Un trésor… et maintenant ?

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février 2008
© Inrap
Les pièces - ou statères - sont en électrum, un alliage d’or, d’argent et d’un peu de cuivre.

Les pièces découvertes à Laniscat sont désormais entre les mains des scientifiques.

C’est un trésor déjà très médiatisé. Et pourtant la numismate ne l’a même pas encore étudié ! D’ici quelques mois, Sylvia Nieto-Pelletier, numismate à l’Institut de recherche sur les archéomatériaux d’Orléans, tiendra dans ses mains ce qui constitue l’un des plus grands trésors bretons jamais mis au jour : 545 pièces découvertes par des archéologues de l’Inrap sur le site de Laniscat (22).

Aujourd’hui les pièces sont au nettoyage. Elles seront ensuite observées par l’experte en monnaies anciennes. « Elles seront décrites sur leurs deux faces - droit et revers - et comparées avec d’autres collections, explique la numismate. Des détails sur les procédés de fabrication, la provenance de l’or peuvent transparaître des analyses chimiques (non destructives). » Une étude qui peut encore demander des années.

Des économies enterrées

De leur côté, les archéologues poursuivent leur interprétation du site. « Le trésor a été caché avant l’invasion romaine, explique Eddy Roy, responsable scientifique à l’Inrap. En 50 av. J-C, la ferme a dû être abandonnée. Nous le savons grâce à la datation de céramiques laissées sur place. Comme il n’y avait pas de banque à cette époque, les monnaies ont été dissimulées à proximité d’un bâtiment. Elles appartenaient probablement aux Osismes, peuple gaulois présent dans la région à cette période. Et elles n’auraient pas servi pour le commerce quotidien mais pour de grosses transactions. » Les résultats du travail de la numismate pourront préciser ces déductions, notamment sur le fonctionnement de la société à cette époque et sur les échanges avec d’autres peuples. Le trésor n’a pas livré tous ses secrets.

Une découverte exceptionnelle

Le 30 mars 2007, les archéologues de l’Inrap sortent de terre la première pièce, sur le chantier d’un échangeur routier. « Nous avons tout de suite su que nous avions là une découverte exceptionnelle : une pièce en bon état donc en métal inaltérable, de l’or à première vue, marquée d’une effigie très particulière, commente Eddy Roy, coordinateur des fouilles, trouvée sur un site où la transition entre les périodes gauloise et gallo-romaine est visible. En vingt ans de fouilles, je n’ai jamais rien trouvé d’équivalent. »
Il a fallu plus de quatre mois pour dégager tout le trésor. « C’est une chance qu’il n’ait pas été pillé pendant tout ce temps », poursuit Eddy Roy. Les archéologues ont alors poursuivi l’étude du site. Et ce n’est que lorsqu’il a été arasé par les travaux routiers, en décembre, que l’existence du trésor a été rendue publique.

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