Naviguer sans faire de vagues

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juillet 2008
À la place des navettes à passager traditionnelles, comme sur cette photo, Jean-Marc Gauthier souhaite faire naviguer un catamaran, profilé, équipé de sources d’énergies renouvelables.
© Galam-Fotolia.com

Un professionnel du transport de passagers a imaginé Heol, un catamaran plus respectueux de l’environnement.

Bruit et fumées de moteurs... Les navettes à passagers sont souvent décriées pour leurs nuisances sonores, olfactives, environnementales... dans le golfe du Morbihan comme sur d’autres sites. Le capitaine de l’une d’entre elles, Jean-Marc Gauthier, a eu l’idée d’en construire une qui soit plus respectueuse de l’environnement et des passagers. Son projet, Heol, a déjà convaincu le pôle Mer Bretagne et le syndicat intercommunal d’aménagement du golfe du Morbihan (SIAGM).

Éoliennes, panneaux solaires

L’innovation porte sur l’accès aux personnes handicapées et l’intégration de nouvelles énergies : éoliennes, panneaux solaires... « L’originalité est de regrouper sur un bateau ce qui existe à terre ou sur des maisons », souligne Ronan Pasco, chargé de mission activités maritimes au SIAGM. Par ailleurs, le générateur diesel qui alimente un moteur électrique permet de réduire le bruit d’un facteur quatre par rapport à une vedette à passagers traditionnelle.

L’intérêt du catamaran réside aussi dans sa voile, mais surtout dans sa coque profilée. L’École centrale de Nantes, spécialiste de l’hydrodynamique, travaille sur la question avec le cabinet d’architecture navale Van Peteghem/Lauriot-Prévost. « Plus profilée, la carène demande moins d’énergie pour faire avancer le bateau et, surtout, fait moins de vagues », précise Ronan Pasco. « Cela contribue à réduire l’érosion du trait de côte, les nuisances sonores et olfactives, mais aussi à respecter les parcs ostréicoles, les zones ornithologiques et de pêche... », ajoute Jean-Marc Gauthier. Le faible tirant d’eau du catamaran lui permet de naviguer plus librement dans le golfe et de relier, par exemple, les sites mégalithiques. « Cela offre une alternative au tout voiture », commente Ronan Pasco.

35% plus cher

Par ailleurs, des aménagements spécifiques (coursive, carré modulable...) rendent le bateau accessible aux personnes handicapées. Le SIAGM espère, à terme, une labellisation “tourisme et handicap”. Mais, pour l’heure, le bateau attend toujours le feu vert des financeurs, car il coûte au moins 35% plus cher qu’une vedette à passagers classique.

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Michèle LE GOFF

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