Libérez l’énergie qui est en vous

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octobre 2008
© Céline Duguey
Grâce à une masse mobile, ce mécanisme de montre récupère l’énergie des mouvements du poignet. L’équipe de Bernard Multon l’a adapté à son projet.

Nos mouvements et la chaleur de notre corps sont des sources d’énergie ! Elles alimenteront bientôt nos objets nomades.

On savait la chaleur humaine réconfortante. La voilà énergisante ! À Ker Lann, l’équipe Satie(1) traque diverses sources d’énergie, dont celle dégagée par l’Homme. Et cherche à les convertir pour alimenter les capteurs mobiles développés par ses voisins de laboratoire, l’équipe M2S, dans le cadre du projet SVP(2). « L’idée est de rendre ces objets de mesure, posés sur le corps, complètement autonomes, confie Bernard Multon, professeur des universités dans l’équipe Satie. Pour éviter de transporter des piles ou d’avoir à recharger régulièrement une petite batterie. »

Privilégier le naturel

Pour cela, il a développé un générateur multisource, véritable innovation capable de récupérer de l’énergie disponible sous différentes formes : chaleur humaine, mouvements, mais aussi lumière ambiante, extérieure comme intérieure. « Cela permet de convertir l’énergie en continu. Par exemple, s’il fait nuit noire et que vous ne bougez pas, il reste une source disponible : la chaleur du corps. »
L’équipe fait appel à des technologies existantes, qu’elle emploie de façon inédite. Pour les mouvements, « nous avons détourné les mécanismes de montres autoquartz : une petite masse mobile qui bouge avec les mouvements du poignet. L’avantage de ce système est qu’il permet d’utiliser des mouvements naturels : l’utilisateur ne doit pas “faire exprès” de bouger. » Côté lumière, elle adapte les capteurs solaires. Pas ceux que vous pourriez poser sur votre toit, mais plutôt les plaques noires que l’on trouve sur certaines calculatrices. « Ils ont un meilleur rendement en intérieur », souligne Bernard Multon.
La chaleur constitue la source la plus constante. « Des thermocouples créent une tension en fonction de la différence de température entre l’air extérieur et le corps. Mais la puissance convertie reste faible. » Pour l’instant le système est testé sur un microprocesseur mis au point par l’Irisa, car les vrais capteurs ne sont pas encore disponibles.
Aujourd’hui, l’équipe s’attaque à une autre étape du projet, en partenariat avec l’Irisa : apprendre aux capteurs à exploiter l’énergie intelligemment.

Des capteurs autogérés

« Les capteurs communicants dépensent beaucoup pour l’émission et la réception de données. L’idéal serait qu’ils puissent s’autogérer, décider de stocker une information pour ne l’envoyer que lorsque les ressources sont suffisantes. » Dans le futur, ces recherches pourraient concerner nos téléphones portables, PDA(3), et autres petits objets communicants. Pourrait-on un jour recharger notre téléphone en bronzant ?

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Céline DUGUEY

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