Le virtuel collaboratif

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avril 2008
VIRTUEL
Solipsis est un Second Life à la française qui fonctionne sans serveur dédié et dont les codes sources sont accessibles.
© Artefacto

Solipsis est à la fois un défi technique pour les chercheurs et une nouvelle pratique pour les utilisateurs.

En avril, s’ouvre un nouvel univers virtuel. Il est réservé, dans un premier temps, aux initiés, avant d’être accessible aux internautes. Dans Solipsis, l’utilisateur peut passer d’un monde dédié aux échanges (type Second Life) à un autre consacré au jeu (type World of Warcraft) ou encore un troisième réservé à l’information (type Google Earth).
« L’intérêt est de regrouper divers usages », souligne Romain Piegay, porteur du projet pour Orange Labs, le service Recherche et développement de France Télécom.

« Le personnage que l’utilisateur aura choisi pour se représenter sera le même dans chaque monde. » Et, quelles que soient ses compétences graphiques et informatiques, l’utilisateur pourra le créer lui-même grâce à des outils mis à sa disposition. « Néophytes et professionnels doivent pouvoir s’approprier cet univers et en créer les contenus, précise le concepteur. À terme, pour rouler en décapotable rouge, il ne sera pas nécessaire de dessiner ni de modéliser en 3D sa voiture. Il suffira de la demander. Un programme informatique la fera apparaître », assure Romain Piegay. Dommage que ce ne soit pas aussi simple dans le monde réel !

Solipsis sera accessible depuis Internet et les sites et blogs seront consultables depuis cet univers. « On pourra projeter son site sur le sol, un vêtement ou sur toute autre surface. À l’inverse, sur son blog on pourra afficher une fenêtre pour que le visiteur visualise ou entre directement dans l’univers Solipsis », se projette Romain Piegay.

Un univers décentralisé

Côté technique, la nouveauté c’est que les programmes et données ne sont pas stockés sur des serveurs, comme c’est généralement le cas, mais répartis sur les ordinateurs des utilisateurs. Ce monde virtuel est, en quelque sorte, décentralisé. L’intérêt est double. Le programme s’affranchit des contraintes matérielles et donc financières que représentent les serveurs. Et, surtout, il n’est plus limité à leurs capacités.

Enfin, Solipsis est collaboratif, c’est-à-dire que chacun, en fonction de ses compétences, peut faire évoluer les programmes et donc les mondes. On est dans la logique de l’“open source”. Les utilisateurs peuvent devenir contributeurs, sous réserve de s’y connaître, un minimum, en informatique. Les codes sources sont accessibles dès ce mois via le portail de Solipsis.

Pour pouvoir développer toutes ces innovations, Orange Labs s’est entouré de spécialistes, en l’occurrence rennais : Artefacto, Archividéo, l’Irisa et le Laboratoire d’anthropologie et de sociologie (Las) de l’Université Rennes2. Le projet est financé par l’Agence nationale de la recherche et labellisé par le pôle Images et Réseaux. Il devrait s’achever, en juin 2009, mais les chercheurs donnent rendez-vous aux curieux dès septembre, pour découvrir ce nouvel univers, qui pourrait sembler d’une autre dimension. 

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Michèle LE GOFF

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