ce problème, le Centre européen de réalité virtuelle (Cerv) a mis au point une application, baptisée Mascaret(1), capable de générer des réalités virtuelles à partir de schémas simples.

Depuis septembre 2007, ce logiciel est utilisé par DCNS(2) pour tester la conception d’un nouveau porte-avions. C’est l’aboutissement de quatre ans de collaboration avec le Cerv. « Les experts de DCNS voulaient tester beaucoup de paramètres en peu de temps, explique Ronan Querrec, enseignantchercheur au Cerv. Or, en utilisant du codage informatique, le moindre changement dans la géométrie du bâtiment ou dans le comportement des agents sur le pont aurait demandé plus de deux mois de travail. Et l’intervention d’un informaticien ! »

Encore plus simple d’utilisation

Le logiciel Mascaret comprend un langage simplifié, le langage UML, composé, entre autres, de “bulles” dans lesquelles les actions sont inscrites et de flèches pour signifier les enchaînements. Le personnel de DCNS peut l’utiliser sans difficultés. « Mascaret comprend ces schémas car derrière chaque signe se cache un sens bien précis, qu’il interprète directement, précise Ronan Querrec. Il ne les traduit pas en code informatique. » Ce qui lui permet de s’adapter à n’importe quelle application, pour peu qu’elle soit décomposable en des successions d’actions précises.

Et le projet se poursuit pour rendre l’application Mascaret encore plus simple d’utilisation, qu’elle devienne notamment compatible avec des logiciels de création de réalités virtuelles autres que ceux développés au Cerv. De Mascaret à Solipsis, les logiciels cherchent aujourd’hui à faire sortir la réalité virtuelle des laboratoires d’informatique.

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Céline DUGUEY

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