L'épreuve par 7

Jean-Marie Lehn

Jean-Marie Lehn
, 72 ans
Prix Nobel de chimie, spécialiste de la chimie supramoléculaire
Le professeur émérite de l’université de Strasbourg et parrain de l’édition 2011 du Prix Bretagne jeune chercheur a été interviewé par téléphone par Nathalie Blanc.
« Il n’y a pas d’inconnaissable ; il n’y a que de l’inconnu. »
© DR
1
Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?
Je ne sais pas rien d’autre ! En même temps je n’ai pris conscience de l’existence du métier de chercheur qu’à la fin de mes études secondaires. J’ai d’abord voulu faire des études de philosophie, puis à la fin de ma première année à l’université, j’étais intéressé par la chimie et par la biologie.
2
Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?
Hier encore, j’ai trouvé de nouvelles idées de développement pour mes recherches. Il faut sans cesse chercher pour trouver...
3
Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?
Comme l’a si bien dit Pasteur : le hasard ne profite qu’aux esprits préparés. Alors, oui bien sûr, le hasard m’a déjà aidé : dans mes lectures, mes rencontres. Tout à coup, il nous permet de mettre en contact deux idées jusque-là séparées ! On feuillette une revue et tombe sur quelque chose qu’on n’avait pas cherché, mais qui suggère une nouvelle idée originale.
4
Qu’avez-vous perdu ?
Un bouton... !
5
Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?
Rien. Tout ce qui est trouvable doit être trouvé. Tout. Il n’y a pas d’inconnaissable ; il n’y a que de l’inconnu...
6
Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?
Être à plusieurs endroits en même temps serait fort intéressant et fort utile.
7
Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?
Mettre en œuvre la pensée scientifique et rationnelle est la seule manière d’avancer, pour démêler les questions qui nous entourent, pour comprendre un jour comment l’évolution de l’Univers a pu générer un organisme pensant.