Peut-on détourner un astéroïde ?
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Quel est le point commun entre Bruce Willis et la mission DART ? Sauver la planète !
Le 31 juillet, c’est la journée internationale des astéroïdes. L’occasion de s’intéresser à ces objets célestes et aux missions qui leur sont vouées.
Les amateurs de science-fiction ne pourront pas s’empêcher de penser au film Armageddon où il est question de faire exploser un astéroïde menaçant la Terre. Les astéroïdes sont les restes de la formation des planètes, inchangés depuis 4.5 milliards d’années, date à laquelle le Système solaire est né. Un peu comme des briques primitives, témoins de nos origines.
La plupart se trouvent dans la ceinture d’astéroïdes, entre les planètes Mars et Jupiter. D’autres, notamment les géocroiseurs, se promènent dans le Système solaire. Et sont une menace potentielle pour notre planète. D’où l’idée de réfléchir à des solutions de défense planétaire.
La mission DART : crash test
Avec la mission DART, la NASA (l’Agence Spatiale Américaine) a transformé la science-fiction en mission scientifique. Elle a eu lieu en septembre 2022. L’objectif ? Tenter de modifier la trajectoire et la vitesse d’un astéroïde, dans le but de répondre à une question : peut-on détourner un objet qui menacerait la Terre ?
On est loin d’un scénario à la Armageddon ou à la Deep Impact… quoi que !

Certains diront que la meilleure défense est l’attaque ! DART s’est donc écrasée sur Dimorphos (Didymoon pour les intimes), une mini lune de l’astéroïde Didymos. Pas de panique, il s’agissait d’une mission test ; aucun astéroïde ne menaçait l’Humanité.

Photo de Dimorphos, prise juste avant l'impact avec DART
La sonde de 0.61 tonne est entrée en contact avec Dimorphos, 4.8 millions de tonnes pour un diamètre d’environ 160m. Et le résultat a été beaucoup plus spectaculaire qu’attendu. La NASA visait une réduction du temps de révolution de Dimorphos autour de Didymos de 1min. Elle a été de 32min. La mission a donc été un franc succès. D’autres observations ont montré que l’impact a également modifié la trajectoire du couple Dimorphos / Didymos autour du Soleil.
La mission HERA : observations in situ
Même si cette mission a été initiée par la NASA, d’autres agences spatiales ont pu y participer. C’est notamment le cas de l’ESA (l’Agence Spatiale Européenne). La mission européenne HERA est en route pour aller observer les conséquences de l’impact de DART. La sonde devrait arriver à proximité de Dydimoon en décembre 2026, pour le début des manœuvres d’insertion autour de l’astéroïde ; l’objectif étant d’étudier au plus près Dimorphos (masse, composition) et de cartographier sa surface.

HERA larguera également 2 petites sondes CubeSats (satellite artificiel cubique, de très petite taille), JUVENTAS et MILANI pour des observations encore plus rapprochées. JUVENTAS devrait même tenter de se poser sur l’astéroïde en juin 2027. Cette mission vient compléter la mission DART et permettra aussi d’en apprendre davantage sur la formation et l’évolution des astéroïdes.
Réelle menace ?
Ces missions montrent qu’il est possible de dévier la trajectoire d’un astéroïde mais il faut espérer que ça ne soit jamais utile. Le risque de collision est très limité, mais non nul. Rappelons qu’un astéroïde a participé à l’extinction des grands dinosaures, il y a environ 66 millions d’années.
Tous les jours, des tonnes d’objets célestes tombent sur Terre et le risque d’une collision entre notre planète bleue et un astéroïde de plus de 10km de diamètre est estimé à 1 fois tous les 100 millions d’années.
Les astronomes suivent de très près la trajectoire des astéroïdes, notamment ceux jugés comme potentiellement dangereux. Le nom d’Apophis est souvent revenu comme l’astéroïde le plus dangereux. Classé 4 sur l’échelle de Turin (échelle qui classe le risque d’impact), il a été rétrogradé au niveau 0 suite à la multiplication des observations.

Le 13 avril 2029, Apophis passera à environ 316 000km de la Terre. Une occasion rêvée d’en apprendre toujours d’avantage sur ces objets qui fascinent autant qu’ils inquiètent. La mission RAMSES, de l’ESA et la JAXA (l’Agence Spatiale Japonaise) devrait partir en 2028 pour aller étudier au plus près cet astéroïde.
Depuis les années 90, un système mondial automatique d’observation du ciel, réunissant une vingtaine d’observatoires astronomiques, a permis de constater qu’en moyenne, nous avons finalement entre 2 à 3 astéroïdes par semaine à croiser notre planète à une distance de moins de 5 millions de km. Cela nous paraît loin mais en fin de compte, c’est extrêmement proche d’un point de vu astronomique et on ne sait pas faire plus précis. Pour l’instant, c’est après avoir croisé la Terre qu’on se rend compte de leurs passages. Il y a 30 ans, on ne pensait pas qu’ils étaient si nombreux à frôler notre planète… et finalement tout va bien pour nous ! Il faudrait pouvoir prévoir leurs passages, des années auparavant afin d’avoir le temps de mettre en place une mission spatiale pour les dévier. Mais de cela, on n’est pas encore du tout prêt car on n’a pas la technologie adaptée pour dévier un astéroïde de plusieurs dizaines de millions de tonnes.
Même si ces risques de collisions n’ont pas fini d’alimenter les films de science-fiction et les journaux à sensation, le ciel n’est pas près de nous tomber sur la tête !
Vous retrouverez toutes ces informations dans notre séance A la découverte du Système Solaire