Portraits

© Céline Duguey
Étienne Garin
Professeur de médecine nucléaire
En 2006, l’Arc a financé l’acquisition d’une enceinte de manipulation radioprotégée, qui permet de travailler avec de fortes doses de radioactivité. Les premiers résultats du projet viennent d’être communiqués.

" J’améliore le traitement d’une forme particulière de cancer du foie "

Étienne Garin est professeur de médecine nucléaire et praticien hospitalier au centre de lutte contre le cancer Eugène-Marquis, à Rennes

 

Je mène un projet pour améliorer le traitement d’une forme particulière de cancer du foie : le carcinome hépatocellulaire. Dans certains cas, il est possible d’opérer. Dans d’autres, nous avons recours à la radiothérapie vectorisée. Nous envoyons un élément radioactif dans la tumeur en le fixant sur une molécule qui la repère naturellement. Les traitements actuels utilisent de l’iode 131 pour irradier la tumeur.

Or, cet élément a une durée de vie longue : il met huit jours à perdre la moitié de sa radioactivité. Une partie est absorbée par l’organisme. Mais l’autre, le rayonnement gamma, diffuse hors du patient et peut irradier son entourage. Nous avons, l’équipe du centre Eugène-Marquis et celle du professeur Noiret de l’École nationale supérieure de chimie de Rennes, remplacé l’iode par le rhénium. Sa durée de vie est plus courte : 17heures. Son rayonnement à l’extérieur est aussi plus faible. Les patients peuvent quitter la chambre radioprotégée après 24 heures. Pour m’assurer des propriétés du rhénium et vérifier que le Lipiodol, la molécule “vecteur” utilisée, continue à assurer son rôle, j’ai passé plus de trois ans à tester cette association sur des rats en laboratoire, ici, au centre. Début 2009, j’espère pouvoir passer aux premiers tests sur des patients volontaires. Cette étape nous permettra de contrôler la tolérance au produit, et de déterminer la meilleure posologie.

Cette maladie touche 7 000 nouveaux cas par an en France, c’est une fréquence moyenne. Mais il reste le cinquième cancer le plus présent au monde, l’Asie et l’Afrique sont les régions les plus touchées. Si notre traitement marche bien, nous pourrons soigner plus de patients et mieux !

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Propos recueillis par
Céline Duguey

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