Pas de quartier pour les autos !

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novembre 2008
© Territoires en mouvement
Le nouveau quartier de Saint-Nolff, près de Vannes, relève les défis énergétiques de demain.

Parmi les premiers écoquartiers qui fleurissent en France, celui de Saint-Nolff met les voitures à Distance.

«Ce serait intéressant qu’un sociologue aille fouiller dans les garages des lotissements, avec un psychologue. On y trouve de tout : des vélos, des tondeuses, des planches à voiles... mais pas de voitures, qui restent garées sur le trottoir ! »
L’architecte Bernard Menguy(1), spécialiste de l’approche environnementale de la construction, vient de coréaliser le premier écoquartier breton “sans voiture”, à Saint-Nolff (56), avec l’agence d’urbanisme Territoires en mouvement.
À la “Cité du Pré vert”, qui sera commercialisée en 2009, l’organisation du déplacement est innovante. « Les stationnements sont mutualisés en périphérie, à moins de 60 m de chaque maison. » Ces parkings ne sont pas dédiés ad vitam aeternam aux voitures... car qui peut prédire nos modes de déplacements, dans vingt ans ? L’espace entre les habitats est ainsi redonné aux habitants. « Des parkings mutualisés, pour des ruelles dégagées du bruit, de la pollution et des dangers, cela existe déjà dans les villages anciens, rappelle Sylvain Coquerel, de l’agence Territoires en mouvement. Mais ce qui est révolutionnaire, c’est que les élus l’acceptent ! »

Bioclimatique

Le quartier réunira 112 maisons, dont 34 logements sociaux. Il innovera pour l’eau (récupération importante de la pluie pour les jardins familiaux) et, surtout, côté énergie. L’incitation sera forte pour construire en bioclimatique : « Chaque maison devra être bien orientée et protégée des vents dominants par la configuration du terrain ou une barrière végétale. Elle doit être saine et faiblement consommatrice d’énergie, de manière intrinsèque », explique Bernard Menguy, dont le cabinet validera les permis de construire.
Chaque maison devra aussi être très bien isolée, avec des matériaux préconisés. L’isolation sera bonne, grâce à l’utilisation de briques “monomurs” (en terre cuite ou en béton cellulaire) : ces matériaux, qui ne subissent pas de modification physico-chimique, assurent tout à la fois la structure, l’isolation et la finition. La ouate de cellulose et les dalles en béton de chanvre sont aussi encouragées, plutôt que la laine de verre. « Mais l’expression individuelle s’exprimera dans la diversité architecturale », souligne Sylvain Coquerel.

« Une marge de progrès énorme »

« Pour chaque maison, le niveau d’exigence est élevé, avec 55kWh/m2/an, et un certificat devra être établi par un thermicien », précise l’urbaniste. Il se méfie de l’expression d’“écoquartier”, préférant parler de secteur d’habitat, « car dans un quartier, il y a au moins 10% d’activités ou de commerces, il y a aussi un nœud, qui fait sens. En matière d’écoquartier, il y a encore une marge de progrès énorme ! » En tout cas, Saint-Nolff aura bientôt officiellement son “écocité”, celle que le Grenelle de l’environnement(2) préconise pour chaque commune de France, avant 2012.

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Nicolas GUILLAS

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