Détecter la moindre trace

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juillet 2008
Le porte-conteneurs Ecuador Star, soupçonné de pollution, arrive le 7 mars 2008 au port de commerce de Brest, après avoir été dérouté alors qu’il transitait entre Lisbonne et Portsmouth. Dans son sillage, une nappe de pollution de 24km de long sur 100 m de large.
© AFP-FRED TANNEAU

Une société brestoise propose d’allier trois technologies d’optique pour mesurer des taux infimes d’hydrocarbures.

Détecter un éventuel taux de 15 unités d’hydrocarbure par million, soit 0,0015%, dans l’eau. C’est ce que sont censés faire les tankers, selon la législation, avant de rejeter en mer leurs eaux de cales, celles qui rincent les résidus de pétrole au fond du bateau. Or, mesurer une quantité si infime en temps réel reste encore difficile aujourd’hui.

La PME brestoise Micromodule, spécialisée en mesure optique, s’est penchée sur la question. Son projet Hycare, labellisé en février dernier par le pôle Mer Bretagne, associe trois technologies pour une mesure fiable.

« La spectrométrie analyse la répartition des couleurs dans le milieu composé d’eau et d’hydrocarbure, explique Pascal Joffre, Président-directeur général de Micromodule. La fluorimétrie consiste, elle, à éclairer un matériau – ici le mélange eau hydrocarbure – avec une lumière de couleur, et ce matériau émet une autre couleur. Il trahit ainsi certaines de ses propriétés. Et nous mesurons aussi la capacité du mélange à laisser passer la lumière. » Le capteur imaginé par Micromodule pourrait mesurer des taux extrêmement faibles, commander l’ouverture de la vanne de rejet des eaux, et signaler toute surpollution.

À l’heure actuelle, les capteurs sont trop alarmistes et certains bateaux n’accordent que peu d’importance aux alertes. Ils prennent ainsi le risque de rejeter en mer des eaux trop polluées, et de voir leurs bateaux arraisonnés. Le projet est encore en attente de financement. Il pourrait démarrer début 2009.

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