Un artiste chez des chercheurs

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mai 2008
© Samuel Bianchini
Le mur de compteurs de distances de Samuel Bianchini sera exposé au Couvent des Jacobins, à Rennes, du 16 mai au 20 juillet, dans le cadre de la biennale d’art contemporain.

Samuel Bianchini et des chercheurs d’Orange collaborent pour la biennale rennaise d’art contemporain.

Des chiffres, partout sur le mur. 999, 999... Lorsque le spectateur entre dans la pièce, certains décroissent : 998, 997... Pas tous, juste une poignée. Le mur est recouvert de
2 200 compteurs de 6 cm de large et 3 cm de haut. Il suffit d’un geste pour que quelques-uns se mettent à tourner.
Les valeurs qu’ils affichent décroissent et, sur le mur, parmi les chiffres, une silhouette se dessine. Le spectateur lève le bras. La silhouette l’imite. C’est la sienne ! 

Installation interactive nommée niform. Des zones de netteté apparaissent sur un écran en fonction de la proximité du spectateur et de la position de son corps
© Samuel Bianchini

« Chacun des compteurs indique la distance entre le mur et le spectateur ou, plus exactement, une partie de son corps. Lorsque la personne traverse la pièce, tous les compteurs se mettent successivement à tourner », explique Samuel Bianchini, l’artiste parisien à l’origine de l’œuvre, intitulée Valeurs croisées, comme le thème de la biennale.

Pour son installation interactive, il est parti d’une technologie en cours de développement dans les laboratoires de Recherche et développement d’Orange Labs – l’incrustation d’image par détourage – et l’a fait évoluer. C’est le principe de la biennale rennaise d’art contemporain qui se déroule du 16 mai au 20 juillet. Artistes et entreprises forment des binômes. Les premiers s’inspirent ou se servent de ce que les seconds mettent à leur disposition. Samuel Bianchini a choisi, parmi les technologies que lui proposait l’entreprise rennaise qui l’accueille, celles qui correspondent le plus à ses préoccupations artistiques : « la captation de distances dans un espace. »

L’artiste a alors travaillé avec des ingénieurs de recherche et des ergonomes d’Orange Labs. Une démarche qui ne lui est pas inhabituelle. « Je développe régulièrement des projets avec les sciences de l’ingénieur », souligne-t-il. Parmi ses collaborateurs, le Limsi, laboratoire pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur d’Orsay, et le Citu (Fédération de laboratoires des Universités Paris1 et Paris8) impliqué également dans son projet rennais. « Je mène des projets de recherche et réalise des œuvres avec les sciences, mais je n’attends pourtant pas d’elles qu’elles légitiment mon travail artistique », conclut l’artiste. 

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Michèle LE GOFF

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