Innovation dans la rénovation

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novembre 2008
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La rénovation de l’existant à un bon niveau de performance énergétique est une priorité pour les décennies à venir.

Dans le neuf, l’innovation est partout. Et dans l’ancien ? Une association bretonne est pilote dans la rénovation thermique.

Les économies d’énergie sur les logements neufs, ça marche. « Mais l’ancien ne va pas se renouveler du jour au lendemain : il y a des chantiers pour des dizaines d’années ! »

Jacques Jonchère est géoarchitecte et responsable des études au Pact(1) des Côtes-d’Armor. Cette association a conduit en 2007 une opération pilote de réhabilitation de logements, la seule financée en Bretagne par le Prebat (Programme de recherche et d’expérimentation sur l’énergie dans le bâtiment). Les logements de ce chantier expérimental seront loués en mai 2009.

Au bourg de Plélauff, près de Rostrenen, la communauté de communes souffre de problèmes démographiques. Elle dispose d’un bâtiment ancien : qu’en faire ? Pour bénéficier des aides du Prebat, le Pact propose de porter le projet financier et immobilier, pour mener une opération témoin. L’objectif est de faire un habitat social mixte, avec des logements pour les jeunes, d’autres pour les personnes âgées.


Cette bâtisse de Plélauff achève sa métamorphose thermique.
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Matériaux, pertes énergétiques

Mais l’originalité est ailleurs. Elle tient dans un chiffre : « La consommation énergétique doit être inférieure à 50kWh/an/m2, souligne Charles Monfort, directeur adjoint du Pact. C’est ambitieux ! Aujourd’hui, la moyenne est de 200kWh/an/m2 sur le parc ancien réhabilité, en bon état. » Le Pact travaille avec un bureau d’étude thermique(2), pour vérifier la mise en œuvre des matériaux et combattre les pertes énergétiques : chauffage géothermique, couplé avec du solaire, ventilation mécanique double-flux, double vitrage renforcé... « Nous avons volontairement surisolé murs et toitures (de 200 à 400mm d’épaisseur). Les artisans croyaient que nous avions fait une erreur dans notre diagnostic ! » Ce chantier a aussi été l’occasion de former les professionnels du bâtiment à la nouvelle donne énergétique.
Différents tests avec des caméras infrarouges et des mises en dépression seront effectués. « Nous allons estimer la perméabilité du bâtiment à l’air, en mesurant les fuites, car ce facteur joue sur la qualité thermique des logements. » Un autre chantier, dans la commune de Mellionnec, a été conduit par le Pact. « Dans l’ancien, sans surcoûts énormes, on peut réaliser des logements économes en énergie, conclut Charles Monfort. Les loyers ayant augmenté de plus de 20% ces cinq dernières années, la maîtrise des charges, notamment de chauffage, est très importante. 
Surtout qu’ici, il faut parfois chauffer huit mois par an ! » Fort de cette expérience, un  second projet démarre, lancé cette fois à l’échelle de la Bretagne et des Pays de la Loire.

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Nicolas GUILLAS

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