Des éoliennes au large des côtes bretonnes

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novembre 2008
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Le prototype testé en Italie fin 2007 servira de point de départ à la construction des éoliennes de BlueH France, au large des côtes bretonnes.

Dans trois ans, les premières éoliennes offshores feront leur apparition. À plus de 20 km des côtes.

Houle, courants... en mer, nombreuses sont les sources d’énergie. Le vent aussi y est plus fort et régulier, c’est pourquoi les constructeurs veulent faire pousser des éoliennes en mer. Deux projets d’éoliennes offshores flottantes ont été présentés en octobre, à l’occasion de la Semaine internationale des sciences et technologies de la mer (Sea Tech Week) à Brest. Ces nouvelles éoliennes présentent plusieurs avantages : elles évitent la construction, complexe et coûteuse, de fondations sous-marines et peuvent être implantées en eaux profondes – au-delà de trente mètres. En s’éloignant des côtes, les constructeurs souhaitent également éviter les conflits d’usage de la bande côtière : pêche, transports maritimes…

Maintenance en mer

La société hollandaise BlueH a testé en 2007 un premier prototype, en Italie. C’est sa filiale française, créée en septembre 2008, qui sera chargée de construire le prototype taille réelle, en partenariat avec des entreprises bretonnes. Le Diwet (Deepwater Innovative Wind Energy Technology), sera composé d’une plate-forme flottante semi-immergée, fixée au fond par des chaînes lestées, et surmontée d’une éolienne à deux pales. « Elles sont plus efficaces que les tripales, cependant on ne les utilise pas à terre car elles sont plus bruyantes et créent un effet stroboscopique(1), qui peut causer des vertiges chez certaines personnes », explique François Huber, directeur de Blue H France. Deux à trois ans seront nécessaires pour adapter le prototype à l’environnement breton, où les vents et les courants sont plus forts qu’en Méditerranée. La mise en place d’une procédure de maintenance, qui est aujourd’hui un des freins majeurs à l’installation d’équipements en mer, sera aussi étudiée.

Le consortium rassemblé autour de l’entreprise lorientaise Nass&Wind, spécialiste des parcs éoliens, a trouvé comment surmonter cette difficulté. « La plate-forme de l’éolienne Winflo pourra être détachée du fond et remorquée en bateau jusqu’à un port », précise Peter Nass, gérant de Nass&Wind. Déposé au pôle Mer Bretagne le 24 octobre, le projet Winflo associe un constructeur naval (DCNS), un spécialiste des plates-formes offshores (Saipem, déjà engagé dans le projet d’hydrolienne Sabella(2)) ; la société InVivo, l’Ifremer et l’Ensieta apporteront également leur expertise sur l’environnement marin, l’hydrodynamisme et les énergies marines.
Dans le même temps, les constructeurs souhaitent faire avancer les concertations sur le choix des sites, l’évolution de la législation et du balisage en mer.

La loi devient obsolète

« Aujourd’hui, une partie de la taxe sur les sites offshores est reversée aux villes depuis lesquelles les éoliennes sont visibles, souligne François Huber. Si l’on s’éloigne des côtes de plusieurs dizaines de kilomètres, la loi devient obsolète. » Un autre enjeu de ces projets est la création de filières de construction françaises, en mettant à profit les compétences bretonnes en nautisme et matériaux composites. De plus, ces projets donnent à la Région les moyens d’atteindre son objectif, prévu en 2007 dans le Plan énergie, de 500 mégawatts éoliens offshores en 2015, soit plus de cent éoliennes.

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Alice Vettoretti

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