Portraits

© CÉLINE DUGUEY
Philippe Woloszyn
Architecte acousticien
Il est l’un des neuf bénéficiaires de l’allocation d’installation 2007 de Rennes Métropole. Elle lui a permis d’investir dans un matériel d’enregistrement portatif.

«J’écoute la ville, ses ambiances sonores. J’essaye d’en définir la rumeur.»

 

Comme il y a des accordeurs de piano, moi j’accorde les rues. J’étudie les rapports entre son et espace en milieu urbain. J’ai créé un modèle numérique de diffusion du son pour tester l’influence de la géométrie des façades. Lors de ma dernière expérience, j’ai évalué l’impact de ces géométries sur la perception du son dans les rues. Les différences sont inexistantes à l’oreille de tout un chacun, mais des musiciens, des ingénieurs du son peuvent quelquefois les percevoir. Pour valider le modèle - c’est une étape fondamentale en acoustique - j’ai passé quelques matinées sur le terrain, dans des rues privées de piétons et de voitures grâce à des autorisations préfectorales. Là, je diffuse un son et je prends des mesures en des points “stratégiques”. Ce sont des manipulations qu’il faut préparer six mois à l’avance, pour obtenir les autorisations. Lorsque je rentre, les enregistrements d’une matinée vont m’occuper pendant au moins un mois.

Aujourd’hui je prépare un nouveau travail pour évaluer la perception du son dans les trois dimensions. C’est un phénomène qui varie beaucoup, selon les hauteurs des immeubles notamment. Il faut que je trouve des tours dans lesquelles je peux poser des microphones à tous les étages...

Mon but n’est pas de corriger la géométrie des façades ou de réinventer l’architecture des immeubles. Je me contente de faire avancer la connaissance, afin que d’autres puissent s’en inspirer pour fabriquer des villes plus agréables à vivre.

Tabs

Propos recueillis par
Céline Duguey

Ajouter un commentaire