Qu’est-ce qu’une huître triploïde ?

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novembre 2013
les huîtres

Comme l’espèce humaine et bon nombre d’êtres vivants, les huîtres sont normalement diploïdes : elles contiennent deux jeux de chromosomes.

Créées artificiellement, les huîtres triploïdes en contiennent trois, ce qui les empêche de se reproduire. Cette particularité a séduit de nombreux ostréiculteurs qui y trouvent un double bénéfice. Comme leur énergie ne sert pas à la reproduction mais exclusivement à leur développement, leur cycle de production est de deux ans au lieu de trois. Le deuxième avantage est qu’elles ne sont pas laiteuses en été. Cela les rend “plus alléchantes” pour les consommateurs et ouvre des marchés estivaux au plus fort de la fréquentation touristique, évitant que la saison de vente ne soit trop centrée sur la fin de l’année.

L’Ifremer a contribué au lancement de la production au début des années 2000, puis, en 2007, a déposé un brevet intitulé “Obtention de mollusques bivalves tétraploïdes à partir de géniteurs diploïdes” qui porte notamment sur les huîtres et les moules. Car ce sont les souches à quatre jeux d’ADN, fertiles, qui, par croisement avec des souches diploïdes, génèrent des triploïdes. Les huîtres triploïdes ne sont pas des OGM, leur patrimoine génétique n’étant pas affecté. L’Ifremer gère en exclusivité un cheptel de 150 géniteurs tétraploïdes, qui reste confiné dans son laboratoire de La Tremblade (Charente-Maritime). Ces géniteurs sont mis à la disposition des écloseurs pour effectuer les croisements.

« Notre production est triploïde pour 80 %, tout simplement parce que la demande est là, constate Stéphane Angeri, patron de l’écloserie Vendée Naissain. Nous savons que 90 % des ostréiculteurs ont élevé de l’huître triploïde ou en ont acheté. »

Ceux des ostréiculteurs qui se méfient des écloseries affirment que les triploïdes ne seraient pas totalement stériles, ce qui présenterait un risque. Parmi les opposants, les adhérents de l’association Ostréiculteur traditionnel font la promotion de la marque “Huîtres nées en mer”. Cette mouvance est proche de l’ONG(1) Slow Food, qui refuse les biotechnologies.

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Jacques LE MEUR

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