Les nouvelles technologies dans la cité

N° 218 -

FÉVRIER 2005 / 3 € espace
des sciences
RECHERCH INNOVA rro N°218
Mieux
se connaître
par le jeu
Jusqu'au 26 février
ESPACE
DES
SCIENCES
CENTRE COLOMBIA
ter ÉTAGE RENNES
Une exposition conçue et réalisée par la cité des sciences et de l'industrie
Tirage du n`218
5000 ex.
Dépôt légal n°650
ISSN 1623-7110
SOMIVIAIRF
FÉVRIER 2005
EN BRE:
ACTUALITÉ
Envam, le campus numérique
français sur l'environnement
et l'aménagement
ACTUALITE
La réalité virtuelle
s'enracine à Brest
LABORATOIRE
L'Académie des sciences ouvre
ses portes à Jacques Lucas,
père des verres exotiques
DOSSIER
Les nouvelles technologies
dans la cité
L'Homme se prend
en (hu) main 9
2 édition du colloque .. 10/11
Humains les Hommes ?.. 10/11
Des antennes
qui tournent rond 12
Comment accepterez-vous
de (vous) conduire demain ? 13
Télémédecine à domicile,
les expérimentations
Altermed 14
T@pa, de la téléassistance
à la télérelation 15
Camka system, le nec plus
ultra de la téléassistance
Pour en savoir plus 1 /
COMMENT CA MARCHE ?
Les Courants porteurs
en ligne 18
ESPACE DES SCIENCES 19
AGENDA 20/21
Sciences Ouest sur Internet
www.espace-sciences.org
,z)
—rnais p240iS,
iG sonne....
ÉDITORIAL
Michel Cabaret, directeur de l'Espace des sciences
Des technologies
que l'on touche du doigt
Le colloque "Les nouvelles technologies dans la cité", organisé par l'Institut
d'électronique et de télécommunications de Rennes (IETR), progresse au
point de devenir l'un des rendez-vous annuels bretons incontournables pour
qui s'intéresse aux Ticl". Les sciences humaines y ont été associées dès le départ et
l'on peut penser que les retombées seront fécondes.
Quelques projets vous sont présentés dans ce dossier, parmi lesquels : les travaux
de l'IETR sur la mise au point d'antennes de petite taille permettant à plusieurs
véhicules de communiquer entre eux, ou encore ceux d'une équipe de l'Université
Rennes 2 sur l'acceptabilité des systèmes d'aides à la conduite.
Si ces deux exemples concernent les transports et la sécurité en particulier,
l'automobile n'est pas pour autant le seul élément de notre quotidien à bénéficier
des avancées technologiques. L'aspect relationnel et l'amélioration positive de la
communication sont également au centre du débat avec la téléassistance, la
télémédecine à domicile ou le téléenseignement. Je fais ici référence à une autre
actualité qui est celle du lancement d'un nouveau campus numérique porté par
l'Université de Rennes I.
Et Sciences Ouest n'oublie pas de "soulever le capot" ou en l'occurrence ici "d'aller
voir derrière la prise" : c'est la technologie des Courants porteurs en ligne (CPL) qui
vous sera expliquée ce mois-ci dans la rubrique "Comment ça marche ?" réalisée en
collaboration avec le Centre de la vulgarisation de la connaissance, à Orsay.
À retenir et à saluer également l'entrée d'un chercheur breton : Jacques Lucas,
à l'Académie des sciences.
Comme d'habitude, l'actualité scientifique de la Bretagne est riche et "porteuse"
du dynamisme de la région.
Bonne lecture. n
'' Tic _ Technologies de l'information et de la communication.
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- re.Sarder un .?icm
sur son i-él.éphone.
poni-abte, c'es+- dénia(
SCIENCES OUEST est rédigé et édité par l'Espace des sciences, Centre de culture scientifique technique et industrielle
(Association) n Espace des sciences, 6, place des Colombes, 35000 Rennes - nathalie.blanc®espace-sciences.org -
www.espace-sciences.org - Tél. 02 99 35 28 22 - fax 02 99 35 28 21 • Président de l'Espace des sciences : Paul Trehen. Directeur de
la publication : Michel Cabaret. Rédactrice en chef: Nathalie Blanc. Rédaction: Christophe Blanchard. Comité de lecture: Gilbert Blanchard
(biotechnologies-environnement), Philippe Blanchet (sciences humaines et sociales), Michel Branchard (génétique-biologie), Alain Hillion
(télécommunications), Gérard Maisse (agronomie), Christian Willaime (physique-chimie-matériaux). Abonnements : Jérôme Doré,
tél. 02 99 35 28 20, jerome.dore®espace-sciences.org. Publicité : AD Media - Alain Diard, tél. 02 99 67 76 67, info®admedia.fr n Sciences
Ouest est publié grâce au soutien de la Région Bretagne, des départements du Finistère et d'Ille-et-Vilaine et des Fonds européens
Edition : Espace des sciences. Réalisation : Pienick Bert&t création graphique, 35510 Cesson-Sévigné. Impression : TPI, 35830 Betton.
FINISTERE
Penmv.Bed
- e- 3e suis bien
ob(icse; de. répondre...
MARIAGE ENTRE L'ANVAR
ET LA BDPME
. ~
Depuis le 17 janvier dernier, l'Anvar
et la Banque des PME (BDPME) se
sont regroupées pour former : Oséo.
L'aide à l'innovation et le financement
des entreprises à tous leurs stades
de développement sont désormais
réunis "pour apporter un service plus
simple, plus efficace et plus complet
à tous ceux qui entreprennent". L'organisation
est concrètement en train
de se mettre en place au niveau du
siège, à Paris, avec notamment la
création de nouveaux outils. En Bretagne,
la BDPME, connue sous le nom
de Batiroc, et la délégation régionale
de l'Anvar travaillent réellement
ensemble depuis fin 2004 : mise en
commun de fichiers, amélioration de
la diffusion de l'information entre les
deux structures, création de groupes
de travail, "nous avons vraiment l'impression
d'appartenir à la même structure
maintenant", souligne Karine
Prié-Latimier, chargée des actions
européennes et de la communication
à l'Anvar Bretagne. Des réunions d'information
sur le regroupement vont
avoir lieu dans toute la région. La première
se tiendra à la Technopole Anticipa
de Lannion, le 3 mars prochain.
Rens. Oséo Anvar Bretagne,
Karine Prié-Latimier,
tél. 02 99 38 45 45,
klatimier@anvarfr
UN NOUVEAU DIRECTEUR
POUR LINPAC PLASTICS
Fi
PONTIVY
Pierre Thumerel vient
de rejoindre Linpac Plasg
tics, société internationale
d'emballage pour les produits frais et
les marchés de la restauration.
Nommé directeur de la division "films"
et président de la filiale française,
basée à Pontivy, Pierre Thumerel succède
ainsi à Bemard Baucher qui s'est
retiré en décembre 2004 après 25
années passées au sein du groupe.
Âgé de 48 ans, Pierre Thumerel était
précédemment chez le leader mondial
des films OPP15' pour l'emballage
et l'étiquetage : ExxonMobil Chemical
41,,:s,.~~
LES ACIUSDE BRETAGNE ENVIRONNEMENT
Des quotas d'émission de dioxyde de carbone pour l'industrie
bretonne 1000 défis pour ma planète : l'inscription est ouverte
La réglementation des risques naturels majeurs a changé Et
deux nouveautés à découvrir : un ouvrage sur La vie sauvage en
Bretagne - ludo-éducatif sur le boca
tag ne-env 1 /en bref/
DU COTE DES LABORATOIRES DU CÔTÉ DES ENTREPRISES
4
L'IMAGERIE MÉDICALE
FRANÇAISE RECONNUE
PAR LES ÉTATS-UNIS
Christian Roux, professeur à l'ENST
Bretagne"' et directeur
du Laboratoire de traitement
de l'information
médicale (Latim), a reçu
gles honneurs de la
société savante américaine IEEE"' : il a
été consacré "IEEE Fellow", le grade le
plus élevé de cette association scientifique
dans le domaine de l'électronique
et des télécommunications,
pour sa contribution à la théorie des
formes fonctionnelles appliquée au
domaine de l'imagerie médicale. Il travaille
notamment en étroite collaboration
avec le Laboratoire du traitement
du signal et de l'image (LTSI) à Rennes
(voir article "La bonne image de l'île
de Berder" - Sciences Ouest n°213 - septembre
2004).
Rens.-i Christian Roux,
tél. 02 29 00 13 62,
christian. roux@enst-bretagne. fr
: L'INTERNET
DE DEMAIN
L'Irisa"' et l'ENST Bretagne
antenne de Rennes
se sont associés pour créer, avec le
soutien de la Région Bretagne, un
pôle régional de compétences IPv6
(version 6 des protocoles Internet).
IPv6 est une nouvelle génération
normalisée de protocoles qui permet
l'interopérabilité de services différents,
car les technologies mises en
oeuvre dans le réseau actuel seront
incapables de faire face à l'augmentation
attendue et à la variété des
produits Internet, tant par leur origine
géographique (progression des pays
asiatiques) que par leurs applications
(téléphonie mobile, automobile,
domotique, transports...). En s'associant,
les deux établissements veulent
ainsi contribuer à la diffusion de
cette technologie dans les milieux
professionnels et valoriser les compétences
existant en Bretagne dans ce
domaine. Alors que l'Irisa développe
une plate-forme de tests de conformité
et d'interopérabilité de produits
IPv6, l'ENST-B apporte conseils et
expertise aux entreprises souhaitant
intégrer cette technologie.
Rens.-.Irisa, Hervé Le Goff,
tél. 02 99 84 73 63, legoff@irisa.fr
L'ENSIETA ET THALES
EMBARQUÉS DANS LE
MÊME SYSTÈME !
Le groupe Thales et
l'Ensieta"' ont signé, le
5 janvier dernier, une convention
~III.NI f ~ 0I1EST 21ILFEVRIER 2005
visant à renforcer leur coopération
technologique dans le domaine des
systèmes embarqués. Conclue pour
une période de trois ans, elle porte
notamment sur la passation de
contrats de recherche ou de veille
technologique et sur la soumission
commune à des appels d'offres. Car si
l'évolution des logiciels embarqués a
permis de multiplier les fonctionnalités
des automobiles, téléphones ou,
comme ici, des systèmes de défense,
elle a aussi renforcé leur complexité.
Les défis à relever aujourd'hui portent
donc sur la fiabilité et la qualité de ces
logiciels, intégrant une maîtrise des
coûts et des délais. Le domaine d'application,
déterminé dans le cadre de
la convention, est celui de la sécurisation
de l'espace aérien.
Rens.-~Ensieta, Christel Le Coq,
tél. 02 98 34 88 51, www.ensieta.fr
LES ORDINATEURS
DU FUTUR SERONT
MOLÉCULAIRES
Les travaux du Groupe
matière condensée et
matériaux (GMCM - UMR
6626 CNRS/Université de
Rennes I), réalisés en collaboration
avec l'Institut technologique de
Tokyo, viennent de faire l'objet d'une
publication dans la revue Science du
7 janvier dernier et risquent fort de
révolutionner les ordinateurs de
demain. Un flash laser d'intensité relativement
faible a été envoyé sur un
cristal moléculaire, provoquant un
changement d'état des molécules du
matériau, de la phase isolante à la
phase conductrice. Or, le changement
a eu lieu en 2
picosecondes
(lps=10.2 s),
c'est-à-dire 100
fois plus rapidement
que les transitions photoinduites
habituellement observées
dans les cristaux moléculaires. Si
l'on appliquait cette commutation au
passage de 0 à 1 du bit, élément
d'information sur lequel est basé le
fonctionnement de tout ordinateur, on
obtiendrait des machines ultrarapides
dont la vitesse serait multipliée par un
facteur 1000 !
Rens.-, Laurent Guérin, GMCM,
tél. 02 23 23 60 56,
laurentguerin@univ-rennesl.fr
46,
Films Europe, où il a été amené à
occuper des postes de direction au
niveau des ventes, du marketing, de la
logistique et du planning, en Europe
et de direction générale, en Extrême-
Orient.
Rens.4 Anne Nicolas, responsable
communication, tél. 02 97 28 70 70,
linpac@linpac-pontivy.fr
LE DYNAMISME DES
ENTREPRISES DU TRÉGOR
5 entreprises issues de
la Technopole Anticipa de
Lannion viennent d'être
sélectionnées dans le palmarès
jeunes entreprises innovantes de
l'Usine Nouvelle. Il s'agit de : Algaïa
(agroalimentaire), Kerdry et Yenista
Optics (électronique, mesure et
optique), Aphycare Technologies
(secteur médical, instrumentation),
Ekinops (secteur télécoms, multimédia,
réseaux). Créées depuis moins
de cinq ans, ces PMI reflètent la vitalité
de la création d'entreprises dans
le Trégor, ainsi que la diversité
puisque les 5 lauréats représentent
4 secteurs d'activités différents.
Rens. -i Sylvie Brichet, Technopole
Anticipa, tél. 02 96 05 82 52,
www.technopole-anticipa.com/
INTERNET
LE CRITT SANTÉ BRETAGNE
SE FAIT UNE TOILE
Pour ses 20 ans, le Critt santé
Bretagne se paie une nouvelle toile !
Complètement repensée et enrichie,
cette nouvelle
version du site
permet d'identifier
l'ensemble
des actions du
Critt santé : suivis des projets de
recherche et d'innovation dans les
entreprises ; animation, au niveau
local, de programmes d'intérêt collectif
(nutrition, Tic & santé...) ; soutien
de réseaux interrégionaux comme
Ouest-genopole® ou le Cancéropôle
du grand Ouest. Des informations
générales relatives à la santé en
Bretagne sont également en ligne :
programmes des colloques, salons...
Rens.-► www.critt-sante.fr
IO',
/-
Anticipa
SCIENCES AU MUSÉE, SCIENCES NOMADES
Textes publiés sous la direction de Béatrice
Pellegrini - Georg Éditeur, 2003. Ce livre réunit
les contributions d'un colloque qui s'est tenu à Genève
en 2002. Des spécialistes de la culture scientifique,
mais également les acteurs de la diffusion et de la
vulgarisation sur le terrain y présentent leur réflexion : la
culture scientifique se délocalise, devient nomade, se
rapproche des différents publics, s'allie à la culture au
sens large. En collaboration avec les musées, les activités
de diffusion et de mise en débat des sciences se multiplient. Comment les
musées de sciences peuvent-ils s'adapter à cette évolution ? Que faire ?
Quelles collections montrer ? Comment donner du sens aux expositions ?
Quelles nouvelles façons de communiquer la science ? Beaucoup d'acteurs
reconnaissent la nécessité d'ouvrir l'espace muséal à plus de participation,
d'échanges, de débats et de prise en compte des publics.
LA SCIENCE INSOLITE
Agence Science-Presse, Multimondes (Canada),
2004. Dans la série La science en folie, collection publiée
pour marquer le 25' anniversaire de l'agence Science-Presse
québécoise, ce livre rassemble des anecdotes et autres
nouvelles de savants du monde entier ; on y évoque des
questions de sciences étranges et pourtant tout à fait sérieuses. Le premier
chapitre s'ouvre avec les Ig Nobel, ou "prix Nobel pour rire", remis chaque
année à des recherches qui ont réellement existé. Ensuite les travaux
évoqués vont de la quête du pop corn parfait à l'analyse du papier toilette
dans les restaurants, en passant par le décompte des bulles dans un verre de
bière. Tout un programme ! Dans la même collection et la même veine, voir
aussi les titres Le sexe de la science et La science morte de rire, petits ouvrages
qui montrent qu'on peut faire de la science "sérieuse" tout en s'amusant.
Les coups de coeur sont disponibles à la bibliothèque Colombia (Rennes), www.bm-rennes.fr
C\
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s
Rennes
Atalante
TECHNOPOLE
TRANSPORTS ET STI
La Direction générale de
l'énergie et des transports de la
Commission européenne conduit
les politiques de l'UE dans ces
domaines. Le "Livre blanc sur
la politique européenne des
transports à l'horizon 2010: l'heure
des choix" spécifie 60 mesures
destinées à améliorer la qualité et
l'efficacité des transports en
Europe d'ici à 2010. De multiples
projets sont déjà lancés :
Le système européen de positionnement
et de navigation par
satellite, Galileo, opérationnel à
partir de 2008, proposera un éventail
de services performants et fiables
aux usagers du monde entier.
Les applications routières comprendront,
entre autres, des systèmes
d'aides à la conduite ; le
secteur ferroviaire bénéficiera de
services de supervision des voies
et d'information des passagers ; la
planification du trajet sera possible
pour les personnes atteintes
de déficiences ; l'assistance à la
navigation personnelle pour les
personnes atteintes d'une déficience
visuelle, ainsi que la surveillance
des déplacements de
personnes atteintes de la maladie
d'Alzheimer.
Le projet eurorégional Viking
développe un système d'information
: Nemis (Northern Europe
Mobility Information Services),
afin de fournir aux usagers de la
route des informations sur les
solutions de déplacements alternatives,
en particulier en ce qui
concerne la durée, les retards et le
coût, ainsi que le confort et la qualité
du voyage. Nemis englobe
l'ensemble du système de
transport et est fondé sur les systèmes
nationaux de mobilité et de
planification des déplacements,
reliant les systèmes existants et
renforçant les liens transfrontaliers
dans le nord de l'Europe. Il constitue
une étape vers un service
paneuropéen d'informations aux
usagers sur l'Intemet.
Pour plus d'information
-+httpu/europa.eu.int/comml
energy_transport/l ibrary/I b_ texte_
complet_frpdf
ou contactez
-~ EIC Bretagne,
tél. 02 99 25 41 57,
eic@bretagne.cci.fr
À LIRE DU CÔTÉ DE L'EUROPE
ÉCHOS DE L'OUEST
UN CENTRE
D'INVESTIGATION
CLINIQUE A BREST
Le CHU de Brest a présenté, le 24
janvier dernier, son nouveau Centre
d'investigation clinique (CIC), ce qui le
positionne ainsi parmi les 16 établissements
hospitalo-universitaires
disposant d'un tel centre. Situé à l'hôpital
de la Cavale Blanche, et placé
sous la responsabilité du professeur
Emmanuel Oger, le CIC ciblera particulièrement
les thèmes suivants :
maladies génétiques, évaluation des
techniques chirurgicales, pathologies
vasculaires, cancérologie, pathologies
auto-immunes, télémédecine, troubles
du comportement chez l'enfant.
Porté depuis plusieurs années par le
professeur Mottier, chef du département
de médecine interne et de
pneumologie du CHU, ce projet est
l'aboutissement d'une démarche de
structuration de la recherche clinique
et a pour objectifs notamment de :
développer la formation à et par la
recherche dans cette discipline ;
faciliter les échanges scientifiques ;
valoriser et diffuser les résultats.
Rens. -+ Isabelle Gourmelen,
chargée de communication
du CHU, tél. 02 98 22 39 35,
isabelle.gourmelen@chu-brest. fr
DU COLLÈGE A
UNE GRANDE ÉCOLE
Après avoir reçu la visite de jean-
Marie Floc'h, ingénieur de recherche à
l'Insa Rennes, début janvier, 23 élèves
d'une classe de 4' du collège St-Jean-
Brevelay (Morbihan) ont été invités à
visiter l'école, le 27 janvier dernier. Ils
ont pu voir les salles de technologie,
l'atelier de mécanique, la halle technologique
de l'Insa ainsi que les chambres
anéchoïdes et la salle blanche de
l'IETR, avant de rencontrer des étudiants.
Cette opération s'inscrit dans le
cadre du projet régional "Grandes
écoles-collèges", ordonné, il y a 3 ans,
par la conférence des grandes écoles
de Bretagne, et qui consiste à réunir
3 partenaires : un collège, une grande
école et une entreprise et à provoquer
des rencontres. Cette année,
18 grandes écoles et 25 collèges
bretons sont impliqués, soit près de
1500 élèves. Prochaine étape pour les
élèves de St-Jean-Brevelay : la visite
de Micrel NKE (Hennebont), entreprise
du secteur de l'électronique. Le
département génie civil de l'Insa est
aussi impliqué et travaillera avec le
collège de Betton (Ille-et-Vilaine).
Rens. Jean-Marie Floc'h, Insa,
tél. 02 23 23 86 08,
jean-marie. floch@inca-rennes. fr
"' ENST-B : École nationale supérieure de télécommunications
de Bretagne. "' IEEE : Institute of Electrical and
Electronics Engineers (www.iee.org ). "' Irisa : Institut de
recherche en informatique et systèmes aléatoires. "' Ensieta :
École nationale supérieure des ingénieurs des études des
techniques d'armement. 01 OPP : polypropylène orienté. 5
SC :f 01iESi 71d,EEVRIER 2005
Créée en 2001, l'Université de Bretagne (UB) est une
association qui regroupe l'ensemble des établissements
supérieurs de Bretagne. C'est dans le cadre d'un appel
d'offre lancé parla Direction de la technologie du ministère
de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche en 2003 qu'elle a porté le projet :
Université numérique en région Bretagne (UNRB).
L'objectif de l'UNRB étant de proposer un ensemble de
services numériques aux étudiants et aux personnels des
établissements d'enseignement supérieur, grâce à la mise
en place d'Espaces numériques de travail (ENT) accessibles
via une seule authentification, en fonction du profil de
l'utilisateur. Le campus numérique de Bretagne, projet
6 développé à l'instigation de l'UB depuis 2002 et soutenu
par le Conseil régional, permettra d'offrir en plus aux
étudiants des formations médiatisées de qualité ; il
regroupe les trois campus numériques portés par des
universités bretonnes :
Envam, sur l'environnement et l'aménagement du
territoire. Porté par l'Université de Rennes 1.
Cian, pour Convergence Internet et audiovisuel
numérique. Porté par l'Université Rennes 2
(voir Sciences Ouest n° 205 - décembre 2003)
Gérontic, sur la gérontologie. Porté par l'UBO. n
Contact 4 Carole Nocéra-Picand, chef de projet,
tél. 02 23 23 39 99, carole.nocera-picand@univ-rennesl.fr
5 FEVRI[R 2005
L'UNIVERSITÉ NUMÉRIQUE EN RÉGION BRETAGNE (UNRB)
Envam, le campus
numérique français
sur l'environnement
et l'aménagement
Un nouveau campus numérique d'origine
bretonne a ouvert ses portes virtuelles. Piloté par
l'Université de Rennes 1, Envam réunit pour la
première fois environnement et aménagement
qui font d'habitude "universités à part" ! Visite.
Point de ruban à couper pour l'ouverture
de ce nouveau campus :
le lieu de formation supérieure à distance
en environnement et aménagement,
Envam, est sur la toile ! Une
pratique devenue courante depuis
le lancement, en 2000, des appels
d'offres du ministère de l'Éducation
nationale pour développer les
campus numériques en France.
Envam fait partie de ceux qui ont été
labellisés en 2001 et en 2002, année
depuis laquelle il est fortement soutenu
parla région Bretagne à travers
l'Université de Bretagne. Envam est
un consortium national de 8 partenaires
associant universités, grandes
écoles et organismes de recherche
(Inra et CNRS) ; il réunit : les universités
de Rennes I (porteur du
projet), Rennes 2, Montpellier 2 et
Clermont-Ferrand 2, l'Université de
Bretagne occidentale, Agrocampus
Rennes et, depuis janvier, l'École
nationale supérieure de chimie de
Rennes (ENSCR) et l'Institut national
d'horticulture d'Angers (INH).
Son but : d'une part, relier deux
secteurs dont les lieux de formations
sont généralement différents - les
facultés de sciences pour l'environnement
et les facultés de sciences
humaines en ce qui conceme l'aménagement-,
alors que la plupart des
problématiques nécessitent une
approche transdisciplinaire ; un sujet
comme les zones humides sera par
exemple abordé du point de vue
géographique, économique et juridique.
Envam a, d'autre part, pour
objectif de "permettre la formation
tout au long de la vie" (de bac+2 à
bac+5 et au-delà). Les domaines de
l'environnement et de l'aménagement
sont en effet en perpétuelle
évolution et nécessitent une actualisation
régulière des connaissances
des professionnels concernés. Ainsi,
le campus Envam se veut un pont
entre la recherche de haut niveau et
le monde professionnel.
"Les campus numériques constituent
véritablement aujourd'hui un
nouveau mode de formation, souligne
Bertrand Fortin, président de l'Université
de Rennes 1, qui favorise
l'internationalisation, avec le monde
francophone dans un premier temps,
mais pourquoi pas de façon encore
plus large ?" Une originalité d'Envam
vient d'ailleurs du fait que la formation
des enseignants aux fonctions
de tuteurs au sein du campus numérique
a été réalisée avec l'aide de la
Téléuniversité du Québec qui bénéficie
en cela d'une belle expérience.
Avant la mise en service, 7 modules
ont été expérimentés sur plus de
70 personnes, ce qui a par exemple
donné lieu à des changements visant
à des améliorations de l'ergonomie
du site. "Nous avons particulièrement
insisté sur un point qui est celui de
l'accompagnement des étudiants,
explique Carole Nocéra-Picand, chef
de projet du campus numérique
Envam. Ceux-ci pourront être encadrés
au niveau scientifique, sur le contenu
des cours, mais aussi au niveau pédagogique,
en ce qui concerne leur effort
de formation. Et nous avons également
prévu une assistance technique."
Pour Luc Aquilina"', le responsable
scientifique d'Envam, "l'enseignement
numérique offre des
~--~- ;
FICHE TECHNIQUE
ENVAM : 20 modules, dont
8 modules fondamentaux + des
modules de maintenance master
répartis en 4 pôles : gestion intégrée
des territoires, eau, écologie
et paysages, stratégie et conduite
de projets. • 20 apprenants
maximum par module. • 30 à
40 heures "apprenants" selon le
module réparties sur 8 semaines
en moyenne. • Tarifs : 650€ par
module pour 1 ou 2 modules ;
600€ par module pour plus de
2 modules. •
Ouverture 47 mars 2005
Rens. 4 www.envam.fr
possibilités pédagogiques très intéressantes
comme l'utilisation d'images
dynamiques (une bonne animation
vaut parfois mieux qu'un long discours),
et la possibilité pour l'apprenant
de visionner les contenus autant
de fois qu'il le désire, à son rythme.
Avec le campus numérique, le choix de
modules à la carte est facilité, ce qui
développe l'autonomie et va vers une
individualisation de l'enseignement."
Envam propose d'ores et déjà
20 modules, disponibles dès le mois
de mars prochain, sur une cinquantaine
prévue en tout. Les inscriptions
sont possibles dès à présent. À vos
souris ! n N.B.
"' Lut Aquilina est également directeur adjoint du Centre
armoricain de recherche en environnement (Came).
Contacts 4 Carole Nocéra-Picand,
chef de projet, tél. 02 23 23 39 99,
Carole.nocera-picand@univ-rennest.fr,
Luc Aquilina, responsable
scientifique, tél. 02 23 23 67 79,
luc.aquilina@univ-rennesl.fr
Parmi les applications pratiques
que se propose de réaliser le Cerv, il
est des projets novateurs, dont les
débouchés apparaissent comme
porteurs d'espoirs pour de nombreux
usagers. Parmi ceux-ci, on
trouve, par exemple, le projet de
parisienne Ceciaa, est d'essayer
de définir quelles sont les informations
tactiles et auditives qui
entrent en jeu dans l'élaboration
d'une carte de navigation virn
tuelle. "
Pour offrir la possibilité aux
Carte marine tactile sur papier Carte marine numérique
actualisée manuellement actualisée automatiquement
• thèse de Mathieu Simonnet, un jeune
doctorant, issu de la filière Staps"' de l'UBO de Brest, qui
a intégré le Cerv en septembre 2004 :
"J'appartiens à l'équipe de psychologues de l'Asap'°' qui
travaille depuis deux ans avec des chercheurs du Cerv,
explique Mathieu Simonnet. La démarche générale de
cette équipe est d'aider les ingénieurs à modéliser des
agents virtuels pour les rendre les plus humains possible.
L'objet de ma thèse, qui est financée par l'entreprise
personnes déficientes visuelles navigantes
d'utiliser des cartes tactiles virtuelles où la position
de leur bateau sera actualisée par GPS, Mathieu
Simonnet, en collaboration avec un ingénieur informatique
de l'Enib, multiplie donc les tests dans les locaux du
Cerv : "Nous tentons de mettre en adéquation les logiciels
informatiques et les personnes aveugles grâce à une
interface haptique qui renvoie à l'usager des pressions
de résistance comme s'il touchait un objet réel."
LE VIRTUEL AU SERVICE DES MARINS NON-VOYANTS
~J
La réalité virtuelle s'enracine à Brest
En 1990, sous l'impulsion de
Jacques Tisseau, l'Enib"' se
dotait d'un Laboratoire d'ingénierie
informatique (L12), dont les axes de
recherches ne tardèrent pas à se
porter sur ce nouveau champ scientifique
que fut la "réalité virtuelle".
Aujourd'hui, l'idée a fait son chemin
et la virtualité est devenue bien
réelle pour les scientifiques finistériens.
En créant le Cerv, les chercheurs,
les étudiants et les différents partenaires
publics et privés qui se
sont lancés dans cette aventure
Ce projet "Sécurivi" a permis de
recréer un environnement virtuel,
pour la formation des pompiers.
scientifique affichent clairement
leurs ambitions : celle notamment
d'"offrir à l'agglomération brestoise
une opportunité de développement
économique", pour reprendre les
propos du maire de Brest, François
Cuillandre, lors de l'inauguration des
locaux de la nouvelle structure.
La réalité virtuelle :
recherches et innovations
Seul pôle entièrement dédié à
la réalité virtuelle en France, le Cerv
a pour objectif de développer des
concepts, des méthodes et des
outils informatiques permettant de
simuler de manière réaliste des
interactions entre des objets virtuels
et des opérateurs humains. Dans un
bâtiment de 2000 ml, équipé d'un
matériel informatique dernier cri, les
chercheurs ont en effet désormais
toute l'autonomie nécessaire pour
peaufiner les projets qu'ils réalisent
en collaboration avec différents partenaires
publics et privés. "Le Cerv
est composé de quatre équipes de chercheurs
et de doctorants qui planchent
actuellement sur différents projets
pour étudier la complexité des systèmes
de réalité virtuelle, explique
Jacques Tisseau, le directeur du Cerv.
Parmi ces recherches, on trouve, par
exemple, un projet sur la modélisation
La coagulation du sang. La réalité
virtuelle permet de procéder à des
expériences plus rapides et moins
dangereuses pour les patients.
de la coagulation du sang, mené en
partenariat avec l'entreprise Diagnostica
Stago et le CHU de Brest. Ce travail
permet de tester «virtuellement»
g l'efficacité des molécules, réduisant
ainsi à la fois les coûts et les risques.
= On travaille également avec Giat
industrie pour assurer la formation virtuelle
à la maintenance opérationnelle
de véhicules comme le char Leclerc,
par exemple. Et pour montrer que nos
projets sont accessibles à tous, nous
avons également élaboré une «école
virtuelle» avec l'aide d'écoliers finistériens,
russes, marocains et japonais"'l'.
Une structure de recherche
pluridisciplinaire
L'autre originalité du Cerv reste
certainement sa vocation pluridisciplinaire,
qui facilite les passerelles
entre le monde de la recherche et
celui des milieux industriels. Ingénieurs
informaticiens, biologistes
ou encore psychologues se côtoient
ainsi dans cette nouvelle structure de
recherche. On compte actuellement
au Cerv 26 enseignants-chercheurs
titulaires de l'Université de Bretagne
occidentale (UBO) et de l'Enib, 18
contractuels et une trentaine d'étudiants
de l'Enib ou de master
recherche. Une diversité scientifique
qui donne aujourd'hui du sens à la
réalité virtuelle. Et comme le rappelle
Jacques Tisseau : "L'ambition de
notre démarche autour de la réalité
virtuelle est en effet de faire avancer les
enjeux de société, en remettant systématiquement
l'homme au centre de
nos préoccupations. Les compétences
multiples de nos équipes de recherche
permettent d'y parvenir." n c.6.
"' École nationale d'ingénieurs de Brest. "' Voir l'article "Ève
professeur de français". du dossier sur Mégalis du n°193 de
Sciences Ouest (novembre 2002). "' Slaps : Sciences et
techniques des activités physiques et sportives. ° Asap : Attitude
stratégique apprentissage performance.
Contact 4 Cerv, tel. 02 98 05 89 89,
wwwcerv.fr 7
La réalité dépasse désormais la fiction à la pointe
du Finistère. Le 10 janvier dernier, le Centre
européen de réalité virtuelle (Cerv) a en effet été
inauguré sur le Technopôle Brest-Iroise à Plouzané.
Intégrant centre de recherche, centre de transfert
de technologie et centre de formation
professionnelle, le Cerv, avec une cinquantaine de
chercheurs et une trentaine d'étudiants, s'affiche
d'ores et déjà comme un pôle de développement
économique majeur pour la région.
François Cuillandre, maire de Brest
(à gauche) et Jean-Yves Le Drian,
président du Conseil régional de
Bretagne (à droite).
SCI W CES VUES1 21 P/EEVAIER 2005
VERRES ET CÉRAMIOUES LE PARCOURS RELATÉ
Réseau, puis Sciences Ouest ont relaté régulièrement le parcours du
laboratoire Verres et céramiques. Retrouvez les principaux articles.
Le verre fluoré : une compétition internationale Réseau n°2 -1985
Distinction américaine pour des chimistes rennais Réseau n°49 - octobre 1989
Les verres fluorés Réseau n°66 - avril 1991
Convention verre fluoré Réseau n°100 - mai 1994
Développement autour des verres Réseau n°112 - juin 1995
Le parcours d'une invention - Du verre "Tex" à Vertex Réseau n° 145 - juin 1998
La chimie des fluorures Réseau n°159 - octobre 1999
8 n Le verre, les fibres et la lumière Sciences Ouest n° 191 - septembre 2002.
i .0FEVRIER 2005
LABORATOIRE
La chimie bretonne à l'honneur
L'Académie des sciences ouvre ses portes
à Jacques Lucas, père
des verres exotiques
Pile 30 ans après la découverte des verres fluorés
dans son laboratoire, Jacques Lucas entre à
l'Académie des sciences. Portrait de ce professeur
aujourd'hui émérite, qui bien qu'ayant beaucoup
voyagé, n'a jamais vraiment quitté Rennes et son
université.
Comme beaucoup
de jeunes retraités,
3 Jacques Lucas n'a pas
pour autant cessé toute
activité professionnelle. Mais aujourd'hui
il la déguste et peut se payer
le luxe de choisir ses occupations.
Car de sollicitations il ne manque
pas. Il me reçoit entre deux avions,
avant de repartir pour les États-Unis
où il est professeur consultant à l'université
de Tucson (Arizona) et avant
de rejoindre les Pays-Bas pour une
réunion au sujet du projet européen
Darwin, dirigé par l'Esa, et dans
lequel le laboratoire Verres et
céramiques"' (dont il fut le créateur
et le directeur jusqu'en 2002) est
impliqué depuis un an et demi pour
la conception d'une fibre optique.
Jacques Lucas n'arrête pas, et pourtant,
il n'y a pas plus rennais que lui.
Un académicien
"pur beurre"
Après des études à Rennes et une
thèse sur la chimie de l'uranium, il
passe deux ans au CEA, à Saclay,
dans le cadre de son service national,
avant de décrocher, à 29 ans, un
poste de professeur pour lequel il
a le choix entre Nice, Brest et...
Rennes ! De retour dans sa ville
d'origine et guidé par l'initiateur de
la chimie du solide en France en
la personne de Paul Hagenmuller,
Jacques Lucas s'intéresse à la chimie
des fluorures et crée, au début des
années 70, sur le campus de Beaulieu
flambant neuf, le laboratoire de
chimie minérale qui deviendra en
1980 l'actuel laboratoire Verres et
céramiques, aujourd'hui dirigé par
Jean-Luc Adam. Sollicité par d'autres
universités, Jacques Lucas ne quittera
jamais la capitale bretonne où
il dit avoir trouvé une qualité de
vie et un équilibre ; "Rennes est un
prototype idéal !"
Les 4 gros coups
du chercheur rennais
Et d'évoquer sa carrière : "J'ai la
chance de travailler sur un thème
- la science des matériaux-, qui se
situe à un carrefour avec plein d'autres
disciplines, explique-t-il. Télécommunications,
imagerie optique, médecine,
Le laboratoire chimie minérale dans
les années 70.
environnement... nous touchons à
tout. Notre spécialité au laboratoire,
c'est de créer de nouveaux matériaux !
Notre travail va de la conception à l'ingénierie,
c'est-à-dire la mise en forme
de ces matériaux (pressage, fibrage...)
en vue de leur utilisation." Et question
"nouveaux bébés", Jacques
Lucas peut se vanter d'avoir été gâté,
même si l'appétit de découverte du
chercheur ne semble pas rassasié :
"En chimie, le rythme des innovations
n'est pas si extraordinaire que cela
(NDLR comparé aux domaines des
télécommunications et de l'informatique).
En 45 années de recherche,
le laboratoire a été à l'origine de 4 ou
5 "coups géniaux", ce qui fait une
moyenne de 10 ans de maturation
par projet." Le premier conceme évidemment
la découverte des verres
fluorés en collaboration avec Marcel
et Michel Poulain, en 1975. "C'était le
début des travaux sur les fluorures et
cette découverte a vraiment eu lieu à
un moment opportun, c'est-à-dire pendant
que les théoriciens des télécoms
commençaient à se rendre compte que
la portée des fibres optiques serait peutêtre
meilleure avec des verres de fluorures
qu'avec des verres de silice. Du
coup, ce sont eux qui nous ont lancés !"
Alors que le "deuxième coup" restera
au stade de la recherche fondamentale
(le remplacement de la
silice par du bore donnant des
Jacques Lucas
au pied
de la tour
de fibrage
servant à étirer
les fibres
optiques.
verres très instables et pleins de
bulles), le troisième conduira par
contre à la création de la société
Vertex, suite à l'arrivée d'un jeune
Chinois, Xiang Hua Zhang, venu faire
sa thèse à Rennes (voir encadré).
Enfin, le dernier coup, du moins le
demier de Jacques Lucas en tant que
directeur du laboratoire, date de
2002 avec la création de vitrocéramiques
: des nouveaux matériaux
toujours aussi performants au niveau
optique, mais dont la particularité, le
fait d'être composites, leur confère
une résistance exceptionnelle.
Après toutes ces années, Jacques
Lucas garde son enthousiasme des
premiers jours. Parlant du projet
Darwin : "J'espère que ce sera un
petit morceau de verre rennais qui
ira là-haut !" Quant à son entrée à
l'Académie des sciences : "C'est évidemment
une belle reconnaissance
et cela va aussi permettre de mieux
identifier la chimie rennaise. J'ai beaucoup
de respect pour cette institution
et j'espère qu'elle survivra : pour la
science !" n N.B.
Le laboratoire Verres et céramiques est une UMR CNRS
6512 - Institut de chimie de Rennes - Université de Rennes I.
www.verceram.univ-rennes I Ir
Contact 4 Jacques Lucas,
tél. 02 23 23 62 60,
jacques.l ucas@univ-rennes 1.f
'Homme se prend
ên(hu)maîn
arroi les innovations technologiques du XX' siècle, les télécommunications
sont probablement celles qui ont le plus bouleversé la vie de l'Homme.
Aujourd'hui on ne peut plus s'en passer : téléphones et ordinateurs, portables
évidemment, réseaux câblés et hertziens, nous permettent d'échanger
données, son, photos, films, abolissant ainsi toutes distances géographiques.
Communiquer, ou du moins l'idée de pouvoir communiquer partout, à
n'importe quel moment et même en marchant, roulant ou volant, fait partie
intégrante de notre vie d'Homme ; cep appareils de communication étant
presque devenus des excroissances de'notre corps.
Mais dans cette course à l'équipement, le côté humain a rarement été pris en
compte ; beaucoup de projets techniquement viables n'ont pas abouti à cause
du manque d'analyse de leurs usages ou de leur acceptabilité par le
utilisateurs. Ainsi, certains produits ou services capotent, comme t
programmation des magnétoscopes (avez-vous déjà essayé ?), alors qu.
d'autres, au contraire, explosent de façon imprévisible ; je prendrais i
l'exemple bien connu des SMS* qui, de simples options sur les téléphones
portables, sont devenus un véritable langage, voire un phénomène de société.
C'était tout l'enjeu de cette deuxième édition du colloque "Les nouvelles
technologies dans la cité", organisé par l'Institut d'électronique et de
télécommunications de Rennes : montrer qu'aujourd'hui une tendance se
dessine et qu'ergonomes, sociologues et psychologues sociaux sont de plus
en plus sollicités et ce, dès le début des travaux. "... Il n'existe plus de projets
qui n'incluent une part de sciences humaines !", se réjouit même Gérard
Guingouain, directeur de l'UFR sciences humaines à l'Université Rennes 2.
Voici l'échantillon que nous vous proposons dans ce dossier :
Rouvécom : un projet de routes et de véhicules communicants sur le point
d'aboutir, alors qu'un laboratoire de psychologie sociale s'est penché sur
l'acceptabilité des systèmes d'aides à la conduite ;
Camka system : un équipement de télémaintenance mis au point avec l'aide
d'ergonomes ;
Altermed et T@pa : le premier concerne la télémédecine à domicile, le
second la téléassistance pour personnes âgées, et tous deux sont suivis par des
sociologues.
Attention, l'Homme redevient humain...
eir
*SMS Short Message Sereine
9
Les nouvelles technologies
Pour la deuxième année
consécutive, le colloque
"Les nouvelles
technologies dans la cité"
a eu lieu en décembre
dernier, sur le campus de
Beaulieu, à Rennes.
Toujours organisée et
coordonnée par l'Institut
d'électronique et de
télécommunications de
Rennes (IETR), cette
deuxième édition a été
l'occasion d'élargir les
partenariats. Tic et cité :
le début d'un cycle
régulier ?
Tic et cité : le paradoxe
es nouvelles technologies
nous rendent plus mobiles dans
le sens où elles permettent de
rapprocher deux endroits géographiquement
éloignés. Mais elles constituent
également une alternative au
déplacement. Alors les nouvelles
technologies favorisent-elles la
mobilité ou l'immobilité ?
Regards croisés
"L'association de l'Université
Rennes 2 à la manifestation cette
année était vraiment une volonté,
explique Daniel Thouroude, directeur
de l'IETR. Lidée
est de montrer tout l'intérêt que
Rennes 1 et Rennes 2 ont à s'associer
pour présenter un même sujet sous
ses aspects techniques et sociologiques,
notamment dans le cadre de réponse
à des projets européens. Et cela
concerne bien sûr toute la Bretagne."
Une dimension dont s'est félicité
Bertrand Fortin, président de
l'Université de Rennes I. Elle a également
été relevée par Louis Bertel,
délégué régional à la recherche et
aux nouvelles technologies et président
du comité de programme de
"Tic et cité", lors de l'ouverture de
la journée : "Ce colloque s'inscrit
dans des thématiques régionales et
nationales", a-t-il encore précisé. Du
côté de l'Université Rennes 2, on ne
peut que se réjouir de ce partenariat.
En tant qu'ancien président de
cette université, André Lespagnol,
vice-président du Conseil régional
de Bretagne, chargé de l'enseignement
supérieur, de la recherche et
de l'innovation, a souligné l'importance
de cette entrée par les usages
des technologies, qui ouvre sur l'appropriation
sociale des Tic. Même
écho du côté de lean-Pierre Gaillard,
du laboratoire de psychologie expérimentale
de Rennes 2, évoquant le
fait que "les produits et les services
issus des Tic sont souvent perçus
Humains les Hommes ?
Directeur de I'UFR sciences humaines de
l'Université Rennes 2, Gérard Guingouain a été
invité à conclure la deuxième édition de ce
colloque "Tic et cité" en apportant son regard
de psychosociologue sur l'acceptabilité et les
usages des nouvelles technologies.
Sciences Ouest : Vous avez conclu
le colloque en évoquant un
modèle "technopsychosocial".
Pouvez-vous nous repréciser
cette notion ?
Gérard Guingouain : Ce modèle qui
se réfère au modèle biopsychosocial
maintenant admis en santé illustre le
fait que l'on distingue aujourd'hui
trois niveaux dans l'acceptabilité
et les usages
que l'on peut
faire d'un objet
ou d'une technologie.
Le premier
niveau concerne
la faisabilité technique
qui est
du ressort des
ingénieurs et des
ergonomes ; le
deuxième niveau, psychologique,
concerne l'acceptabilité personnelle
(goûts, besoins) et sociale (il faut
que ce soit utile à l'individu dans
son interaction avec son milieu).
L'acceptabilité sociale est celle du
10 sujet inséré, sensible au regard des
autres ; le troisième niveau enfin,
social, s'intéresse aux utilités et
contraintes économiques et sociales.
Or, ce modèle s'applique de façon
étonnante : On connaît l'effet des
attentes, en psychologie. L'étude de
ces attentes permet, pour une part
non négligeable, de prévoir et d'analyser
ces comportements en société.
S.O.: Ce côté imprévisible et
dépendant du regard des autres,
c'est notre côté humain en
somme ! C'est plutôt rassurant ?
C.G. : Oui, en effet. Le propre de
l'individu est qu'il construit sa personnalité
selon deux mécanismes :
être identique aux individus de son
groupe d'appartenance sociale et en
même temps différent, afin d'apparaître
comme un être remarquable !
Et puis l'Homme a aussi des comportements
non rationnels (du moins du
point de vue du raisonnement scientifique
"pur"). Un exemple pour illustrer
ce propos : lors d'une étude
menée il y a plusieurs années pour
mettre au point un système de cartographie
des alentours du port de
Brest, il est apparu que les gens
préféraient utiliser et se repéraient
mieux avec des bâtiments schématisés
ou simplement décrits par un
mot qu'avec une représentation faite
à partir de photos réelles du site ! Le
symbole compte plus que la vérité.
Autre exemple : nous avons été sollicités
il y a quelques années par la
Cogema pour travailler sur l'épineux
problème du choix des tenues de
travail en milieu dangereux. Il s'est
avéré que ce n'était pas tant la qualité
technique de ces tenues parfaitement
conçues par les ingénieurs
qui importait que la perception, très
subjective, qu'en avaient les utilisateurs.
Qu'elle soit dans une matière
qui rappelle le papier, elle est immédiatement
connotée comme fragile
et peu sûre malgré l'assurance et la
connaissance des tests. Il est souvent
long et difficile de faire changer cette
perception qui ne dépend pas seulement
de la raison. On est vraiment
dans une situation où le vraisemblable
compte plus que le vrai !
S.O.: Vous venez de nous citer
deux exemples de collaboration.
Est-il vrai que vous êtes, en tant
que directeur de l'UFR de
sciences humaines, de plus en
plus sollicité ?
C.G.: C'est une évidence ! l'ai même
l'impression qu'il n'existe plus de
projets qui n'incluent une part de
sciences humaines ! L'aspect humain
devient un critère régulier dans
les appels d'offres. Ce n'est pas tant
le directeur d'UFR qui est sollicité
que les directeurs de laboratoires.
S.O.: C'est plutôt une bonne
nouvelle ! Mais comment
expliquez-vous ce nouvel
engouement ?
C.G.: Je pense que l'on arrive à un
palier. La technologie va vite, très
vite, et on ne veut pas qu'elle nous
échappe. Avec le développement
incroyable de l'informatique, on a
phantasmé sur un Homme clone de
l'ordinateur. Je pense notamment
à tous les projets d'intelligence
artificielle. Aujourd'hui, on se rend
compte que l'être humain n'est
pas rationnel, du moins de cette
manière, il a ses stratégies propres
et il est soumis à toutes sortes de
pressions sociales. Il me semble, par
ailleurs, qu'on est passé de la technique
pure aux usages. L'analyse des
publicités est aussi très parlante : ce
sont, en effet, plus les usages que
les performances de l'appareil qui
sont aujourd'hui mis en évidence.
Mais sur cet aspect, je déborde de
mon domaine de compétences et
un sociologue vous en dirait plus et
mieux que moi !
~
--.FÉVRIER 2005
De gauche à droite : André Lespagnol, Louis Bertel, Jean-Pierre Gaillard
et Bertrand Fortin ont ouvert la deuxième édition du colloque
"Les nouvelles technologies dans la cité" qui était animée par Laurent Léjard
(complètement à gauche).
comme destructeurs, alors qu'aussi
souvent ils permettent de restaurer un
lien social."
ciic~t=p
"L'année 2003 était celle du
handicap et la première édition du
colloque avait bien sûr laissé une
place privilégiée à ce thème, se
souvient Patrice Barbel, coordinateur
du colloque à l'IETR. Depuis,
le colloque a été identifié comme un
lieu où l'on peut parler de technologies
et de situations de handicap et
nous avons conservé cette thématique."
Fréquentation
en hausse
250 personnes s'étaient inscrites
en 2004, contre 180 en 2003. Et côté
financement, Rennes Métropole, qui
était le plus gros financeur en 2003,
a fait des émules et a été rejoint, en
2004, par d'autres partenaires"'.
Jasais deux sans trois
Mise en place d'un comité de
pilotage, soutien du ministère
délégué à la Recherche, invitation
d'intervenants au niveau national,
ouverture sur l'Europe... : le colloque
se professionnalise et gagne en
visibilité. Serait-on en train
d'assister
à la naissance d'un nouveau rendezvous
annuel breton ? L'évocation
de la troisième édition ne fait que
confirmer ce pressentiment : "Elle
pourrait avoir lieu dans les locaux
de l'Institut de formation en massokinésithérapie
de Rennes (1FMK),
sur le campus santé de Ville jean
(à Rennes), précise Gérard Guingouain,
directeur de l'UFR sciences
humaines de l'Université Rennes 2.
Une façon de renforcer encore les liens
avec les ergonomes
et les ergothérapeutes et de montrer
que les usages sont bien au centre de
nos préoccupations."
La 2' édition du colloque a reçu le soutien de Rennes
Métropole, du Conseil général d'Ille-et-Vilaine. de la Région
Bretagne. de l'Irisa, de CENS Cachai antenne de Bretagne.
de France Télécom, de la Star, et du ministzre délégué a la
Recherche et aux Nouvelles technologies
IETR,
Patrice Barbel, tél. 02 23 23 55 94,
patrice. barbel@univ-rennes1.fr,
Daniel Thouroude, tél. 02 23 23 62 07,
daniel.thouroude@univ-rennesl.fr
Des labos à l'inter-tac~
Comment cela
se traduit-il concrètement
au niveau de vos activités
de recherche ?
C'est tout d'abord un accroissement
considérable de l'activité de
la recherche en sciences humaines,
du moins à notre niveau. Une cellule
de gestion de la recherche a été
véritablement créée et développée
au cours du mandat 2000-2005 au
sein de l'UFR sciences humaines.
C'était un choix politique de développement
de la recherche, c'est
devenu une nécessité au regard de
l'activité des laboratoires. Nous
sommes donc mieux armés pour
répondre aux appels d'offres,
depuis quelque temps beaucoup
plus nombreux, et du coup, notre
budget est passé, en termes de
conventions, de 300000 à 844000
euros en 5 ans ! Nous sommes
beaucoup plus visibles et mieux
identifiés. Aujourd'hui, c'est clair :
nous ne manquons plus de projets
mais de chercheurs. Que les étudiants
ne s'inquiètent pas : il y a du
travail en sciences humaines
Propos recueillis
par Nathalie Blanc
Contact 4 Gérard Guingouain,
tél. 02 99 14 19 00,
gerard.guingouain@uhb.fr
L CELLULE RECHERCHE DE L'UFR SCIENCES HUMAINES
Les Tic représentent un sujet que l'on retrouve significativement dans 3 des 5 composantes de la cellule recherche
de l'UFR de sciences humaines : en psychologie (CRPCC), en sociologie (Las) et en sciences de l'éducation (Cread).
Centre de recherche en psychologie, cognition et communication (CRPCC)
Directeur Jean-Émile Gombert
Laboratoire de psychologie du développement (LPD).
Laboratoire de psychologie expérimentale (LPE).
Laboratoire de psychologie sociale (Laureps).
Laboratoire d'anthropologie et sociologie (Las) - Directeur Armel Huet
Laboratoire de recherche en sciences humaines et sociales (Lares).
Laboratoire interdisciplinaire de recherches linguistiques (Lirl).
Laboratoire d'analyse du développement des espaces et des changements sociaux (Ladec).
Centre d'étude et de recherche sur les transformations de l'action collective (Certac).
Programme info corn sur les Tic (P. Musso).
Programme santé (M. Calvez).
Centre de recherche sur l'éducation, les apprentissages et
les didactiques (Cread) - Directeur Gérard Sensevy
Psychopathologie et champs cliniques - Directeur Laurent Ottavi
Laboratoire cliniques criminologies (CC).
Laboratoire de cliniques psychanalytiques.
Institut de criminologie et sciences humaines (ICSH) - Directeur Loïc Villerbu
UFR DES ARTS, LETTRES ET COMMUNICATION
Au sein de l'UFR Arts-Lettres-Communication, une autre équipe travaille sur les nouvelles technologies, leur
diffusion, leur réception, leurs effets en termes d'organisation, de pratiques sociales, de choix linguistiques, de
rapports langagiers Homme-machine :
Équipe de recherche sur la diversité littéraire et linguistique du monde francophone
(Erellif) - Directeur Philippe Blanchet
Centre de recherche en sciences de l'information et de la communication (Cersic).
Centre de recherche sur la diversité linguistique de la francophonie (Credilif).
Rens www.uhb.fr 11
FFVRIEP?.5
w 1,4
/
~ # GPS
p'I
Les coordonnées GPS
sont diffusées
aux véhicules
environnants à l'aide
d'un réseau sans fil.
RADAR
AI CC
Wireless Fidelity
(802.11 802.11b, lla, 11h,
HIPERLAN 2,
BLUETOOTH... UWB)
TÉLÉCOMMUNICATIONS ET TRANSPORT,
UN COCKTAIL DÉTONNANT_
Mécanique des chocs, électronique, informatique, modélisation, assistance à
la conduite, ergonomie, analyses économiques, sociologiques, du risque
routier, psychologie de la conduite... la liste serait trop longue pour décrire
l'ensemble des activités des 19 centres (répartis sur 4 sites : de Lille à Marseille
en passant par Paris et Lyon) composant l'Institut national de recherche sur les
transports et leur sécurité (Inrets)"' qui "sévit" depuis maintenant 20 ans dans
le domaine. L'occasion pour Christophe Gransart du Laboratoire électronique
ondes et signaux pour les transports (Leost à Villeneuve-d'Ascq), impliqué dans
le projet Rouvécom, d'exposer les perspectives à moyen et long termes
concernant les télécommunications et les systèmes de transport terrestre. Car,
même si "communiquer en se déplaçant pose toujours des problèmes
techniques, parmi toutes les innovations technologiques qui ont bouleversé les
conditions de vie de l'Homme du XX' siècle, les télécommunications occupent
une place privilégiée dont le champ des transports a largement bénéficié." n
Rens. -► christophe.gransart@inrest.fr I.es actes du colloque sont disponibles
à l'adresse suivante . http://tic-cite.univ-rennesl.fr
Qui ne s'est pas déjà vanté d'être
arrivé à bon port sans carte routière
ni explication de son hôte, mais
en "totale autonomie", grâce au GPS
de son véhicule, ce qui avait le don de
provoquer l'admiration de l'assemblée
? Mais l'admiration est de moins
en moins perceptible, car le système
GPS -ou plutôt Galileo devrons-nous
dire bientôt ! - est aujourd'hui considéré
comme un standard et de nouvelles
innovations sont déjà en train
de naître...
"Tout le monde a un GPS mais ces
GPS ne communiquent pas entre eux !,
lance, amusé, Mohamed Himdi,
coresponsable du groupe "Antennes
et hyperfréquences" de l'IETR. Idem
pour les radars anticollision : ils détectent
mais ne communiquent pas." Le GPS
peut en effet vous guider et vous
donner votre position avec une très
bonne précision. Mais vous êtes seul
à en profiter. Et si cette information
concemant votre position, de laquelle
on peut très facilement déduire votre
vitesse et donc une distance de freinage...
intéressait quelqu'un d'autre,
comme le conducteur de la voiture
qui roule derrière vous ? Voici
résumée l'idée de Rouvécom (Routes
et véhicules communicants), un projet
qui mobilise depuis deux ans une
vingtaine de chercheurs répartis entre
Villeneuve-d'Ascq (59) et Rennes,
Une information visuelle captée par
la voiture en tête de peloton peut
être transmise au véhicule suiveur
dans le cadre d'une Équipe projet
multilaboratoires (EPML) initiée par
le CNRS"'.
Le projet comprend deux phases :
la communication entre véhicules et
la communication entre un véhicule
et une bome située sur le bord de la
route. Son principe consiste à coupler
le GPS à une interface informatique,
par exemple un PDA (partie développée
par les équipes de Lille et
Villeneuve-d'Ascq), elle-même couplée
à un boîtier d'émission/réception
permettant la communication sur la
fréquence de 60 GHz. "L'utilisation de
cette haute fréquence nous permet
d'avoir un débit important et peu de
pollution donc une très bonne qualité
de transmission, poursuit Mohamed
Himdi. De plus, comme la longueur
d'onde"' conditionne la taille de l'antenne,
on est dans une configuration où
le modèle sera de très petite taille. Sa
mise en place sur le toit d'un véhicule ne
devrait pas poser de problèmes et puis cela
réduit les coûts ; ce critère est en effet très
important pour un produit grand public."
Le concept même de l'antenne est
celui de l'antenne à balayage, déjà
bien connu et utilisé par l'armée et qui
consiste à capter partout mais de façon
sélective (principe du phare). Mais
l'IETR en a développé une variante
très innovante. En 2000, les chercheurs
rennais ont en effet mis au point une
antenne à balayage électronique.
Comme son nom l'indique, le balayage
de la zone ne s'effectue pas de façon
mécanique mais électronique, grâce
à la commutation ultrarapide des
charges disposées en couronne autour
d'un monopôle central principal (voir
photo). L'antenne expérimentale,
dimensionnée pour les essais pour
fonctionner à 2,4 GHz (au lieu de
60 GHz pour le projet final) a encore
comme originalité d'être réalisée dans
de la mousse métallisée : les tiges
(des antennes filaires que l'on connaît)
sont ici des trous métallisés !
Techniquement, d'après les premiers
tests, l'information passe et
beaucoup de choses sont possibles :
on peut diffuser la position des véhicules,
la vitesse, la distance de freinage,
et également des images. Par
exemple, si les voitures sont équipées
de caméras, il devient possible de
voir ce que voit la voiture de devant !
Même les véhicules situés derrière et
sur les côtés peuvent être repérés
puisque l'antenne tourne sur 360°.
"Mais une question que nous nous
posons souvent est : est-ce que les gens
vont l'utiliser ? On sait, par exemple,
que la question de la transmission
d'images peut poser des problèmes de
sécurité en détournant l'attention du
conducteur... Or, nous avons découvert,
au cours du colloque, que des collègues
de l'Université Rennes 2 travaillaient
sur ces questions de l'acceptabilité des
nouvelles technologies pour l'assistance à
la conduite, poursuit Mohamed Himdi.
Et cela nous intéresse au plus haut
point"
Réalisée dans de la mousse métallisée,
l'antenne expérimentale, dimensionnée
pour les essais pour fonctionner à
2,4 GHz, mesure quelques centimètres.
Pour les 60 GHz prévus dans le projet
final, elle ne fera plus que quelques
millimètres de diamètre.
Rouvécom est donc dans le vent,
comme en témoigne également
l'appel à projets européen sorti
récemment dans le cadre du 6e
PCRDT, intitulé "E-Safety of Road
and Air Transport" et auquel l'IETR
est bien sûr en train de répondre.
Déjà repéré comme faisant partie du
réseau d'excellence Ace (Antenna
Center of Excellence), l'Institut
d'électronique et de télécommunication
de Rennes part ainsi avec une
longueur d'avance ! n N.B.
"' IETR : Institut d'électronique et de telecommunications de
Rennes. "' Des chercheurs de l'Inrets (Institut national de
recherche sur les transports et leur sécurité, de tIEMN (Institut
d'électronique, de microelectronique et de nanotechnologies), du
LIFL (Laboratoire d'informatique fondamentale de Lille) et
de tIETR sont impliqués dans ce projet. "' La langueur d'onde
est égale d l'inverse de la fréquence en Herz. "' Créé par décret
interministériel en 1985, l'Institut national de recherche sur les
transports et leur sécurité (Inrets) est un Établissement public
d caractère scientifique et technologique (EPST), placé sous la
double tutelle du ministère de la Recherche et du ministère
chargé des Transports,
Contact 4 IETR, Mohamed Himdi,
tél. 02 23 23 67 15,
mohamed.himdi@univ-rennesl.fr
® LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DANS LA CITE
Des antennes (~!
qui tournent rond
Si ces dernières années, l'automobile a largement
bénéficié des avancées dans le domaine de
l'électronique, ce sont, aujourd'hui, des innovations
dans les télécommunications qui révolutionnent
le plus nos habitudes de conduite. Basé en partie
sur la mise au point d'une antenne intelligente
par des chercheurs de l'IETR(') (Rennes), le projet
Routes et véhicules communicants (Rouvécom) en
est une nouvelle illustration.
- —a 1111111...,,,_
-1 /
Confort Confiance ' Sécurité Plaisir
Régulé n Limité Avertissement q Instrumenté
-0,5
0,5 /
0
A Évaluation du dispositif - dans une
expérience de gestion des interdistances
Les systèmes de conduite fortement contrôlés
(modes régulé et limité) apportent peu de confort
et pas de plaisir aux conducteurs. Ceux-ci
préfèrent les systèmes dans lesquels ils gardent
le contrôle (modes avertissement et instrumenté)
et en lesquels ils ont le plus confiance.
'4 Sentiment de contrôle
Le sentiment de contrôle du conducteur est
logiquement beaucoup plus fort dans les systèmes
où il peut prendre la main (modes avertissement
et instrumenté).
-0,4
Sentiment de contrôle
0,8
0,4
1,6
1,2
0
ÉVALUATION DES DISPOSITIFS
Comment accepterez-vous
de (vous) conduire demain ?
Quand l'acceptabilité
dicte la technique o
Arcos, l'Action de recherche pour une conduite
sécurisée vient de toucher à sa fin. Cette étude,
financée par l'État français, avait comme
originalité de conduire en même temps que des
recherches sur des thèmes technologiques, des
études d'acceptabilité économique, juridique et
sociale. Une équipe de l'Université Rennes 2 était
impliquée. Détails.
Alors que des chercheurs de
l'IETR planchent sur la mise au
point d'antennes pour la communication
entre véhicules en s'inquiétant
de l'accueil que vont faire les conducteurs
de cette technologie (voir page
ci-contre), non loin de là de l'autre
côté de la ville, une équipe de l'Université
Rennes 2 étudie l'acceptabilité
sociale de systèmes d'aide à
la conduite dans le cadre d'un tout
autre projet... Mettre au point des
appareils technologiques pour : gérer
les distances entre véhicules, prévenir
les collisions et les sorties de
route, ou encore alerter les véhicules
en amont d'incidents ou d'accidents,
tels étaient en effet les objectifs
d'Arcos, une action de recherche
fédérative préconcurrentielle lancée
en 2000 par l'État dans le cadre des
actions pour la sécurité routière, et
qui vient de prendre fin.
"C'est une chose rare, mais Arcos a
eu ceci d'original d'intégrer d'emblée,
parallèlement aux recherches en
sciences de l'ingénieur, les notions
d'acceptabilité économique, juridique
et sociale, explique Alain Somat, le
directeur du Laboratoire armoricain
de recherche en psychologie sociale
(Laureps), de l'Université Rennes 2,
qui s'est d'ailleurs vu confier cette
partie sur l'acceptabilité sociale des
technologies d'aides à la conduite.
Savez-vous que dans un accident sur
deux la ceinture de sécurité n'est encore
pas accrochée ?", poursuit celui-ci pour
illustrer le fait qu'une technologie,
aussi simple et utile soit-elle, ne servira
à rien si elle n'est pas d'abord
acceptée par les utilisateurs. Une
acceptabilité d'autant plus urgente à
déterminer dans Arcos, que la sécurité
de chacun est en jeu. "Mais cela
ne se limite pas à demander aux gens
s'ils trouvent bien telle ou telle chose !
C'est beaucoup plus compliqué que
cela !" Et l'on entre alors dans le
champ de l'acceptabilité sociale,
c'est-à-dire la détermination de
l'influence que va avoir le jugement
des gens à l'égard de l'utilisation d'un
objet ou d'une technique, dans un
groupe d'appartenance sociale. Plus
concrètement : comment va être
perçu dans votre entourage le fait que
vous utilisiez un système d'assistance
à la conduite ? Serez-vous considéré(
e) comme quelqu'un de prudent
? De peureux ? Ne sachant pas
conduire ? Cette méthodologie qui
consiste à utiliser le jugement de l'utilisateur
est un grand classique de la
psychologie sociale.
Auto macho ?
Dans le cadre du projet Arcos,
on a même demandé à des personnes
de juger des individus
conduisant un véhicule équipé d'un
système d'aide à la conduite. 8 films
de 2 minutes chacun ont en fait été
réalisés : 4 situations de contrôle (plus
ou moins fort) ont été testées par un
homme et une femme. Résultat : une
personne qui laisse le contrôle de
son véhicule au système est très mal
perçue et ce d'autant plus que c'est
un homme qui juge ! Et encore plus
quand un homme juge un autre
homme... Conclusion, au-delà de certaines
considérations machistes : les
systèmes d'aide à la conduite doivent
laisser au sujet le choix d'utiliser ou
On a demandé
à des personnes
de juger des
individus conduisant
un véhicule équipé
d'un système d'aide à la
conduite. Les films se
présentaient de la façon
suivante : en haut à gauche de
l'écran : le visage de la personne
conduisant; dessous : les pédales
d'accélérateur et de frein que
le conducteur actionnait ou non ;
en bas à droite : une vue extérieure
permettant au participant d'évaluer
la distance séparant les deux
véhicules; en haut à droite deux
plans différents se succédaient :
la vision du conducteur ou l'interface
graphique du dispositif.
non la technologie ; en d'autres
termes : ils doivent laisser à l'individu
la liberté de perdre le contrôle.
Les SHS à la rescousse
"Il existe en ce moment un gros
intérêt des ingénieurs pour les sciences
humaines et sociales", se réjouit Main
Somat qui ne s'explique pas pour
autant les raisons de ce nouvel
engouement. Est-ce le fait que la
technique permette de plus en plus
de choses et ne soit plus un frein à
la réalisation de nos rêves les plus
fous ? Est-ce encore la pression de
l'acceptabilité sociale devenue
aujourd'hui tellement importante
qu'on ne fait plus rien qui ne soit
pas bien vu par les voisins ? Quoi qu'il
en soit, le fait de mener en parallèle
des études de faisabilité technique
et d'acceptabilité paraît tout à fait
logique et censé et devrait éviter bien
des gâchis.
Que les chercheurs de l'IETR
travaillant sur le projet Routes et véhicules
communicants se rassurent, ils
auront les réponses à leurs questions
sur l'acceptabilité. n N.B.
Contact 4 Alain Somat,
tél. 02 99 14 19 55, alain.somat@uhb.fr
Expérimentation sur l'île de Houat
le 13 décembre dernier: la parabole
de gauche est tournée vers Belle-Île
(15 km) et celle du centre est tournée
14 vers Vannes (20 km).
H
Télémédecine, téléassistance et télérelation
Télémédecine à domicile
Les expérimentations Altermed
Améliorer la continuité des soins médicaux grâce
à des technologies alternatives d'accès à l'Internet
haut débit, tel était l'objectif initial d'Altermed,
un projet coordonné par le Club des acteurs
de télémédecine (Catel), basé à Vannes. Passé
les phases de test, l'expérimentation "grandeur
nature" est aujourd'hui en cours. Récit.
AItermed comprend deux
volets : le premier : "Altermed
patient à domicile" correspond à un
service de téléconsultation qui
permet de relier un patient hospitalisé
à domicile avec son centre de
soins ; le second "Altermed hôpital
local" est un système de téléexpertise
visant à assurer un lien entre des
établissements ou des postes de
soins éloignés, ce qui est notamment
le cas dans le Morbihan, entre le
Centre hospitalier de Bretagne
atlantique ou la clinique Océane, à
Vannes, et le médecin ou l'infirmière
des îles de Houat et Hoèdic.
Or, Altermed n'a pas lieu en
Bretagne par hasard. Parmi les
régions pilotes en termes de télémédecine,
grâce notamment au dynamisme
du Catel, la Bretagne est
technologiquement à la pointe. Elle
bénéficie, par exemple, déjà du
réseau câblé haut débit Mégalis"', qui
permet la transmission de données
médicales sécurisées entre différents
établissements hospitaliers. Et
quand il s'agit de tester un autre type
de réseau tel que le Wimax pour
relier le domicile d'un patient dans
un système d'hospitalisation à domicile
(HAD), elle n'est pas en reste.
Avant de réaliser les essais sur les îles du
Morbihan, des tests de distance (30 km)
ont été effectués entre la pointe
Saint-Gildas et la pointe du Croisic en
Loire-Atlantique, plus faciles d'accès.
Comme le Wi-Fi, le Wimax est
une technologie sans fil s'appuyant
sur le faisceau hertzien, mais dont
la portée peut atteindre plusieurs
dizaines de kilomètres (contre une
centaine de mètres pour le Wi-Fi).
Des expérimentations ont en effet
été réalisées entre Vannes et BelleÎle,
pour vérifier notamment la transmission
au-dessus de l'eau et par
temps de pluie, et... ça marche ! Les
47 km séparant Belle-7e de la côte
ont été franchis et le crachin breton
ne constitue pas un obstacle ! "Nous
espérons que cette expérience, pilote en
Bretagne, va montrer l'importance des
technologies alternatives (en l'occurrence
Wimax) pour le lancement et la
pérennisation de nouveaux services à
distance", se réjouit Pierre Traineau,
directeur du Catel. Autre technologie
alternative : celle des Courants porteurs
en ligne (CPL). Quasiment au
point en intérieur, car permettant de
prolonger très simplement un réseau
dans un bâtiment, ici le domicile
du patient, la technologie "CPL
Outdoor" manque encore de solutions
techniques et commerciales en
extérieur (voir rubrique "Comment
ça marche ?", page 18 de ce numéro).
"L'avenir, c'est la complémentarité de
toutes ces technologies, poursuit-il, et
Altermed en est une excellente
démonstration."
Et le projet comporte une autre
originalité, liée à une rencontre inattendue
: celle avec Anne-Briac Bili
qui, après un DEA sur les aspects
sociologiques de la télémédecine
au Laboratoire de recherche en
sciences humaines et sociologiques
(Lares) de l'Université Rennes 2,
envisageait de poursuivre ses
travaux sur ce thème dans le cadre
de sa thèse. Elle a contacté Pierre
Traineau juste avant le lancement
d'Altermed, au printemps 2004.
"Je ne pouvais pas rêver mieux !,
commente-t-elle. Le thème même
est complètement en phase avec mes
travaux ; le fait que j'arrive en tout
début de projet me permet de réaliser
un suivi complet de l'évolution des
pratiques des patients et du corps
médical et enfin, le fait que l'expérimentation
ait lieu dans le Morbihan
apporte une justification régionale à
ma thèse qui, du coup, est financée
par le Conseil régional de Bretagne ! ",
explique-t-elle ravie.
Aujourd'hui, un patient a été
choisi dans le cadre d"'Altermed
patient à domicile". Habitant à une
dizaine de kilomètres de Vannes, il
recevait la visite d'un médecin deux
fois par jour. Jeune tétraplégique,
il peut néanmoins bouger un doigt
ce qui lui permet d'actionner un
bouton ; il n'a par ailleurs aucun
problème pour communiquer oralement,
ce qui fait que le système de
la visioconférence, choisi ici, pourra
tout à fait lui convenir.
"De l'objet technique
à l'objet social"
Or, l'intervention de la "socio",
comme on l'appelle parfois a un peu
surpris les ingénieurs. "Valider les
aspects techniques est évidemment
très important, illustre Anne-Briac
Bili, mais voir comment l'appareil va
être perçu et utilisé parle patient et le
corps médical ne l'est pas moins. Et
c'est pourquoi je tiens absolument à
être présente le jour où on l'équipe."
Travailler sur le continuum acceptation
- utilisation - intégration de la
Le projet Altermed allie des
technologies complémentaires.
technologie constitue une partie
importante de l'étude sociologique
pour laquelle Anne-Briac Bili a prévu
de faire près de 200 entretiens
(patients, professionnels de santé,
administrateurs, politiques, techniciens,
sociologues...). Et les points à
aborder sont nombreux : comment
patients et médecins vivent-ils ce
changement de pratiques ? Ou bien
le fait que l'habitation (re)devienne
une zone médicalisée ? Comment
le médecin perçoit-il sa "mise en
réseau". Le partage de ses connaissances
sur le patient ?
C'est un fait, les pratiques médicales
ont déjà beaucoup évolué :
passant d'une médecine thérapeutique,
dont le but est de soigner, à
une médecine diagnostique, dont la
finalité est de maintenir la santé.
Mais "la télémédecine ne doit évidemment
pas remplacer les pratiques
médicales habituelles. Elle doit garder
sa fonction qui consiste à pallier des cas
très particuliers. Personne n'a envie de
voir les médecins se transformer en
ingénieurs médicaux gestionnaires de
données ! ", poursuit Anne-Briac Bili.
Pour l'heure, un rapport de l'expérimentation
Altermed doit être rendu
fin mars au ministère de la Recherche
(notez qu'il ne s'agit pas encore du
ministère de la Santé !), qui jugera
de l'intérêt de le développer. Car
d'autres idées sont déjà en train
d'émerger, comme celle de la valise
de télémédecine qui permettrait de
transmettre, toujours à distance, des
facteurs physiologiques permettant
une certaine prise en charge du
patient depuis son domicile. n N.B.
"' Mégalis est un réseau régional qui propose des solutions de
connexion d haut débit adaptées aux établissements publics et
relevant de ses différentes communautés d'intérêt général en
Bretagne et en Pays de la Loire. Dans chacune des régions,
Mégalis est géré par un syndicat mixte regroupant les
principales collectivités (Conseil régional, départements,
communautés de communes...). www.megalis.org
Contact 4 Pierre Traineau,
tél. 02 97 68 14 03,
pt.catel@telemedecine.org,
Anne-Briac Bili, abpro@hotmail.com
Poste client PA MA AdministrateurTQpa
Participation-Brest
XML-RPC H~~ B
Le Télégramme
Mairie de Bellevue
HTTP
.___H_TT„P „
BD, Web,
mail
HTTP
~'`--►
Serveur T@pa
SMS/MMS
plate-forme
Téléphone MMS T@pa.
TV-résidence
/MTP
1
Passerelle MMS
Proche (PE)
Proche (PE)
Architecture
de la
N'oublions pas le côté humain
T©pa
De la téléassistance à la télérelation
Démarré par des
informaticiens dans
l'idée de faire de la
téléassistance, le projet
T@pa a rapidement
évolué vers un autre
concept, suite à la prise
en compte des
recommandations
de sociologues. Détails
d'un projet rondement
mené.
I porte ses origines dans son nom :
T@pa, un sigle choisi par des informaticiens
dont le but était de développer
un projet de Télé@ssistance
pour les personnes âgées. Mais au
bout de 2 mois un constat s'impose :
comment identifier le groupe de
personnes volontaires pour tester le
nouveau produit ? Quels services
peut-il leur proposer ? "Ce n'était
évidemment pas le travail d'informaticiens,
mais celui de sociologues, commence
André Thépaut, du groupe
de travail services innovants pour
personnes dépendantes du département
informatique de l'ENST"'
Bretagne à Brest. Or, dans le cadre
d'un autre projet (Maisons intelligentes),
mené avec l'INT d'Évry et
l'hôpital de Garches, j'avais déjà eu
l'occasion de collaborer avec des sociologues,
ce qui est souvent indispensable
quand on est amené à travailler
avec des personnes qui peuvent être
fragiles : handicapées ou âgées. Et
dans le cas de T@pa, nous n'avons
pas eu besoin d'aller bien loin : les
compétences existaient à Brest !" Et
voilà l'Atelier de recherche sociologique
(ARS) de l'UBO associé au
projet"', une collaboration qui a rapidement
porté ses fruits.
Après avoir sélectionné des
personnes susceptibles d'être intéressées
par la plate-forme T@pa,
c'est-à-dire des personnes âgées
dépendantes, bénéficiant de l'Allocation
personnalisée d'autonomie
(APA), des entretiens ont été réalisés
afin de mieux connaître le réseau
social de ces personnes et les usages
qu'elles font des nouvelles technologies.
Il s'est avéré que les personnes
âgées ont rejeté le projet initial de
téléassistance. "Ce n'est pas d'un
système de rappel de prise de médicaments
dont elles ont besoin, mais
d'une dimension relationnelle !,
explique Hélène Trellu de l'ARS. Du
coup, cela nous a amenés à revoir la
nature des services offerts par la plateforme",
qui comprend finalement :
un système de communication avec
le réseau affectif de la personne ;
l'accès à de l'information
de quartier, via la mairie
du quartier de Bellevue à
Brest, à une sélection d'articles du
Télégramme, ou encore à des documents
issus du réseau câblé à Brest.
Le travail des sociologues a
aussi apporté des éléments quant
au choix des technologies. Les personnes
âgées interrogées étaient
par exemple très réticentes à l'idée
d'utiliser un ordinateur avec un clavier,
une souris... La télévision est
donc l'objet qui a été retenu comme
média de communication. Objet
familier dans la maison, il y occupe
une place importante et son utilisation
n'oblige pas à revoir l'agencement
du domicile. "C'est en cela que
l'étude d'usage en amont est très
importante : les populations et les attitudes
changent, argumente André
Thépaut. Aujourd'hui, les personnes
âgées ont choisi la télévision comme
média ; et demain ? Nous sommes
les personnes âgées de demain et
nous préférerons certainement l'ordinateur
!" L'équipe de l'ENST Bretagne
a par ailleurs développé une
interface reposant sur la succession
de menus très simples, accessibles
via une télécommande elle aussi
simplifiée. Derrière tout cela, une
unité centrale (de faible consommation
et silencieuse ! - des critères
importants pour les utilisateurs) est
reliée au routeur, qui se trouve dans
les locaux de l'ENST Bretagne, et qui
permet lui-même les liens avec les
différents acteurs : personnes de
l'entourage et services de la commune
(voir schéma ci-contre).
La plate-forme a été déployée en
décembre demier chez 4 personnes
âgées volontaires du quartier
Bellevue à Brest, ce qui implique en
tout
15 personnes
de
l'entourage. Le
témoignage de l'une
d'entre elles, -une dame en
fauteuil roulant qui n'est pas sortie
de chez elle depuis 6 ans-, est explicite
: quelques heures après Noël,
elle recevait les photos de ses petitsenfants
jouant de la musique, grâce à
T@pa ! Elle reçoit également des
messages écrits d'un de ses petitsfils
: "Il ne sait pas encore très bien
écrire et il habite à 5 minutes d'ici,
mais ça lui fait plaisir !" "Les premiers
résultats de l'expérimentation révèlent
que les personnes âgées aimeraient
bien pouvoir répondre aux messages,
dire qu'elles ont bien reçu les photos,
précise Hélène Trellu. Nous allons
donc travailler sur cet aspect, à court
terme et pourquoi pas proposer de
nouveaux services." Alors, pari réussi ?
Les membres du projet T@pa espèrent
bien convaincre. n N.B.
"' ENST Bretagne : École nationale supérieure de
télécommunications de Bretagne.''' T@pa est soutenu
financièrement par la fondation d'entreprises SFR/Cegetel, la
Communauté urbaine de Brest et le Conseil général du
Finistère.
Contacts -h André Thépaut,
ENST Bretagne, tél. 02 29 00 14 37,
andre.thepaut@enst-bretagne.fr,
Hélène Trellu, UBO, ENST Bretagne,
tél. 02 29 00 15 58,
helene.trellu@univ-brest.fr
Pour visionner le film du projet
4 www-info.enst-bretagne.fr/
Projets_rech/tapa.html 15
=f[vAiEF.]005
L9.1 . _ ~ ~01194.:1L1..1.=. , . ~ ~ .,~., ..,.,.1 ~,:
CwMIcA
22/02(29N 13 23 19
OLICOOLOE100
a 0 0
fmwe m tan pue COI£OELO Verte (TS)
L'expert peut capturer certaines images et y insérer des pictogrammes en réalité
16 augmentée (à gauche).
C a m ka system
Le net plus ultra de la téléassistance
Camka, une société morbihannaise, s'est lancée
dans la mise au point d'un ensemble technologique
permettant de réaliser des interventions à distance.
Où comment les nouvelles technologies l'ont fait
passer de la maintenance à la téléassistance.
ors du colloque organisé par
l'IETR sur le campus de Beaulieu,
à Rennes, en décembre dernier, le
mannequin de la société Camka ne
passait pas inaperçu : casque micro,
caméra, lunette de visée tête haute
(HDU), écouteurs, base PC et valise
Wi-Fi, son équipement était digne
d'un "Indestructible", mais sa combinaison,
légèrement moins seyante,
rappelait plutôt le monde de la
maintenance. Mais c'est de télémaintenance
dont il s'agit en vérité !
Et vous pouvez quand même continuer
à rêver car le "Camka system"
est au point et opérationnel depuis
juillet 2004. Cet ensemble technologique
permet de réaliser des interventions
techniques, pas forcément
très difficiles ou compliquées mais
qui nécessitent un expert et ce, à distance.
11 peut bien sûr être utilisé
dans un environnement industriel
classique mais aussi, et c'est là toute
sa légitimité, dans des environnements
moins accessibles comme le
monde marin et les plates-formes off
shore, par exemple.
Le principe : sur place, le technicien
est guidé par un expert qui peut
se trouver à des kilomètres de là.
Celui-ci prend connaissance de la
situation depuis son PC grâce à une
simple connexion Internet au serveur
sécurisé Camka et via une interface
développée par la société. Outre la
communication orale, il a ainsi accès
aux images transmises par la caméra
du technicien, et peut en capturer
certaines en haute définition pour
les lui renvoyer, dans sa lunette de
visée, agrémentées d'images en
réalité augmentée. Ces dernières
peuvent par exemple être des pictogrammes
(flèches) permettant de
montrer précisément au technicien
l'endroit où intervenir, le bouton à
enclencher... Le système utilise les
flux satellitaires et radio ce qui
permet une utilisation nomade et
sans fil du technicien intervenant.
Cela a l'air simple et évident mais
n'existait pas jusqu'alors sur le
marché. "Nous avons des concurrents
en Allemagne et au Canada mais pas
en France, précise Pierre Couëdelo,
le dirigeant de Camka. Et le plus de
Campa system c'est vraiment la facilité
de mise en oeuvre. Nous avons
fabriqué le produit de nos rêves ! Si
nous avions été informaticiens, il n'aurait
certainement pas été si simple."
Car à l'origine, le coeur de métier de
la petite société morbihannaise,
basée à Quéven, est bien la maintenance
et pas du tout les nouvelles
technologies de l'information et de
la communication. C'est donc le côté
pratique et utile qui a été privilégié.
"Nous voulions créer un produit innovant,
poursuit-il, mais qui soit facilement
adoptable par les utilisateurs."
Car, comme c'est souvent le cas, ses
techniciens peuvent faire jusqu'à 8h
de route pour se rendre sur un site et
réaliser un dépannage qui ne prend
lui-même que très peu de temps.
"C'est vraiment cela qui nous a
motivés."
L'autre point fort du projet est qu'il
a été développé en collaboration
avec une équipe d'ergonomes de
l'Université de Bretagne sud (UBS).
"C'est en fait une collaboration entre
trois partenaires, commente Christine
Chauvin, directrice du Laboratoire
d'ergonomie et sécurité des activités
maritimes (Lesam) : l'entreprise, l'université
et un étudiant qui a porté le
projet dans le cadre de sa maîtrise. Ce
que nous avons apporté à Cam ha, ce
sont des outils méthodologiques concernant
l'identification des problèmes que
peuvent rencontrer les utilisateurs, ou
encore la définition d'une terminologie
commune à l'expert et au technicien.
Nous avons également travaillé sur
l'évaluation des outils en cours de
conception", poursuit-elle. "L'application
de ces connaissances universitaires
en ergonomie ainsi que la qualité de
cette collaboration a contribué de
manière essentielle à l'adoption du
produit par ses utilisateurs", précise
encore Pierre Couëdelo.
Après 3 ans de développement,
Camka system est opérationnel
depuis l'été dernier et ne cesse
même de s'améliorer : la base PC et
la valise Wi-Fi qui pesaient jusqu'à
présent 10 kg n'en font plus que
2 aujourd'hui ! La mise au point de
ce nouveau produit a une influence
certaine sur les activités de la
société Camka, qui, en plus de
l'activité de maintenance locale,
a développé celle de la téléassistance.
Son objectif d'ici
3 ans: développer 1 à 1,5 million
d'euros de vente de service et
de système. n N.B.
Contact 4 Camka,
Pierre Couèdelo,
tél. 02 97 05 08 98,
contact@camka.com
~I.NI 3,FEVRIHi2005
L'ergonomie
des activités maritimes
Les principaux thèmes de recherche
du Lesam concernent traditionnellement
le secteur maritime, c'est-à-dire
un environnement où les espaces
sont plutôt réduits (cabines de navires,
sous-marins...) et en mouvement
(situation continuellement dynamique).
Les travaux visent donc à améliorer
la sécurité et les conditions de travail
des navigants en intégrant
l'ergonomie dès les phases de
conception d'un navire, et à
apporter des aides à la décision
et à la gestion des risques en
optimisant la coopération Homme
machine. "La collaboration avec
la société Camka était donc assez
éloignée de ce que l'on fait
habituellement, mais les
méthodes restent les mêmes,
précise Christine Chauvin.
Et ce qui nous a beaucoup plu
dans ce projet c'est l'aspect
très innovant du sujet !"
L'ensemble des contributions
présentées au cours du colloque du
9 décembre 2004 (ateliers, posters) sont
disponibles à l'adresse suivante :
http://tic-citituniv-rennesl.fr
www.arcos2004.com
Pour avoir une vision globale de
l'Action de recherche pour une conduite
sécurisée (Arcos), menée au niveau
national et présentée uniquement sous
l'angle de l'acceptabilité sociale dans
ce dossier (page13).
Pour en savoir plus
Contact-' Lesam,
Christine Chauvin,
tél. 02 97 87 45 21,
christine.chauvin@univ-ubs.fr
Sur Internet À lire
Le radar 1904-2004: histoire d'un siècle
d'innovations techniques et opérationnelles
Yves Blanchard-Ellipses, 2004
On a fêté en 2004 le centenaire du Télémobiloskop,
premier ancêtre du radar. C'est une des
trois ou quatre inventions qui ont le plus marqué
l'histoire des techniques au XX` siècle.
Ce livre illustre la place prépondérante qu'elle
a tenue dans notre histoire contemporaine en
situant les facteurs déclencheurs de l'innovation
dans le contexte de l'histoire générale. Un index,
un tableau chronologique et 250 références de
matériels complètent l'ouvrage.
4 Disponible à la bibliothèque Colombia de Rennes.
Formations
Voici quelques exemples de formations qui allient sciences humaines et Tic,
ou Tic et sciences humaines en Bretagne :
À l'Université Rennes 2 (UHB)
Deust : Usages socio-éducatifs des technologies de l'information et de la communication
(Usetic).
Licence professionnelle : Usetic (voir Deust ci-dessus) - Mention intervention sociale.
-*Secrétariat, tél. 02 99 14 19 66, pascale.riche@uhb.fr
Master Ire et 2` années : Technologies de l'éducation et de la formation.
Rens. 4 Secrétariat pédagogique 1" année, tél. 02 99 14 19 04;
secrétariat pédagogique 2e année, tél. 02 99 14 19 99.
Master Ire et 2e années : Sciences de l'information et de la communication. Deux orientations
possibles : I/ Recherche : étude et recherche en information et communication.
2/ Professionnel : métiers de l'information et de la communication organisationnelles.
Rens. 9 Responsable de la formation, Christian Lemoénne, christian.lemoenne@uhb.fr
Master 2' année : technologies d'information et de communication, innovation, réseaux et
usages (Ticiru)
Secrétariat pédagogique, tét 02 99 14 19 99, anne-marie.gueguen@uhb.fr
Master 2e année : Psychologie du travail et ingénierie psychologique
Rens. UFR sciences humaines, master professionnel: www.uhb.fr
À l'Université de Bretagne occidentale (UBO)
Deust : Technicien multimédia interactif et communicant (TMIC). Une nouvelle version de la
formation devrait ouvrir en septembre 2005.
Service de formation continue et d'éducation permanente (Sufcep),
tél. 02 98 01 63 32, www.univ-brestfr/fc
C2I : ce Certificat informatique Internet sera bientôt intégré dans la formation des étudiants
inscrits à l'IUFM"'. L'UB0 expérimente actuellement le fait de le proposer à tous les étudiants
de licence.
Bruno Le Berm, téL 02 98 01 80 43, bruno.leberre@univ-brest fr
À l'ENST Bretagne (Brest)
Master spécialisé : Informatique appliquée à la décision bancaire et actuarielle.
Jean-Marc Boucher, responsable des enseignements de 3` cycle,
tél. 02 29 00 13 57, jm.boucher @enst-bretagne.fr
"' IUFM Institut universitaire de formation des maitres.
Le mois prochain : L'imagerie 17
Equipement CPL
Routeur
INTERNET
Câble électrique
Utilisation "indoor"
Signal électrique classique (50 Hz)
Signal très haute fréquence
(de 1 à 30 MHz)
Modem CPL
Courant basse tension
et données
Sous-station
basse tension
Ligne haute tension Courant et données
Modem CPL
`'`,I.' \ Equipement CPL
~,
~ ►::I%
s~> ~
ei_ i°g1`
o
Transformateur
Sous-station
basse tension
INTERNET
Fibre optique
Equipement CPL
Utilisation "outdoor"
COMMENT ÇA MARCHE ?
Les Courants porteurs en ligne
La "fée électricité"
se met au service de
l'Internet et fait de
chaque prise électrique
un point de
raccordement potentiel
au réseau Internet
haut débit. Et cela
grâce à la technologie
des Courants porteurs
en ligne. Explications.
18
Infrastructure électrique couvrant
l'ensemble du territoire jusqu'aux
zones rurales les moins facilement
accessibles, le transport des
données via le réseau électrique
pourrait faciliter un accès généralisé
à Internet. La technologie des Courants
porteurs en ligne (CPL) offre
un moyen d'y parvenir. Le principe
est simple, il suffit de superposer
un signal à très haute fréquence
(1 Mégahertz à 30 Mégahertz) faible
énergie et porteur d'information, au
signal électrique classique à 50 Hz qui
joue le rôle de porteuse (figure 1).
L'idée n'est pas nouvelle. Elle est
exploitée depuis longtemps par EDF
mais uniquement pour des transmissions
bas débit (basculement des
compteurs du tarif jour vers le tarif
nuit, commande à distance de
relais...). Et c'est bien là que se situe
tout l'enjeu. Les CPL sont-ils en
mesure de proposer des débits suffisants
pour concurrencer les autres
offres pour l'Intemet haut débit ?
Les premiers produits CPL
"indoor" (installations derrière un
compteur privé) commencent à
arriver sur le marché. Ils permettent
d'étendre un réseau local ou bien de
partager un accès à l'Intemet haut
débit déjà existant. Un premier boîtier
(équipement maître) réalise "le
mélange" : il couple l'information
venant d'Internet au réseau électrique.
Chaque ordinateur récupère
ensuite Internet grâce à un autre boîtier
branché simplement sur une
prise électrique et relié à l'ordinateur
via une sortie USB (Universal Serial
Bus) ou Ethernet"' et qui "redécompose"
l'information (figure 2). Pas
de câblage compliqué et aucun
problème de réglementation dans
ce cas-là, la seule restriction étant de
ne pas créer de nuisances par interférence.
Le débit théorique de la
solution grand public en vente est
de 14 Mégabits par seconde12'. Mais
le réseau électrique est un canal de
transmission très perturbé : les
imprimantes, les téléviseurs, tous les
appareils électriques, ordinateurs
compris, sont susceptibles d'engendrer
des "bruits" (les résistances
électriques, par exemple, sont à l'origine
d'un bruit dont l'intensité augmente
avec la température) ou des
interférences qui polluent la transmission
de sorte que, dans la pratique,
les débits sont de l'ordre de 6
Mégabits par seconde, ce qui reste
raisonnable pour une application
domestique (le débit théorique est
de 11 Mégabits par seconde avec la
technologie Wi-Fi).
Et au-delà des compteurs électriques
privés ? Les choses deviennent
beaucoup plus compliquées,
tout d'abord à cause de la réglementation.
Pour transporter des données,
il faut être titulaire d'une
licence d'opérateur de réseaux de
télécommunications, ce qui n'est pas
le cas d'EDF. Pour le moment, seules
des expérimentations ont été lancées,
dans le département de la
Manche notamment, mais aucune
offre commerciale n'a vu le jour. Sur
un plan purement technique, des
difficultés apparaissent également.
La principale vient de la présence de
transformateurs sur l'ensemble du
réseau électrique. Ces derniers sont
constitués de bobinages qui ne laissent
pas passer les hautes fréquences
(les bobines se comportent
comme un interrupteur ouvert vis-àvis
des hautes fréquences et comme
un interrupteur fermé vis-à-vis des
basses fréquences). Le passage des
CPL à travers les transformateurs est
donc impossible. Les expérimentations
en cours contournent ce problème
en amenant le signal Internet
- qui "voyage" par câble, satellite,
fibre optique - au niveau du transformateur.
De là, le signal est ensuite
envoyé sur les différentes lignes
électriques. Ce principe fournit une
alternative pour la boucle locale (les
derniers mètres pour relier l'usager)
et se pose donc comme un complément
des réseaux existants (figure 3).
Les collectivités locales pourraient
tenir là le moyen de relier les zones
rurales oubliées par la "toile mondiale".
Affaire à suivre... n
"' Ethernet est un standard de communication pour les
réseaux locaux. "' Le Mégabit par seconde est une unité de
mesure du débit. Le bit (binary digit) est l'unité élémentaire
informatique, 1 Mégabit par seconde correspond d 1 million
(1 048 576 très exactement) de bits par seconde.
Florence Alberge, maître de
conférences à l'IUT d'Orsay,
en collaboration avec le Centre de
vulgarisation de la connaissance,
unité de service de l'Université
Paris-Sud 11, www.cvc.u-psud.fr
Jiir~~ i -rarEVR1ER 20o
ESPACE DES SCIENCES
L'ESPACE DES SCIENCES À MORLAIX
PLUS QUE QUELQUES JOURS
POUR JOUER !
Attention, en pénétrant dans le lieu de l'exposition
"Jeux sur je", vous apercevrez peut-être une tablée de 4 personnes
au comportement étrange : elles applaudissent, se cachent un oeil, miment
un "chuut" en se posant un doigt sur la bouche, ou s'empressent d'appuyer
sur une touche du plateau de jeu... Ne paniquez pas ! Approchez-vous
et glissez-vous sur les sièges dès que vous le pourrez. Vous allez
(normalement) passer un bon moment et découvrir en même temps votre
capacité à analyser le plus rapidement possible un message a priori
simple, composé d'une couleur et d'un pictogramme, et à le traduire en
actions décrites ci-dessus. Ça y est ? Vous avez intégré l'enchaînement à
réaliser ? Attention les règles changent et c'est un autre schéma qu'il vous
faut maintenant mémoriser ! Ce jeu de la famille "réactivité et gestion de
crise" met à profit votre capacité à discerner et à trier les informations quand
celles-ci affluent. Petit conseil (tout à fait personnel) mélanger hommes et
femmes à la table et voyez si cela ne vous rappelle pas quelques situations
de votre vie professionnelle ou personnelle... n N.B.
"Jeux sur je" : une exposition interactive conçue et réalisée par la Cité des
sciences et de l'industrie. À partir de 8 ans. Dates a Jusqu'au 26 février au
centre commercial Colombia (Rennes). Horaires 4 Du lundi au vendredi de
12h30 à 18h30 et le samedi de 10h à 18h30. Accueil des groupes et
scolaires sur réservations. Animations tout public: tous les jours à 16h et
17 h. Tarifs -i Plein tarif : 2€; réduit 1€; 25€ pour les groupes; gratuit
pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés. Renseignements et
réservations -+ 02 99 35 28 28.
a
Dans l'idée de "permettre à tout citoyen de mieux appréhender
l'information scientifique et technique", l'équipe municipale de Morlaix a
souhaité rejoindre le projet développé par l'Espace des sciences. C'est
ainsi qu'à partir du mois de février, la ville accueillera chaque mois une
exposition itinérante de notre association. Chaque exposition sera
agrémentée par une conférence animée par un chercheur ou spécialiste du
sujet, permettant ainsi d'ouvrir le débat avec le grand public.
La première exposition accueillie est : Le Miroir de méduse
Dans la galerie marchande du centre commercial Leclerc (La Boissière -
Morlaix).
La conférence aura lieu le 28 février
Jacqueline Goy, océanographe et spécialiste mondiale des méduses,
reviendra notamment sur l'aventure de la création de l'exposition
"Le Miroir de méduse" dont elle est à l'origine, et parlera de ces animaux
magnifiques et mystérieux.
Dans l'amphithéâtre de l'IUT, à 20 h.
Rens.-#Pascale Gérard, directrice de la communication de la ville
de Morlaix, tél. 02 98 63 10 20, communication@villedemorlaix.org,
Christine Lallouét, coordination culturelle, tél. 02 98 63 10 14,
culture@villedemorlaix.org
22 février/Les premiers peuplements en
Europe : impact des variations
climatiques sur les espaces habitables
Par Nathalie Molines, préhistorienne, spécialiste
du paléolithique ancien, Université de Rennes 1.
À l'espace Ouest-France, à 18 h 30.
Zef mars/La biodiversité dans les eaux côtières
atlantiques françaises
Par Fabian Blanchard, biologiste à l'Ifremer. Salle Archipel du
Triangle, à 20 h 30.
8 mars/Qu'est-ce qu'une invasion biologique ?
Par Michel Pascal, directeur de recherche à la Station commune
de recherche en ichtyophysiologie, biodiversité et environnement
(Scribe - Inra). Salle Archipel du Triangle, à 20 h 30.
-s Le centre culturel Le Triangle se trouve bd de Yougoslavie,
Rennes - station Val : Triangle. L'espace Ouest-France, rue du
Pré Botté, Rennes - station Val: République. Entrée libre.
Les entretiens
délibératifs,
UNE EXPERTISE
DE LA CITÉ DES SCIENCES
ET DE L'INDUSTRIE
Dans le numéro spécial "8' Entretiens
scientifiques et éthiques de Brest" du mois
de janvier dernier (n° 217 de Sciences
Ouest), nous avons présenté les travaux de
Jean-Paul Natali, chercheur en sciences de la
communication, qui a développé une méthodologie permettant aux
citoyens de construire un discours pertinent lors de conférences
scientifiques. Mais nous avons oublié de préciser que cette expertise a été
mise en oeuvre dans le cadre d'une collaboration entre la Cité des sciences
et de l'industrie et la société 3B Conseils, organisatrice des entretiens.
Rens. a Jean-Paul Natali, délégation aux affaires scientifiques,
Cité des sciences et de l'industrie, tél. 01 40 05 75 73,
natali@cite-sciences.fr
19
5 e, Ca:ESI l tFbEVNIFR 2005
FORMATIONS
ADRIA
15 au 17 mars, Quimper/Pratiques journalières du
laboratoire de microbiologie alimentaire
16 et 17 mars, Rennes/Emballage et sécurité des aliments
22 et 23 mars, Paris/Comment étiqueter les produits
alimentaires
Rens. a Céline Trévien, tél. 02 98 10 18 50, www.adria.tm.fr
Ce Archimex ARCHIMEX
8 et 9 mars, Vannes/Maîtrise de l'analyse par HPLC
dans les secteurs alimentaire et cosmétique
10 mars, Rennes/Réglementations et allégations en
nutrition
30 et 31 mars, Vannes/Évaluation scientifique des actifs
et des produits cosmétiques
Rens. -t Service formation, tél. 02 97 47 97 35,
formation@archimex.com, www.archimex.com
IRPA
25 février au 18 mars, Rennes/Construire en terre,
aujourd'hui
2 au 4 mars, Rennes/Site Internet et patrimoine :
un nouvel outil au service du public
31 mars, Rennes/Le développement durable en actions
Rens. -► Institut régional du patrimoine, tél. 02 99 79 39 31,
www.irpa-bretagen.org
entés PLANÈTE SCIENCES
y< Planète Sciences est habilitée par le ministère de la Jeunesse
et des Sports pour organiser des sessions Bafa"' avec des
spécialisations en sciences et techniques :
Du 24 avril au 1' mai, Montigny-sur-Loing/
Bafa base / Bafa qualification ; spécialisation en
astronomie, environnement robotique, microfusées
Rens.- Planète Sciences, Marielle Carenzi,
téL 01 69 02 23 91, marielle.carenzi@planete-sciences.org
SUPÉLEC
7 au 11 mars, Rennes/Systèmes numériques :
architecture et conception
8 au 11 mars, Rennes/Systèmes temps réel et
multitâches - concepts de base
15 au 18 mars, Rennes/Compression et diffusion de
données audiovisuelles : télévision numérique
Rens. a Catherine Pilet, téL 02 99 84 45 40,
catherine.pilet@rennes.supelec.fr
Supélec
~AGENDA
COLLOQUES
15 mars/CLUB IRISA TECH
Rennes - Journée de veille technologique
sur l'ubiquité numérique :
l'informatique diffuse,
recherches et
applications. 6 interventions seront
proposées par des experts du
domaine et provenant du monde de
la recherche et de l'industrie.
Rens. -A Chantal Le Tonquèze,
téL 02 99 84 75 33,
chantaLletonqueze@irisa.fr,
Inscription obligatoire.
Du 15 au 18 mars/
CONFÉRENCE EUROPÉENNE
PROPAGATION
_ ENST ET SYSTÈMES
Brest - Les aspects
systèmes de télécommunications et
applications industrielles sont désormais
intégrés à ce colloque sur la
propagation. Plus de 150 personnes
sont attendues à cette manifestation
organisée par l'Ensieta et l'ENST
Bretagne. Au Quartz.
Rens. i Patrick Lassudrie-Duchesne,
patrick.lassudrieduchesne@enstbretagne.
fr,
Ali Khenchaf, ali.khenchaf@ensieta.fr,
www.propasys.org
16 et 18 mars/
TRANSFORMATION
DE LA POMME
Rennes - Au cours
de ce colloque européen organisé
par l'Inra et le Centre technique des
productions cidricoles (CTPC) de
Rennes, il sera question de microbiologie,
de biochimie et des procédés
de transformation de la pomme, ainsi
que des produits finis.
Rens. Secrétariat du colloque,
téL 02 23 48 52 16,
apple@rennes.inra.fr,
www.rennes.inra.fr/ap2005
22 et 23 mars/SÉMINAIRE
AGENAE
Saint-Malo - Les responsables
des projets Analyse du génome des
animaux d'élevage (Agenae) 2002
et 2003 présenteront l'état d'avancement
de leurs travaux. Une place
importance sera réservée aux conférences
invitées parmi lesquelles : la
génomique aviaire, le programme
Génoplante ou encore un point sur la
génomique en France.
Rens.-i www.inra.fr/agenae/
23 mars/QUELLES
INNOVATIONS POUR
LE TRAITEMENT DES
EFFLUENTS LAITIERS ?
Rennes - Bretagne biotechnologies
alimentaires (BBA) organise cette rencontre
thématique qui sera l'occasion
de présenter des solutions innovantes
pour réduire, à la source et en station,
la production de boues de l'industrie
laitière. La plupart des travaux présentés
ont été coordonnés par l'Inra
de Rennes. Inscription gratuite.
Rens. a Corinne Robinault,
Pôle agronomique Ouest,
tél. 02 99 27 10 83,
pole.agro.ouest@wanadoo.fr
30 et 31 mars/6E5 JOURNÉES
DE LA RECHERCHE AVICOLE
Saint-Malo - Lors de ces deux journées
organisées par l'Afssa, l'Inra et
l'Itavi''', chercheurs et professionnels
de l'aviculture seront réunis pour
aborder des thèmes tels que : la
nutrition, la génétique, les pathologies,
l'hygiène, l'économie, l'Homme
et l'animal en milieu d'élevage et
environnement...
Rens. www. journees-de-larecherche-
a vicole.org
SALON
I RegifirmE_C H
APPELS A PROJETS
AIDE À LA CRÉATION D'ENTREPRISES DE
TECHNOLOGIES INNOVANTES
Arr/AR • Le 7e concours national d'aide à la création
d'entreprises de technologies innovantes vient d'être lancé par le
ministère délégué à la Recherche et aux Nouvelles technologies et
l'Anvar. Les candidats peuvent concourir dans deux catégories : la
catégorie "Émergence" pour les projets en phase de maturation et
la catégorie "Création développement", pour les projets plus
avancés, avec une création d'entreprise proche. Les montants
maximum des subventions allouées sont respectivement de
45 000 € et 450 000 €. Le dépôt des candidatures s'effectue auprès
de la délégation Anvar Bretagne, avant le 17 février 2005.
Pour se procurer le règlement complet ou Loo'.--g ,o r le
dossier de participation, en Bretagne 4 Délégation régionale à
la recherche et aux nouvelles technologies, tél. 02 99 87 43 30,
20 ou délégation Anvar Bretagne, tél. 02 99 38 45 45.
DIDEROT DE L'INITIATIVE CULTURELLE
Pour la 4' année consécutive et soutenue par le
Conservatoire national des arts et métiers, la Cité des
sciences et de l'industrie, le Muséum national
d'histoire naturelle et le Palais de la découverte,
L'Amcsti"' décernera, au mois de juin prochain, les
trophées Diderot de l'initiative culturelle, pour
distinguer une coopération, un travail d'équipe,
une mise en réseau ou une action particulièrement
généreuse et innovante dans le domaine de la CST.
Les dossiers de candidature sont à retoumer avant le
15 avril.
Marie-Christine Hardouin,
tél. 02 43 93 18 53, marie.sm@wanadoo.fr,
Carole Grandgirard,
tél. 01 56 58 16 61, amcsti@cnam.fr
16 au 18 février/20E SALON
DU VÉGÉTAL
Angers - Bretagne
Biotechnologie
Végétal (BBV) vous
-invite sur son stand
à 'occasion du 20e salon du Végétal
d'Angers. De référence internationale
(en 2004 : 596 exposants, en provenance
de 23 pays), le salon du
Végétal est le rendez-vous incontournable
des professionnels (horticulteurs,
pépiniéristes...) du secteur des
plantes horticoles et ornementales.
Rens. -i Christophe Bazinet,
téL 02 98 29 06 44, bazinet@bbv.fr
MASTERS
PROFESSIONNELS
EN ÉLECTRONIQUE
MASTER composants microélectroniques
et microsystèmes
MASTER domotique et réseaux intérieurs
MASTER mécatronique
MASTER systèmes électroniques et
optoélectroniques
Formations accessibles par validation des acquis.
INFORMATIONS / CONTACT :
Service Formation Continue - Université de Rennes 1
4, rue Kléber - 35000 Rennes
Tél.: 02 23 23 39 50 - Fax : 02 99 63 30 33
Web : http://sfc.univ-rennesl.fr
MO
*MM 10
en/ AM
.11»,
CONFÉRENCES EXPOSITIONS
3 mars/MATINALE DE
RENNES ATALANTE
Rennes - L'innovation chez France
Télécom, par Pascal Vignier (France
Télécom R&D).
Rens. -+ Rennes Atalante, --
tél. 02 99 12 73 73,
www.rennes-atalante.fr
4 mars/OUEST GENOPOLE®
Rennes - Une conférence-
débat à plusieurs
voix, destinée au grand
public pour découvrir
les origines, les réalisations et les
perspectives d'avenir de ce réseau
de chercheurs qu'est Ouest-genopoles.
À l'espace Ouest-France, rue
du Pré Botté. De 18 h à 20h.
Rens.-► Futurouest,
groupe régional de recherches
prospectives, téL 02 97 64 53 77,
www. futurouest.com
15 mars/LES VOLCANS
ET L'HOMME
Nantes - Par Jean-Marie
Bardintzeff, professeur à
l'université Paris-Sud. Cycle de cordérences
"Mardis muséum" proposé par
le Muséum d'histoire naturelle de
Nantes. À 20 h 30.
Rens. -)Muséum d'histoire naturelle
de Nantes, tél. 02 40 99 26 20,
www.museum.nantes.fr
17 marsNESPÉRALE
'rai"!DE
GRANIT
Rennes-Conquérir le
marché des seniors : un défi et de
réelles opportunités pour nos entreprises
Tic. À l'Insa de Rennes.
Rens. -► Granit, Madelaine Yven,
tél. 02 99 33 63 25, www.granit.org
21 mars/ARTÈRES ET
CHOLESTÉROL
Brest - Conférence
donnée dans le cadre des lundis du
CHU, en présence du professeur Mansourati,
du service de cardiologie du
CHU de Brest et des représentants du
programme nutrition et santé de la
ville de Brest. Conférences gratuites ;
amphis 500 et 600 de la faculté de
droit, d'économie et de gestion, 12,
rue de Kergoat ; de 18 h 30 à 20h.
Rens.-► www.chu-brest. fr/actualites
Jusqu'au 28 mars/
MÉMOIRE DE PIERRES
Sarzeau (56) - À quoi ressemblait la
vie quotidienne des hommes préhistoriques
? C'est la question à laquelle
l'exposition "Mémoire de pierres" se
propose de répondre. Grâce à de
nombreuses pièces archéologiques
(du silex au mégalithe),
elle retrace
500000 ans d'aventure
humaine dans le
Massif armoricain et
Evalorise ainsi 20 ans
de recherche sur les sites préhistoriques
morbihannais.
Rens.-. Château de Suscinio,
tél. 02 97 41 91 91.
Jusqu'en mars/MICROCÉAN
Brest - Microcéan, à la découverte
du petit peuple de la mer, tel est le
thème choisi par Océanopolis pour
ses différents films, animations et
exposition. Celle-ci
s'adresse plus particulièrement
au jeune
public qui pourra
découvrir grâce à des
jeux, des maquettes,
des dessins de naturaa
listes ou des photos :
la vie en pleine eau, sur la plage et
sur les rochers ou encore dans les
profondeurs... Des animations sont
proposées pendant les vacances
d'hiver.
Rens.-i Océanopolis,
tél. 02 98 34 40 40,
wwwoceanopolis.com
Jusqu'au 8 avril/
DES RISQUES SANS PÉRIL
Rennes - Proposée
Der Mique, ,o.vpnl, parla Caisse primaire
d'assurance maladie
d'Ille-et-Vilaine dans
le but de prévenir les
(accidents de la vie
courante. À l'espace
', santé, 8, rue de
Coëtquen ; du lundi au vendredi de
9hà 12h30etde 13h45 18h.
Rens. —► Espace santé,
tél. 02 99 78 15 03.
Jusqu'au 14 mai/
MACHINES À
COMMUNIQUER : SURTOUT
NE COUPEZ P@S!
Laval - Une exploration
des machines
à communiquer au
travers du regard de
l'artiste et ingénieur
iPeter Keene. De
l'écriture au tam-tam et du télégraphe
à Internet : un atelier interactif vous
permettra aussi d'explorer l'univers
des médias.
Rens.-t CCST1 de Laval,
tél. 02 43 49 47 81,
www.multimania.comiccstidelaval/
Jusqu'au 16 mai/
DE L'ETHNOGRAPHIE
DU POISSON À L'OBJET
DE LUXE
g
Lorient - Des Inuits qui l'utilisent
pour s'habiller et lutter ainsi contre
les conditions climatiques, aux
Japonais qui l'exploitent pour gainer
et décorer des objets : cette exposition
vous propose un autre regard sur
la peau de poisson !
Rens. -r CCSTI de Lorient
tél. 02 97 84 87 37,
www.ccstilorient org
SORTIE
DE<
FÊTE DE LA SCIENCE
2005/Du lundi 10 au
dimanche 16 octobre
À Rennes, le village des
sciences se tiendra place de
la Mairie du vendredi 14 au
dimanche 16 octobre.
TÉLÉVISION
19 février/MINITEL STORY
Première diffusion, sur
France 3 Ouest, du documentaire
: Minitel Story, écrit par
Nathalie Bougeard et réalisé
par Fabrice Richard.
I" Bafa :Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur de centre
de vacances et de loisirs. '' Itavi : Institut technique de
l'aviculture. "' Amcsti : Association des musées et centres de
culture scientifique, technique et industrielle.
Ata~ltné I
Muséum
d'histoire
naturelle
de Nantes
FORMATION CONTINUE - UNIVERSITÉ DE RENNES 1
UFR STRUCTURE ET PROPRIÉTÉ DE LA MATIÈRE (SPM)
21
SUENCES OUEST 21 PrFEVRIER 2005
These abstracts in English are sent to foreign
universities that have links with Brittany and to
the Scientific Advisers in French Embassies, in an
effort to widen the availability of scientific and
technical information and promote the research
carried out in Brittany.
If you would like to receive these abstracts on a
regular basis, with a copy of the corresponding
issue of Sciences Ouest, please contact
Nathalie Blanc, Editor, fax +33 2 99 35 28 21,
E-mail: nathalie.blanc@espace-sciences.org rJ Brittany Regional
Council is providing
financial backing
BRETAGNE for this service.
ND INNOVATION IN BRITTANY
ABSTRACTS FOR THE INTERNATIONAL ISSUE
SPOTLIGHT ON THE NEWS P.6
ENVAM, FRANCE'S DIGITAL
CAMPUS FOR ENVIRONMENTAL
AND TERRITORIAL DEVELOPMENT
STUDIES
The Envam digital campus for
environmental and territorial development
studies resulted from a call for tenders
launched in 2000 by the Ministry of
Education with a view to developing a
new type of learning in France. It is chaired
by the University of Rennes I but involves
7 other partners nationally"'. Its aim is to
link two sectors which are usually taught in
two different places (Faculty of Science for
environmental studies and Faculty of Human
Sciences for territorial development) despite
the fact that most of the problems require an
approach based on various disciplines. A
subject such as wetlands, for example, will be
looked at from the geographical, economic
and legal points of view. Another aim of
Envam is to "provide lifelong learning" (with
courses requiring 2 to 5 years' higher
education or more) and to act as a bridge
between high-level research and the
professional world. Envam has prepared 20
modules, which will become available in
March, out of a total of fifty planned. Students
can already register for these courses at a cost
of 650 € for I or 2 modules and 600 € for more
than 2 modules. To your mouse, click, go! n
SPOTLIGHT ON THE NEWS P.7
VIRTUAL REALITY TAKES ROOT
IN BREST
Reality is now stranger than fiction at the
tip of Finistère. On 10th January, the European
virtual reality centre (Cerv, Centre européen de
réalité virtuelle) was inaugurated in the Brest-
Iroise science & technology park in Plouzané.
Cerv, which includes a research centre, a
technology transfer centre and a vocational
training centre, has some fifty researchers and
over thirty students and is already being seen
as a major element in the region's economic
development. Among the research projects
being carried out at Cery is one which aims
to build a model of blood clotting. This is
being carried out jointly with the Diagnostica
Stago company and the teaching hospital
(CHU) in Brest. It aims to test the efficiency of
molecules "virtually", thereby reducing costs
and risks. In a totally different field, the
scientists in Brest are working with GIAT
industrie to provide virtual training in the
operational maintenance of vehicles such as
Leclerc tanks. Others still are working with a
company from Paris, CECIAA, to try and define
the tactile and auditory information required
for the building of a virtual navigational chart
for visually-impaired people. More accessible
is the "virtual school" project being carried out
with the assistance of schoolchildren in
Finistère, Russia, Morocco and Japan. n
SPOTLIGHT ON LABORATORIES P.8
BRETON CHEMISTRY IN THE
SPOTLIGHT - THE "ACADÉMIE
DES SCIENCES" OPENS ITS
DOORS TO JACQUES LUCAS,
CREATOR OF UNUSUAL GLASS
Exactly 30 years after the discovery of
fluorine glass in his laboratory, Professor
Jacques Lucas has become a member of the
Académie des sciences. "It really is a fine reward
and it will also put Rennes on the map." In fact,
Professor Lucas has never really left Rennes,
the capital of Brittany. He completed his
studies here then, after two years of national
service in Paris, he retumed to his birthplace
to set up the "Glass and Ceramics" laboratory
2ND CONFERENCE ON
"NEW TECHNOLOGIES IN TOWNS"
P.9/18
Among the technological innovations
of the 20th century, developments in
telecommunications are probably the ones
that have most changed everyday life.
However, in this race for the latest high-tech,
the human aspect is rarely taken into account
and many technically viable projects have
failed because their possible uses or their
acceptability by potential users were
analysed in advance. Some new products or
services fail, among them the programming of
VCRs (have you ever tried?) while others, on
the contrary, enjoy an unexpected boom. Take
the well-known example of SMS messaging
which has developed from a range of simple
options on mobile phones into a veritable
language in its own right, not to say a social
phenomenon.
This was the main issue for this second
conference on "New Technologies in Towns"
organised by the Institut d'électronique et de
télécommunications de Rennes. Its aim was to
show that, today, a trend is emerging and that
ergonomics experts, sociologists and social
psychologists are being increasingly called
upon from the very start of projects. "There are
no longer any projects that do not include some
here in the early 1970's. He was to be its
Director until 2002. The laboratory has been
behind several wonderful success stories
in the world of research. In 1975, it discovered
the fluorine glass used to make optical
fibres. One of its young Chinese Ph.D students
set up a company which produces lenses
for infrared cameras. More recently, the
laboratory discovered other new materials,
vitroceramics, which are as effective in optical
terms but which are composite materials,
making them extremely strong.
Jacques Lucas has recently retired but is as
busy and enthusiastic as ever, especially
when it comes to the European Darwin project
directed by Esa"', a project in which the
laboratory is involved. "I hope that it will be a
small piece of glass from Rennes that will go up
into space!" n
"' Envam is a national consortium with 8 partners i.e. the Universities of
Rennes I, Rennes 2, Montpellier 2 and Clermont-Ferrand 2, the Université
de Bretagne occidentale, Agrocampus Rennes and, since January, the École
nationale supérieure de chimie de Rennes (ENSCR) and the Institut
national d'horticulture (INH) in Angers."' Esa : European Space Agency.
aspect of the human sciences!" exclaimed Gérard
Guingouain, Director of the Human Sciences
Department at the University of Rennes 2.
Here is a sample of the topics discussed
in this article: • Rouvécom, a project for
intelligent road use and vehicles currently in
its infancy. A social psychology laboratory has
also looked at the acceptability of computerassisted
driving systems. • Camka système, a
remote maintenance tool developed with the
help of ergonomics experts. • Altermed and
T@pa. Altermed provides telemedicine in the
home; T@pa provides remote assistance for
the elderly. Both of them are being monitored
by sociologists.
Look out - Man is becoming human again! n
AN IN-DEPTH LOOK AT
NEW TECHNOLOGIES
SC)ÿNCES SCMCES
Tarif normal : 2 ANS 54€ (au lieu de 6&€) soit 4 numéros gratuits / 1 AN 30 €
la "
(au lieu de 33') soit 1 numéro gratuit n Tarif étudiant (joindre un justificatif) :
u ~ 2 ANS 27€ (au lieu de 6&€') soit 13 numéros gratuits / 1 AN 15 € (au lieu de
.3,1€'*) soit 6 numéros gratuits 55 Tarif étranger ou abonnement de soutien :
2 ANS 76€/1 AN 50€
E désire recevoir une facture
souhaite un abonnement de : E 1 AN (11 N"°) E 2 ANS (22 N")
Tarif normal q Tarif étudiant (/oindre un justificatif)
E Tarif étranger ou abonnement de soutien
Bulletin d'abonnement et chèque à l'ordre de l'Espace des sciences, à retourner à :
Espace des sciences, 6, place des Colombes, 35000 Rennes.
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espace
des sciences
De ,la théorie à l'exoérimentatjon
Avec 200 chercheurs impliqués dans les
thématiques scientifiques les plus novatrices,
l'IETR est le plus important centre de recherche
en électronique et télécommunications du
Grand Ouest.
De_la_re
Et parce que la recherche est encore plus
passionnante quand elle aboutit à des applications
concrètes et qu'elle offre de nouvelles
opportunités, l'IETR travaille régulièrement
avec les entreprises régionales et les grands
acteurs internationaux.
orisation à l'information
Si la recherche se traduit par valorisation,
brevets et créations d'entreprises, elle
conduit également à l'information. Pour faire
connaître ses savoir-faire, l'IETR organise
régulièrement des journées thématiques.
INSTITUT D'ÉLECTRONIQUE ET DE TÉLÉCOMMUNICATIONS DE RENNES
Electricité
de France
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