Le son live sur des consoles bretonnes

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janvier 2008
© Getty Images . Giuseppe Cacae
Ben Harper utilise une console Innovason pour la plupart de ses concerts.

La PME innovason est À la pointe de la console de mixage. les morbihannais montent le son de la scène rock mondiale.

Chaque semaine, depuis Plougoumelen (Morbihan), une table de mixage high-tech est expédiée aux quatre coins du monde. Les dernières sont parties en Finlande, en Hongrie, au Canada, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. Conçues par Innovason, ces consoles font vivre le son d’événements en direct : des festivals, des concerts, des meetings politiques, ou des émissions de télévision avec un car-régie sur le terrain. Une quinzaine de salariés, dont six ingénieurs, électroniciens et informaticiens, mettent au point ces tables pleines de boutons.

Huit sociétés produisent des consoles numériques. Cinq sont anglaises, les trois autres sont américaine, japonaise... et française. « Les tables de mixage sont nées dans les grands concerts des années 60 et 70, rappelle Gérard Malvot, président d’Innovason. Nous avons été les premiers, en 1996, à faire des consoles numériques pour le direct… et à essuyer les plâtres ! Aujourd’hui, le marché est mature et largement dominé par Yamaha, qui s’est lancé en 2000. »

Innovason s’est créée en 1993 autour d’une première idée : réduire les câblages, entre la scène et la table de mixage classique. Jusqu’alors, une centaine de connexions passaient par des câbles de plusieurs dizaines de mètres ! Plus le fil était long, plus la perte sonore était importante. « Cette liaison a été numérisée et transmise dans une fibre optique, ou un câble coaxial. Nous avons appliqué une technique des télécoms, le multiplexage », résume Gérard Malvot. Et, sur scène, le son est déjà converti en numérique.

La seconde idée consistait à inventer une console numérique, branchée sur une seconde boîte. C’est dans cette “mix box” que les sons de la scène sont arrangés, filtrés, ou groupés. Le timbre ou les effets sonores : tout est mis en musique dans une carte électronique.

15000 paramètres en un quart de seconde

Mais, surtout, le numérique a des avantages qui dépassent les problèmes de câblage. « Sur une table de mixage, il y a plus de 5000 paramètres, entre les boutons à tourner, à appuyer ou les curseurs à déplacer. D’un morceau de musique à un autre, il peut y avoir 200 paramètres à modifier ! C’est impossible en temps réel, sur une console analogique. Ici, on peut mémoriser 15000 paramètres d’un coup, pour les restituer en un quart de seconde. » L’ingénieur du son peut travailler très vite, et chaque mixage répond au besoin de chaque musicien.

Innovason a déjà vendu plus de 600 consoles dans le monde, depuis la première, pour la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris en 1996. Et, tous les six mois, la société propose des fonctions supplémentaires à ces consoles. Ce son-là, vous l’avez peut-être déjà entendu en concert : la voix et la musique de Jeanne Cherhal, Stephan Eicher, Da Silva ou Ben Harper transitent par les boutons de ces consoles bretonnes.

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Nicolas Guillas

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