Un prototype ramasse les algues en mer
Le ramassage des algues vertes en mer ouvre de nouvelles perspectives de valorisation de ces végétaux mal considérés.
Pas vendeuse la crème pour le visage aux algues vertes ? Pourtant, avant de s’échouer sur les plages, de se transformer en tas nauséabonds gênants pour les riverains et repoussants pour les baigneurs, jusqu’à devenir un danger pour la santé dans certaines conditions, les algues vertes sont des végétaux. Et même des végétaux chimiquement intéressants. Cela ne fait plus aucun doute : il faut les ramasser avant qu’elles ne s’échouent.
« On a tout à y gagner, relève Jean-François Sassi, ingénieur au Centre d’étude et de valorisation des algues (Ceva). Outre le fait qu’elles sont alors fraîches et non sableuses, les ramasser en mer fait disparaître la source des échouages, permet d’intervenir avant la période estivale et aussi de ne pas endommager les plages. » La recherche de techniques efficaces de ramassage a été relancée dans le cadre du Plan algues vertes (lire) et des tests ont déjà eu lieu à Saint-Michel-en-Grève (22) (lire ci-dessous).
Des algues à la place du pétrole
« Une fois que ce levier aura sauté, les pistes de valorisation d’algues vertes fraîches sont nombreuses, reprend Jean-François Sassi. Car les ulves ont une qualité : elles poussent vite et génèrent rapidement une biomasse riche en molécules d’intérêt. Et une fois séchées ou stabilisées avec de la tourbe ou de la paille, on peut les transporter facilement. Une bonne façon d’exporter un peu d’azote breton ! Je crois beaucoup à leur devenir dans le secteur de la chimie du végétal, en remplacement de la pétrochimie. » Le Ceva a étudié plusieurs filières de valorisation envisageables, notamment dans la région. Dès les années 80, des essais(1) ont, par exemple, montré le potentiel des algues en aviculture : elles ont un bel effet sur la couleur du jaune d’œuf et peuvent remplacer avantageusement le calcium minéral donné en supplément aux poules pour renforcer les coquilles ; dans la filière papier-carton qui accepte sans problème la biomasse humide, il est possible d’intégrer 50% d’algues pour fabriquer des emballages en cellulose moulée.
Aujourd’hui, les algues sont déjà utilisées avec succès pour le compostage(2) (où elles sont mélangées avec ¾ de déchets ligneux), et la nutrition animale. En partenariat avec l’IUT de Saint-Brieuc, le Ceva travaille en ce moment avec la société Fertil (Vosges), qui fabrique des godets en tourbe pour l’horticulture. Y intégrer des algues constitue un apport nutritif complet qui évite d’ajouter de l’engrais aux plantes. Un brevet a été déposé(3).
D’autres pistes consistent à hydrolyser les algues pour en tirer des sous-produits tels que des protéines et des sucres. C’est ce que fait la société Olmix, qui connaît bien les ulves et les utilise depuis le début des années 2000 pour la santé animale(4), dans le cadre du projet Ulvans(5), débuté en janvier 2012.
Coupées en petits morceaux
« Nous travaillons avec le laboratoire des matériaux de l’Université de Bretagne Sud sur la recherche d’enzymes capables de découper l’algue à des endroits précis, explique Sébastien Balusson, responsable du projet. Nous cherchons à isoler les polysaccharides sulfatés, les ulvanes, intéressants car ils augmentent la fonction immunitaire de l’animal. Nous nous donnons quatre ans pour y arriver. » De leur côté, les ingénieurs du Ceva ont isolé, en 2010, une nouvelle bactérie marine productrice d’enzymes qui donne de très bons résultats(6) (7). « Nous avons réussi à la produire à l’échelle semi-industrielle et aujourd’hui le procédé de dépolymérisation des ulvanes est au point », reprend Jean-François Sassi. Il ne reste plus qu’à développer les filières en ayant conscience des limites de la disponibilité et de la pérennité de la ressource... Si le phénomène des marées vertes était enrayé, nous retrouverions-nous à cultiver les ulves tant détestées ?
(1)Valorisation de l’algue Ulva lactuca par incorporation dans les formules alimentaires de la poule pondeuse. Rapport d’étude Ceva, 1984.
(2)Une usine de compostage des algues vertes sera mise en service à Fouesnant (29) en 2013.
(3)“Matériau biodégradable d’intérêt agronomique”, Brevet européen EP2096093.
(4)En 2002, le groupe Olmix a breveté un mélange d’argile et d’ulves (Amadéite), utilisé comme complément dans l’alimentation animale.
(5)Projet mené en consortium et labellisé par le pôle de compétitivité Mer Bretagne.
(6)Travaux effectués avec un industriel de la cosmétologie (Bio Europe) et les chercheurs de la Station biologique de Roscoff pour le projet Ulvoligo. Lire “Des algues dans la peau” dans Sciences Ouest n°268 - septembre 2009.
(7)“Ulvane lyase, procédé de fabrication et utilisations”, brevet mondial WO2011157966.
Jean-François Sassi Tél. 02 96 22 84 39
jean-francois.sassi@ceva.fr
Sébastien Balusson Tél. 02 97 38 81 03
sbalusson@olmix.com











Commentaires
pourquoi de la publicité
pourquoi de la publicité gratuite pour un seul des constructeurs c'est discriminatoire??
C
Quels sont les autres constructeurs??
Cette machine est un
Cette machine est un prototype, construit par cette société suite à un appel d'offres. Il n'en existe pas d'autres pour le moment.
[ La rédaction ]
Faux D'autres prototypes ont
Faux
D'autres prototypes ont été expérimentés, pouvez vous vous renseigner plus precisément ?
Nous avons parlé dans
Nous avons parlé dans l'article du prototype qui a été retenu en phase finale de l'appel d'offres lancé dans le cadre du plan algues vertes et suivi par le Centre d'étude et de valorisation des algues.
Si vous en connaissez d'autres, vous pouvez en parler et donner les références.
La rédaction.
ramassage des algues vertes
Vos informations sont fausses.
3 machines ont été retenues et non une seule comme vous le dites .
Il s'agit d'Axinor
de Poletto pour Aquamarine et Yves Le Dorff Pour LD system
La moins onéreuse est celle de Le Dorff . Elle ramasse 25 tonnes d'algues à l'heure et aurait un prix de revient du prix de la machine Axinor
Le ceva peut le confirmer ainsi que Lannion Tregor Agglo